‹ Hygiène et physiologie du mariageChapitre 12 sur 69 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ORGANES GÉNITAUX DE l'hOHHE ET DE LA FEIIIIE.

La description sommaire des organes génitaux des deux sexes est nécessaire pour donner au lecteur un aperçu de leur structure, de leur action pendant l'acte sexuel, et lui faire apprécier les causes qui, en alté-

(1) Nous ne saurions trop engager nos lectrices â lire le char* mant ouvrage intitulé : Physiologie des beautés de la femme. Dans cette brillante apologie, la valeur physique et morale de la femme, souvent méconnue, est démontrée par des preuves historiques du plus h\ut intérêt.

rant leur forme, leoir eotnpositiort, leurs fonctioûs, les frappent à' anaphrodisie ^ dUmpuissanee^ de stéti* lité, etc.

SECTION I

Ôrs^anes génitaux de riioiiiiiie. — Divisés 00 organes de transmission, c'estk-dire transmettant la liqueur prolifique, le pénis; en organes de sécrétion, C'est-à-dire élaborant et sécrélant cette liqueur : le testicule, les vésicules séminales, etc.

lie pénift, nommé aussi verge, membre virile d'uttô longueur de 7 à 9 pouces et d'un diamètre de 12 11 15 lignes, est composé de trois parties essentielles : l*Le gland est formé d'un tissu spongieux, érectile et recouvert en partie par le prépuce, qu'un filet attache a sa face inférieure. C'est aux environs du filet et autour de la couronne du gland que la sensation voluptueuse est le plus vivement ressentie. ^ Le canal de Vurètre, commençant au col de la vessie et se terminant à l'extrémité du gland par une petite fente verticale, nommée méaturinaire. Le tissu de ce canal est érectile, et le gland dont nous venons de parler n'est que l'épanouissement de ce tissu. 3° Les corpM caverneuXf composés d'un tissu cellulaire à lamelles minces, dont Tentre-K^roisement donne lieu à de petites cellules où sont logés des vaisseaux sanguins très-dilatables. Toutes ces cellules communiquent les unes aux autres, de manière que le sang puisse les

remplir toutes k la fois et produire rérectiofl. Ce qui donne un caractère particulier au corps caverqeaXy c'est que les artères et les veines ne s'y abouchent point par un réseau capillaire aussi fin que daoft les autres parties du corps ; le passage du gapg veineux dans les artères a lieu subitement, c'est-Mire que les ramifications artérielles, pour la plupart visibles à l*œil nu, s'abouchent tout k coup avec les origines très-larges des veines.

litt siancie prostate environne le canal urétral k sa naissance, et y verse, pendant l'excitation sexuelle, un liquide laiteux qui précède et accompagne l'émission du sperme. Chez les eunuques c'est le fluide pfostatique seul qui est éjaculé.

lies testienie* sont deux organes glanduleni^, de la grosseur d'un œuf de perdrix, contenus dans les bourses ou enveloppe cutanée. Les bourses se composent de six feuillets, dont le dernier, ou tunique albuginéCy partage l'intérieur du testicule en trois ou quatre cents petites loges. La substance qui remplit ces loges est composée de vaisseaux séminifères en^ trelacés les uns aux autres et réunis en masse par un tissu cellulaire très-fin. — En estimant à cinq mètres seulement la longueur des canaux séminifères contenus dans chaque loge, on aurait pour total une longueur de 1,500 à 2,000 mètres !

En sortant de leurs petites loges, les canaux séminifères suivent une marche flexueuse et se dirigent vers le bord postérieur du testicule, nh leur nombre di-

minne et leur calibre augmente, pour former les vaisseaux droits.

€ananx eftéventm. — Après avoir perforé la tunique albuginée, les vaisseaux droits s'anastomosent entre eux et donnent naissance au réseau vasculeux qui, ji sa sortie du testicule, se résout en douze conduits de plus fort calibre : ce sont les canaux efférents. Les anastomoses et les entortillements de ces canaux forment, sur le bord supérieur du testicule, une proéminence désignée sous le nom d'épididyme.

Canaux déférents. — Ils partent de la queue d'épididyme, au nombre de deux, un pour chaque testicule; ils s'engagent dans le canal inguinal, pénètrent dans le ventre et vont s'ouvrir dans les vésicules séminales.

lies Téftlcnles séminales, de la grosseur d'une petite noix, sont situées entre la vessie et le gros intestin ; leur fonction est de servir de réservoir k la liqueur prolifique, et de fournir à Téjaculation une quantité déterminée de cette liqueur.

I^e eanal ^acnlatenr part de la vésicule séminale descend dans la prostate, qu'il traverse, et va s'ouvrir dans le canal de Turètre au point nommé verumontanum. Au moment du spasme vénérien, la vésicule séminale verse dans le canal éjaculateur une partie de la liqueui'qu^clle contient, et ce canal la'dé*

verse, a son tour, dans Turètre, d'où elle est expulsée au dehors par la contraction des muscles éjaculateurs,

Hperme. ^Fluide séminal^ — prolifiquey etc. — Le sperme est un fluide épais, blanchâtre, filamenteui. d'une odeur pénétrante, analogue k celle de Teau de javelle ou de la fleur de chàtaipier ; il se compose de trois éléments : l'un liquide, l'autre grumeleux et le troisième formé d'animalcules appelés zoospermes^ spermatozoaires, corpusctUes mouvants, etc.

Les zoospermes de Thomme, de forme filamenteuse, ont une tête et une queue ; leur longueur est évaluée à jV de centimètre. L'œil, armé du microscope, les voit s'agiter, se mouvoir avec rapidité, tanlôt en avant comme pour atteindre un but, et tantôt revenant en arrière comme s'ils n'avaient pas rencontré ce but. Ils semblent suivre une direction qui n'est pas la même pour tous ; ils passent les uns sur les autres, s'entre-croisenl, se heurtent, se séparent et s'agitent incessamment. Un observateur les a vus parcourir deux centimètres en huit minutes. Leurs mouvements résultent des ondulations et des battements de leur queue, de même que les têtards, dont ils sem* blent être la miniature.

Les animalcules spermatiques, contenus dans une goutte de sperme, vivent, h l'air libre, pendant plusieurs heures; ils vivraient l'espace de vingt-quatre heures si l'on avait soin d'entretenir la goutte de sperme k la température du corps. Du reste, la durée

de la Tie de ces animalcules varie selon les espèces auiquelles ils appartiennent. Plusieurs physiologistes se sont assurés que les zoospermes, introduits dans les parties génitales d'une femelle, y vivent au delà de huit jours.

Le froid et le chaud, les acides et les alcalis, lei narcotiques et les astringents tuent les animalcules. Le mucus vaginal (rop acide, et le mucus de là ma* irice trop alcalin, les tuent également. Nous verrons, plus loin, que la stérilité chez la femme peut dépendre de ces deux dernières causes.

Le principe de la vie est tellement concentré dans le sperme que la centième partie d'une goutte, pourvu qu'elle contienne un animalcule, produit un être nouveau. Les expériences de Spallanzani en font foi, et nous les avons renouvelées avec succès.

Les zoospermes se forment spontanément dans la membrane épithéliale des canaux spermaliques; enfermés d'abord dans de petiteis vésicules où ils ont pris naissance, ils rompent leur enveloppe après leur entier accroissement, puis s'engagent dans le canal déférent pour gagner les vésicules spinales y qui sont leur réservoir naturel.

Le début de la fonction généralive apporte dans notre économie des changements irès-remarquables : l'accroissement du corps, la pousse des poils, de la barbe, la mutation du timbre vocal, la vigueur physique, etc , tous ces résultats sont dus à la sécrétion du sperme. Chez la plupart des animaux ces changements sont k peu près les mêmes. L'être à qui l'on a enlevé

les organes de la génération reste à jamais pritë dft tous ces avantages^

De rérecttoB. — La cause la plus générale de réreciioD du membre viril se trouve dans la plénitude des vésicules séminales et la distension des testicules^ L'érection est mécaniquement produite par Talïlueoeè du sang artériel dans les corps caverneux de la vargev Le sang qui iaonde les cellules du corps caverneux, ne pouvant être repris par les veines, dont les orifices sont fermés spasmodiquement, il en résulte que la verge se durcit, se dresse plus ou moins fortement en raison de la quantité de sang accumulé dans les corps caverneux^ Les muscles érecteurs concourent aussi par leur eon traction k rendre Térection plus forte. Lorsque le spasme cesse avec le stimulus, les orifices veineux s'ouvrent, le sang s'y écoule insensiblement, les corps caverneux se dégagent : la turgescence se dissipe, le pénis tombe et revient à son état de repos.

John Hunter a fait plusieurs expériences sur des chiens pour vérifier ce fait : il comprimait les deui veines du gland , ayant soin de laisser les artères libres. Peu k peu les corps caverneux se remplissaient, l'érection avait lieu jusqu'à ce que, cessant la compression, le sang s'écoulait dans les veines.

Il serait assez facile, au moyen d'un compresseur, d'établir sur la verge de l'homme une compression dont le résultat provoquerait une érection momentanée. Cette compression, exercée de temps en temps» serait peut-être un moyen de provoquer la turges-

cence des corps caverneux, et de rétablir l'érection chez les sujets qui en sont depuis quelque temps privés. Les organes génitaux, condamnés pendant trop longtemps à un repos complet, perdent leur aptitude à fonctionner ; c'est ce qui arrive aux savants et aux hommes constamment plongés dans de profondes méditations; toute rénergie vitale se porte au cerveau : ils oublient qu'ils sont hommes, et laissent tomber leur virilité dans une complète atrophie.

Nous ferons ob^rver ici que Térection n'est point due seulement a l'affluence du sang dans les corps caverneux ; elle dépend encore de la turgescence du canal urinaire et du gland ; la moelle épinière y prend aussi une part très-active> et une preuve k l'appui, c'est que, dans la consomption dorsale, l'érection se trouve complètement abolie.

Les expériences de Longet et de Ségalas ont parfaitement démontré Tinfluence du cervelet et de la moelle épinière sur l'érection ; mais cette influence n'est pas la seule, car le cerveau tout entier, le système nerveux ganglionnaire et les faisceaux musculaires concourent également au phénomène de Térection.

lia plupart des physiologistes ont, dans la question qui nous occupe, trop accordé aux corps caverneux 'ainsi qu'aux muscles érecteurs, et pas assez à la tur« gescence de l'urètre et du gland. Nos propres observations nous ont clairement démontré que l'érection forte et vigoureuse de la jeunesse, l'érection perpendiculaire, qui est la plus complète, dépendait de la perméabilité du tissu spongieux de l'urètre et du

gland. Vers l'âge de quarante à quarante-cinq ans, ce tissu n'étant plus aussi perméable, l'érection a déjà perdu de sa force, quoique les corps caverneux soient entièrement remplis de sang. Chez les hommes de cinquante ans et au delà, le pénis peut bien encore se gontler par la réplétion imparfaite des corps caverneux, mais l'érection est molle par la raison que le canal urétral et -le gland ont perdu lenr énergie éreclile ; d'où il s'ensuivrait que le tissu spongieux du canal et du gland servirait de soutien au membre viril et jouerait le principal rôle dans l'érection vigoureuse.

Les érections, plus ou moins vigoureuses, dépendent aussi de la conformation de l'organe. Ainsi les verges courtes et grosses ont des érections plus fortes, plus longtemps soutenues que les verges minces et longues. Les hommes doués de verges à large base qui s'amincissent jusqu'au gland, ont le privilège de conserver leurs facultés érecliles jusqu'à la vieillesse, si toutefois ils n'en ont point abusé, tandis que les ^nommes dont la verge est mince à la base et grosse au sommet voient de bonne heure leurs érections s'affaiblir.

Toutes les parties du corps formées d'un tissu érectile entrent en turgescence aussitôt qu'une titillation voluptueuse fait affluer le sang dans leur tissu ; alors elles deviennent chaudes, rouges, et se durcissent plus ou moins. Ce n'est pas seulement au membre viril que ce phénomène a lieu : il se manifeste également au mamelon des seins, au clitoris, aux petites

lèvres et dans la tnniqoe vasculaire du vagin. Cbei certaines femmes» la tunique musculaire qui entoure le canal vaginal est douée d'une action restringente bien marquée ; pendant Tacte sexuel, le membre viril s'y trouve sensiblement comprimé, d'où il résnlteiine sensation des plus voluptueuses. Ces femmes sont assez rares.

co», — rigacniattan. — Durant l'acte générateur la vie semble se concentrer dans le système génital ; néanmoins toutes les actions organiques s'exagèrent : la circulation est plus rapide, la peau moite, la respiration entrecoupée; les papilles nerveuses du corps entier sont dans un état d'éréthisme; le sens da tact parvient au plus haut degré de sensibilité ; les masses tendineuses des membres inférieurs et da bassin se contractent, se roidissent convulsivement, et, au milieu de ce spasme général, Téjaculation da sperme a lieu par jets saccadés. La sensation voluptueuse, énervante, que provoque l'éjaculation spermatique, est accompagnée, chez les uns, de bruyants soupirs et de contractions violentes; chez les autres, ce sont des cris et des convulsions presque épileptiques. Les femmes nerveuses qui convoitentardemment les voluptés vénériennes éprouvent, parfois, des convulsions semblables à une attaque d'hystérie. C'esl pourquoi l'homme et la femme doués d'un tempérament génital excessif, doivent appeler la raison à leur secours, afln de modérer la Ibugue de leurs transports, toujours nuisibles au but du mariage.*

Quelque^ iastaDts après l'éjaculation, l'orgasme général (ôa^be* se dissipe, et Tétat de langœiir qui lai succède est d'autant plus profond que le paroxysme de la jouissance a été plus violent. Alors la circulation et la respiration se ralentissent; les yeux, tout k l'heure si brillants, s'éfeignent, les paupières se ferment h demi) la voix est faible, les jambes sont mal assurées, et tout le système locomoteur, fatigiié par l'ébranlement nerveux, éprouve une faiblesse que de^ \rait toujours réparer le sommeil ou le repos.

SECTION II ORGANES GÉNrrAUX DE LA FEMME.

A l'extérieur, se présente une ouverture verticale appelée vulve, bornée par les grandes lèvres; viennent ensuite les petites lèvres, le clitoris et Vorifice externe du vagin.

A Tintérieur, se trouve le canal vulvo-utérîn, Tutélus ou matrice, les trompes utérines et les ovaires. La bonne conformation de ces organes et l'exercice facile de leurs fonctions sont une condition indispensable à la fécondation ; leurs maladies ou leurs imperfections entraînent presque toujours la stérilité.

Petites lèvres on nyinHie** -^ Situées en dedans des grandes lèvres, les nymphes sont formées par un repli de la muqueuse qui tapisse l'intérieur de la

vulve, et vont se terminer au gland du clitoris, pour lui former un capuchon ou prépuce ; elles contiennenf un tissu éreclile et deviennent turgescentes lorsqu'on les titille. La forme et la dimension des petites lèvres varient selon les âges, les races et les climats. Chez la jeune fille, elles sont petites, d'une belle couleuf rouge et ne dépasseni point la fente vulvaire. Chei la plupart des femmes mariées, surtout celles qui onl eu des enfants, les petites lèvres s'allongent, sortent de la vulve, perdent leur belle couleur rouge, se flétrissent et revêlent une teinte plombée. Le bruit d'écluse que produisent certaines femmes en urinant est causé par le frottement du jet d'urine contre les petites lèvres ressortant delà vulve. Dans certainescontrées d'Afrique, et particulièrement chez les Boschismânes, les petites lèvres se développent outre mesure, acquièrent une longueur de huit a dix pouces, etreioQibent sur les cuisses pour former ce qu'on appelle le tablier des Hottentotes. — Les Égyptiens, les Arabes et les Coptes font exciser les petites lèvres aux femmes qui les ont trop longues. Celte opération, nommée nymphotomie, est devenue, chez ces peuples, une industrie pour plusieurs individus qui parcourent les rues en criant: Voilà le coupeur ^ mesiames, voilà le coupeur. Le mari de la femme à longues lèvres fait entrer l'opérateur, qui, en deux coups lie ciseaux, enlève la portion exubérante. La cicatrisalion s'obtient en quelques jours.

Du ciiiori*. — Organe de la volupté chez la

femme, le clitoris est la miniature dn membre viril ; mêmes éléments, même forme ; il n'ea diffère que par l'absence du canal urétral. Sa longueur est, en général, d'un pouce et quelques lignes ; sa grosseur est variable ; il se comi>ose d'un corps caverneux, d'un gland, d'un prépuce et de deux muscles érecteurs. Flasque et déprimé au repos, il entre en érection au moindre chatouillement ; c'est lui qui pendant le coït procure la jouissance vénérienne : les femmes à qui on Ta retranché ou qui Tout extrêmement petit n'éprouvent qu'une jouissance imparfaite.

Le clitoris peut atteindre une longueur démesurée, extraordinaire; on a vu des clitoris de six k huit pouces, gros en proportion, et simulant tout à fait le membre viril. Le professeur Béclard a donné dans les bulletins de la Faculté de médecine l'observation d'une femme qui avait un clitoris plus long que la verge d un homme et dont Téreclion ne lui était pas inférieure. Cette longueur et cette grosseur extranormales du clitoris coïncident presque toujours avec l'imperfection des organes génitaux, et constitue Y hermaphrodisme. Nous avons donné dans notre ouvrage des Métamorphoses humaines l'histoire physiologique des hermaphrodites les plus célèbres.

Les femmes de Lesbos, réputées dans l'antiquité pour la longueur et Térectilité de leur clitoris, se livraient entre elles k des attouchements voluptueux auxquels le nom de jeux lesbiens est resté. La fameuse Sapho, qui mérita le surnom de dixième muse, fut, dit-on, infectée de ce vice. — Dans certaines

eontrées de TAsie et de l'Afrique et surtout en Egypte, la longueur du clitoris et des petites lèvres, devenue héréditaire, gênerait le coït, si Ton n'y remédiait par l'amputation. Cette opération, qui constitue la circoncision des femmes, fait que les deux sexes sont circoncis et n'ont rien à se reprocher.

Un va8;tn. — Le vagin est un canal membraneux de six h huit pouces de longueur, sur un et demi à deux de largeur, qui embrasse le col de la matrice et vient s'ouvrir à la partie inférieure de la vulve. Ce canal est composé de deux tuniques, l'une vasculaire, très-extensible, recouverte par le muscle constricteur du vagin, l'autre muqueuse, et pourvue d'un grand nomdre de froncements ou rides et de glandes mucipares. Dans les replis de la muqueuse vulvaire, h l'entrée du vagin, sont deux petites glandes, sécrétant une humeur onctueuse et blanchâtre destinée à lubrifier ces parties. Le coït, les attouchements, l'imagination même, provoquent une sécrétion plus ou moins abondante de ces glandes, nommées vulvo vaginales ; chez les femmes ardentes et lascives, cette humeur estéjaculée par jets au moment du paroxysme vénérien. A l'entrée du canal vulvo-utérin, sont deux espèces de colonnes charnues formées par la membrane muqueuse ; cette entrée est rétrécie, chez les femmes vierges d'attouchements et de coït, par un prolongement *de la muqueuse en forme de demi-segment, auquel on a donné le nom de membrane hymen. Les colonnes et les froncements du vagin sont, pendant

l'union sexuelle, une source d'excitation et de pUistr. Plus ces froncements et ces colonniss sont apparetits et bien dessinés, plus on est sûr de la sagesse dé la femme; au contraire, s'ils sont rares ou effacés, c'est un signe que Tautel de Vénus a reçu de nombreuses offrandes. A la paroi supérieure du va* gin s'ouvre Vurètre ou canal urinaire, beaucoup pltts large et plus court chez la femme que chez Thomme.

Le canal vaginal éprouve une dilatation énorme an moment de la parturilion ; après l'acconehement, il revient peu à peu sur lui-même, et si la femme sait se soigner, il se rétrécit an point de ne pas laisser apercevoir qu'elle a été mère; si au contraire les soins hygiéniques sont négligés, ou si Taceouchée est victime de ces remèdes empiriques dont se sert l'ignorance, ses parties génitales, violemment ti« raillées par l'accouchement et très-souvent irritées par des remèdes de commères, perdent bientôt lour contractilité, et conservent une largeur fort désagréable. Voyez, au chapitre xxxu de cet ouvrage, les soins hygiéniques les plus rationnels à donner aux organes génitaux de l'accouchée, pour les ramener k leur état normal et conserver leur fraîcheur.

Les organes sexuels de réception et d'intromission, c'est-k-dire le membre viril et le canal vulvoutérin, doivent être proportionnés entre eux. Un vagin trop large est souvent une cause d'anaphrodisie, de stérilité chez la femme et d'indifférence pour le mari. Un membre trop long peut blesser le col de la matrice et occasionna de gravea désordres

dans cet organe. Un membre trop court offre les inconvénients opposés, et rend parfois la fécondation impossible. On remédie à ces imperfections par les moyens hygiéniques indiqués au chapitre Siérilité.

lies ovaire* ou réceptacles des œufs humains^ont logés dans un replis de ligament lai^e de la matrice, aux deux côtés de cet organe. Leur surface extérieure est légèrement bosselée chez la femme apte à la génération. Chaque ovaire contient quinze à vingt œufs, à l'état de vésicules ; mais, à Taide d'un fort microscope, on distingue un grand nombre de petits points, qui, plus tard, formeront des œufs destinés à remplacer ceux que la femme rejette à chaque menstruation. Vovule est composé d'un noyau et d'une enveloppe; plusieurs granulations réunies forment le noyau; Tenveloppe sécrète un liquide transparent dans lequel nage le noyau. Les physiologistes distinguent trois éléments dans l'ovule : 1^ la membrane vîtelline; ^ \evitellus\ S" la vésicule germinative.

I^eft irompe* ntërines ou oviductes sont deux

conduits de forme conique, ayant douze à quatorze centimètres de longueur; une extrémité s'ouvre dans la matrice, et l'autre, évasée en pavillon, s'applique sur l'ovaire au moment de la ponte. Le rôle des trompes est -de saisir Tœuf ou les œufs arrivés à ma* turité et de les conduire dans la matrice.

M/atérwm ou matrice est un sac musculeux, en

forme de poire aplatie, logé entre le gros intestin et la vessie. Sa surface interne est tapissée d'une membrane muqueuse ; son fond est percé de deux ouvertures latérales qui communiquent aux trompes; il se termine en avant par un col allongé qui s'engage dans le canal vaginal. L'utérus est le mystérieux laboratoire où s'opèrent pendant neuf mois les diverses évolutions du fœtus humain.

Tels sont les admirables instruments qui^perpétuent notre espèce : il n'y a que les insensés ou les individus corrompus, avilis, qui puissent plaisanter en les voyant, ou s'effaroucher lorsqu'on en parle. Il n'y a que les bigots imbéciles qui puissent appeler honteuses des parties qui ont été de tous temps, et à juste titre, considérées comme les plus nobles de notre organisation physique, et Montaigne a bien raison de s'écrier : Ne sont-ils pas bien brutes ceux qui nomment brutal l'acte qui leur a donné le jour? Plus sages et moins scrupuleux que nous, les anciens rendaient des honneurs divins aux organes de la génération ; ils en plaçaient les simulacres dans les temples et les maisons ; ils en portaient Teffigie commQ parures, et malheur k ceux qui s'en seraient moqués. Du reste, ce ne furent pas les païens seuls qui les eurent en vénération, la Bible, les prophètes, en font le plus pompeux éloge, et les proclament comme dignes de notre respect.

Pour qu'on puisse saisir d*un coup d'oeil l'ordre admirable qui existe dans les différentes pièces dont se compose le système génital de l'un et de l'autre sexe»

nous en dresserons le tableau parallëliqoe, où chaque oi^ane et chaque pièce de t'appareil génital de l'homme seront opposés a chaque organe et k chaque pièce de l'appareil génital de la femme.

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