‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 3 sur 106 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

traitemeni hygiénique de la crampe des écrivains, de la myopie, etc.. préparent des conclusions rigoureusement scientifiques, et d'une application qui n'est que trop fréquente.

Enfin, une division méthodique du sujet a mis en plus complète lumière et rendu plus facile l'étude de chacune de ses parties.

Puisse ce travail, sous sanouvelle forme, fournir à ceux que menacent, ou qu'ont atteints déjà lcs\dSmïei:s :dè-;ti: vie du* cabinet de travail et delà vie de Bureau; Me? •fti^yetrft de prévoir, de prévenir le péril, ou, s'il est trop tard, de se faire des armes plus sûres pour en atténuer les effets.

Décembre 188'2.

PREFACE

Après avoir été longtemps comme le privilège et Tapanage de quelques-uns, le travail intellectuel est devenu, à l'heure présente, le lot du très grand nombre. Le fait est évident: les écoles s'ouvrent partout et pour tous; chaque jour les professions intellectuelles se subdivisent, se spécialisent, se multiplientàrinfini. Dès lors, l'étude sérieuse du milieu, des conditions où ce travail s'exécute, de la vie plus ou moins anormale qu'il crée, s'impose à Tobservateur, à l'hygiéniste : il n'y a plus là une simple curiosité scientifique à satisfaire, une forme rare, quelque peu exceptionnelle, du travail humain à signaler, à étudier, un intérêt individuel à plaider; non, nous sommes en présence d'un modificateur social intéressant trop de travailleurs, trop de santés, pour qu'il ne faille pas l'interroger, l'analyser dans ses procédés, le suivre dans ses conséquences, et le réglementer s'il est possible.

8 PRÉFACE

C'est ce que nous nous proposons de faire dans cette esquisse, en étudiant successivement le mi^eu, Vatelier où s'exécute le travail intellectuel, et la vie que l'on y mène.

Ayant en vue, non plus spécialement et exclusivement les maîtres de la science, des lettres ou des arts, mais tous les travailleurs intellectuels de quelque ordre qu'ils soient, à quelque rang qu'ils appartiennent, nous parlerons et du cabinet et du bureau de travail, demandant à l'observation ce que la pratique a fait de ces ateliers des professions intellectuelles, et à l'hygiène ce qu'ils devraient être.

Pour régler la vie, les habitudes, le régime du travailleur intellectuel, si nous empruntons de préférence nos exemples à l'aristocratie du talent ou du génie, c'est qu'elle présente souvent des modèles qui parlent bien haut, même en hygiène ; lorsque Cicéron Pline, Bossuet, Fontenelle, Voltaire, de Balzac, Littré, pour n'en point citer d'autres, se sont imposé un règlement de leur vie de travail, — règlement bon ou mauvais, nous l'examinerons plus loin, — et se sont astreints à l'exécuter fidèlement, servilement, à la lettre, de plus humbles travailleurs de la pensée auraient mauvaise grâce à dédaigner ces lisières après ceux qui les ont portées si bien et avec tant de profit,

PRÉFACE

tout en prouvant qu'elles ne les gênaient guère ol qu'elles n'entravaient nullement leur essor.

Avons-nous le génie, au moins le talent, ne négli* geons rien de ce qui pourrait, dans nos œuvres, faire briller cette flamme d*un plus vif et plus durable éclat. Des précédents nous y autorisent, et ils sont des plus illustres.

Si notre part est plus modeste, apprenons au moins à garder la force, la sanlé qui, seules, peuvent nous permettre de donner, tout enlière, noire mesure d'efforts, de travail, de services à la socitHé, au pays .

15 septembre 1881.

Page 1