ET AU NODVEAO-NÉ
Les parties génitales externes de raccouchée, irritées par la violente extension et les tiraillements qu'elles ont éprouvés, doivent être lavées et mollement bassinées avec de Teau de mauve tiède, oa encore avec une infusion de cerfeuil et de bouillon blanc; on les garnit ensuite de linges assez épais pour absorber les lochies. — Le ventre sera entouré de serviettes chaudes, légèrement serrées, afin d'exereer une molle compression sur ses parois distendues par la grossesse. Ce bandage devra être souvent visité et resserré lorsqu'on le trouvera relâché ; car c'est par ce moyen, bien simple, que les femmes préviendront ces dilacérations des fibres de la peau et ces rides nombreuses qui font perdre au ventre de la femme son élastique souplesse. Voici le procédé dont se servent les Grecques pour s'opposer k la trop grande distension des téguments de l'abdomen et pour ramener les formes ai leur fermeté première :
Délayez dans suffisante quantité d'eau froide
5 grammes d'amidoD et 35 grammes de dextrine, ; manière k obtenir une espèce de lair épais de couor jaunâtre ; placez le vase sur un feu couvert de indres et faites tiédir, en agitant vivement. Ajoutez ) grammes de cérat rosat, et remuez de nouveau squ'a ce qu'il soit fondu ; alors retirez du feu et empez dans cette préparation des serviettes fines ec lesquelles vous entourerez et serrerez le ventre \ la nouvelle accouchée.
La chambre où se trouvent la mère et le nouveau- \ doit être spacieuse et souvent aérée; la tempérare ni chaude ni froide ; les rideaux du lit resteront instamment ouverts pour laisser l'air circuler li- *ement. On évitera de faire du bruit et de donner le lumière trop vive. La plus grande propreté rélera dans l'appartement.
Le décollement du placenta n'a pu s'opérer sans ipture de quelques vaisseaux utérins, d'où est réilté l'écoulement sanguin qui a eu lieu par la vulve, h suite de l'accouchement. Cet écoulement continue mdant un ou deux jours ; le second ou le troisième or, c'est un mélange de sang et de sérosité de couur roussâtre ; le quatrième jour et les suivants le lilide devient albumineux, blanchâtre et cesse du xième au quinzième jour. Le nom de lochies a été »nné à cet écoulement, tout h fait nécessaire pour irger la matrice de la surabondance des fluides qui baignent. Si les lochies venaient k s'arrêter, il fautait les rappeler par des moyens thérapeutiques. orsque la suppression des lochies dépend de la fié-
vre de lait^ on ne doit pas s'en inqùiëtert car elles '^ reparaissent aussitôt que la fièvre e^t tombée. Lt renouvellement des linges qui garnissent Taceouchéli et des draps du lit est de toute nécessite dès qà'h sont souillés par les lochies.
La Surface du corps de Tenfant qui vient de nattlpe est recouverte de sang^ de matières cémmine^m él autres impuretés qu'il faut immédiatement nettoyer. On se sert, kcet effet, d'un jaune d'œuf délayé dans un peu d'huilé fraîche^ dont on enduit la peau et qu'on essuie avec un linge fin. Une fois que là peau e$t dé^ barrassée die l'enduit, on lave tout le corps à l'ean tiède j et après l'avoir bien essuyé et sécbé-, on passe i Tenfant Une petitfe chemisé dé flanelle légère pmt K préserver du contact de l'air, et on lui ciHIvre là tSt^è d'une coiffe. La portion du leordon ombiticîal ligata^ rée doit être, par pl'écàntioâ, sàupt)lidréè de poudre d'amidon, puis enveloppée dans un linge fin ei fixée sur le côté du ventre. Toutes ces indècatfon^iayantélé remplies, on couche renfaât à côté de sa inète.
On prétend qde les anciens plongeaient le bonveau* né dans l'eau froide, dans l'eau des fleuve; mais celte prali(iue étiait plutôt employée cômnkë épreuve qne comme moyéh hygiénique. Si l'on fait àttentioÉ auï moyens calorifiques ^ptoyés par tous tes ani- Aiaux k siâtig cbaiid, envers leurs petits; si Ton râBééhit k ia température dans laquelle se th>nve le fœtus durant la gestation, on admiettra sab^ hésiter, (faé rintenlion de la nature est 'formelle k (éét égard, et que c'est étu^ ^ coMf^^éntidA «vectiiéi (pe de vM»
loir expoéer k Taction d'un froid vif le plU8 firéle et ie pldé sensible des animauï. Ainsi donc, l*edu froide sera proscrite» on lavera l'enfant avec de Teau dont la lempératnre sera égale à celle du corps. Les lotions avec reau-dei-vie on le vin coupé d'eau devront être également proscrites ; prétendre que c'est un moyen pour fortifier l'enfant est un préjugé de commères qai péQt avoir des suites funestes.
n peut arriver, après un accouchement laborieux, que Tenfaftt vienne au jour dans un état d'asphyxie, Âe WnoTi apparente. La première indication k remplir est d'insufflter de l'air dans le poumon, de chatouiller le larynx et de plonger le nouveau-né dans un bain chand ; ensuite on opère des frictions sur le dos et la pmtrine. Si ces moyens ne réussissaient pas, la pré* tonce du médecin devient de toute nécessité.
Les intestins du nouveau-né contiennent une matière glutineuse appelée méconium, dont le premier lait de la mère doit les débarrasser ; lorsque la déjection de ce méconium se fait trop longtemps attendre, M lui fait avaler quelques cuillerées d'eau tiède sucrée ou de sirop de chicorée, additionnée d'un peu d'huile d'amandes douces ; mais le lait séreux de la mère suffit presque toujours pour chasser le méconium des intestins.
Il est doâc indispensable que la mère donne h teler pendant les trois premiers jours, d'abord pour purget son enfant, et ensuite pour désengorger ses seins. Les dames qui se refusent à remplir ce devoir sacré de mère devront , après ces quelques jours d'adhii-
tement^ recouvrir leurs seins de cataplasmes émAlients, qu'elles renouvelleront plusieurs fois dans les vingt-quatre heures. La canne de Provence jouit delà réputation de diminuer le lait ; on pourra en faire usage. On administrera quelques pui^tifs salins pour établir une dérivation sur le tube intestinal. Les sulfates de soude, de potasse, de magnésie sont trèsusités dans ce cas ; ils servent, du reste, à combattre la constipation très-tenace chez certaines femmes. Toutes les boissons excitantes, telles que infusion d'absinthe, de camomille, le vin, les liqueurs, seront strictenient proscrites. Lorsque l'engorgement commence k s'affaisser, on leur substitue des cataplasmes astringents ou des compresses trempées dans une infusion de feuilles de plantain, de rose, de mélisse et de ronce. Pendant toute la période dite fièvre de lait, la diète la plus sévère doit être observée.
En règle générale, l'accouchée doit garder le repos jusqu'à ce que ses organes génitaux soient revenus k leur état naturel ; mais le repos au lit, dans la position sur le dos, ainsi que l'ordonnent, on ne sait pourquoi, beaucoup de médecins, ne saurait se garder longtemps. Le lit est rendu insalubre par les émanations et les lochies de la femme, et cette insalubrité est encore augmeniée par la chaleur. L'opinion des physiologistes est que six k huit jours de lit suffisent pour toute accouchée bien portante : le neuvième jour elle peut se lever, sans crainte d'accidents, se promener dans sa chambre et s'asseoir sur un fauteuil, puis rentrer dans son lit, lorsqu'elle se sent
fiaitîgoée. Du dixième au quinzième jour, même exereice. Le seizième jour, elle peut abandonner complètement son lit et agir dans sa maison, en ayant Boin, toutefois, d'éviter les courants d'air et les vicissitudes atmosphériques. Quand le ciel est beau, Tair tiède, une courte promenade dans un jardin lui sera favorable les jours suivants. Enfin, après vingt-cinq ï trente jours, elle peut reprendre sa vie ordinaire et vaquer librement ^ ses affaires.
Au moment de leur naissance les enfants oflrent déjà des différences remarquables, en poids et en volume. Ainsi leur longueur varie de 20 a 50 centimètres, et leur poids de 700 grammes a 5 kilogrammes. Un relevé, fait sur les registres déjà Matennté, ï Paris, donne sur 7,077 nouveau-nés, pesés avec exactitude, les différences suivantes.
34 enfants pesaient » kil. 700 gr. chacun.
De senoblables observations, répétées dans les diverses classes de la société et chez les diverses nationi du globe, pourraient indiquer les différences de races, et faire découvrir quelques-unes des causes qui préparent leur perfectionnement ou leur dégradation.
Schwarte a mesor é et pesé son enfeiitt àepm A naissaace jttéqQ'k six moist et a IrottVé les diiffres suivaDi^ :
A sa naissance il avait 45 centimètres, et pès&it 5 kil. i gr.
Après hvtxt jours A trois semaines A quatre. • A cinq. . .
A s(épt. . .
A neuf. . .
A onze. . .
A treize. . .
A cinq inûîs A six mois.
A un an. .
5^ ift
et ainsi de suite. A trois ass^ Tenfant atteiiit généralement près du double de sa longueur primitive, et les progrès vont ensuite en diminuant.
SECTION II
ALLArifeMEMT MATERNEL.
L'aHaitement maternel *est de toute rigueur )[mqr exempter la fetnme d'une foulé dindispositions, d*iQ« firmités, et pour lui conserver la santé, la fraiebeur. Femmes, lisez et retenez bien ceci : Pendant le co«rs de la grossesse, le lait a été préparé d'«v«{ice fow ta nourriture du nouveau-né; ce lait, devenu plus dbon* dant après laccoucbement, n'attend une la bouche de J'enlafit j)our sorik et d^oi^r les seins. — L'allaiM
ment maternel réufiit le double avantage d*étre MiMi fevorable k reniant qu'à la mère, et voici comment t Il est d'abord avantageux h la mère, parce que 9Sê seins sont devenus un centre de fluxion qui attire k lui Texcès de vitalité concentré sur la matrice, pen<dant la grossesse et la parturition. Cette bîenfeisaiitê dérivation établie sur les mns^ par la nature ttéaie> débarrasse peu k peu la matrice de son surcroît de Tie et la ramène, au bout de quelques jo«irs> ï awk état normal. Mais, si la succion de Tenfant ne vient entretenir Tafflux d« lait aux seins, Texcitation continuera naturellement à siéger dans les organes génitaux, et, de Ik, cette foule d'indispositions, de mala*dies, d'infirmités dont sont affligées les mères qui n'ont pas voulu suivre les lois de la nature.
Toutes les maladies que le vulgaire désigne sous le nom de lait répandu se trouvent eiipliquées par cette théorie physiologique : — Les mères qui ont uti organe prédisposé à une irritation, une dégénérés^ oence quelconque^ peuvent être certaines ^qfte cet organe sera bientôt frappé de maladie, si elles n'allai* tent pas; le moyen te plus sAr de prévenir la maladiû imminente, c'est d'être nourrices. — Les mèr» dont tous les organes se trouvent en parfaite santé et qui refusent de nourrir conservent, pendant quelque temps, un centre de fluxion dans la matrice; la plus légère cansepeut développer l'inflammation de teC organe et donner lieu k des ménorrhagies, à des écoulements leucorrhéiques, puriformes, par la vulve; h des ulcératio«$> à des dégénérescences cMcérewM
de. la matrice, etc. Heoreusement, pour ces femmes, la Datore toujours prévoyante, toujours active pour ramener l'équilibre dans les fonctions, reporte sor les organes excréteurs le surcroît d'énergie vitale dont les seins sont devenus le foyer; ce transport de Texcitation sur les reins active la sécrétion urinaire; lorsque l'excitation se transporte sur les vaisseaux exha* lants, il en résulte des sueurs abondantes. Dans les cas nombreux où la nature ne peut déplacer l'excès de vitalité, fixé sur la matrice ou* les seins, la maladie arrive et fait d'affreux ravages. D'après ce court exposé, il est facile de juger des dangers auxquels s'expose la mère qui refuse d'allaiter son enfant.
L'avantage, pour le nouveau-né, de rallaitemeot maternel est aussi incontestable, puisque le lait de sa mère lui est destiné par la nature comme premier et unique aliment. Ce qui le prouve, c'est que l'enfant refuse bien souvent le lait d'une nourrice étrangère, et ne finit par l'accepter que poussé par la faim. Ce qui le prouve encore, c'est qu'un enfant, dont la mère n'a que peu de lait, devient gras et frais avec sa mère, tandis que, si vous le donnez à une nourrice dont le lait est plus abondant, l'enfant maigrit et perd en peu de jours sa gaieté, sa fraîcheur, a Ces enfants, dit Franck, attachés à un teton étranger, privés des sucs nourriciers de leurs propres mères, éprouvent des maux nombreux qui se terminent souvent par la mort. On peut les comparer à des plantes qui, arrachées de leur sol natal et transplantées dans on terrain étranger, y i^reûaeut Caiiblemeat racine, lan*
gnisaent» se dessèchent, meorent ou se dénatureol.
Beaucoup de jeunes mères, dans la classe aisée, se refusent k nourrir leurs enfants, dans la crainte de perdre la fermeté, la fraîcheur de leurs seins ; ces femmes sont dans une complète erreur. Ce qui flétrit et amollit les seins, c'est la compression de ce funeste vêtement nommé corset. Nous engageons les coquettes à taille étranglée et qui n*ont ni fait d'enfant, ni allaité, de comparer leur poitrine avec celle des paysannes qui ont nourri plusieurs enfants; assurément la comparaison ne sera pas en faveur des premières. Ou reste, Texpérience est la pour démontrer que les seins des nourrices sont exempts de ces nodosités intérieures, de ces inégalités grumeleuses que présentent au toucher les seios des femmes qui, ne voulant pas nourrir, ont fait passer leur lait.
Les lois de la nature sont immuables dans leur marche et absolues dans leurs conséquences. Or, la conséquence de la grossesse et-de Taccouchement est raillux du lait aux mamelles; le moyen naturel de donner écoulement au lait qui gonfle ces organes est l'allaitement .Toute femme qui devient mère doit donc nourrir son enfant lorsque sa constitution physique et sa santé le lui permettent; il n'y a que les écarts de la civilisation qui aient fait déroger a cette loi ; et ces écarts, lorsi|U'ils se généralisent dans une nation, font pressentir une dissolution prochaine. Ainsi, un des premiers signes de la décadence de Fempire romain fut l'abandon de l'allaitement maternel. Le conquérant des Gaules disait :
« Le» ^Mi^ toiMifftes ïre Amn^lfeii plà% fftiM&l fe ne leur ttof» ^tré les bràf» i^iiè des diàts on ides ebiens. x> On ponitait anjonrd'hM applr<)[aer ces moli aux Parisiennes.
DérBûstfaènes detnandd la condamnation d'ane dame d'Athènes qtit faisait allaiter son enfiint par une femïiie étrangère.
Une loi (te Sparte portail que Waî homme qui passerait devlani tine mère allaitant soti tenfaut serait tenu de la sahier.
Aultt-Gelle a écrit dans ses Nutits ûttiques : « Souffrez, madame, que Vôtre filie soit tout à fait mère de àoh enfant. Qu'est-ce donc que ce partage odieux et maudît de la toature ? Qu'est-ce que Celte demî-maiernité qui consiste à donner le jour à une innocente créature et a la rejeter aussitôt loin de soi?... Pensezvous, madaiwe, que ces globes séduisants qui parent votre sexe, aient été arrondis par les grâces potïr être un simple ornement, et ignorez-vous que la nature les a destinés k être la ressource du nouveaané?... »
Marc-Aurèle voulait que toute les femmes allaitassent leurs enfants, pour être mères tout entières et non k demi.
Antonio le Pieux saluait les femmes qui donnaient le sein k leurs enfants et leur faisait distribuer des récompenses.
Au temps de la reine Blanche, toutes les mères nourrissaient leurs enfants, et la reine de France leur en donnait elle-même Y^\^\xv^^,tr^c<5omç!issemeûl
de ce devoir sacré eut lieu jusqu'il François P. C'est 'ii partir de ce r^ne que les galanteries de la cour âotgnèrent de leur devoir les femmes de la haute no^ Uesse. Le i>oui'geOi9es de la capitale suivirent leur scandaleux exemple et coufièreut leuiis enfants k des s^Bs mercenaires. La province, hormis quelques rsâres exceptions, n'imitait pas encore les mères parisiennes; mais lorsque les moeurs relâchées de Flo- WMce Vincent, avec les Médicis, ajouter k ta corruptkm, il devint de bon goût qu'une femme sacrifiât à la galanterie ^s obligations d'épouse et de mère.
Louis XIY ne fit rien pour arrêter ce débordement, H, sotts son successeur, la mode des allaitements mercenaires ne fit que s'étendre davantage. €e ne fut que vers le milieu du dix-huitième siècle qu'un grand philosophe tonna contre cet abus, et rappel^ les femmes k leurs devoirs de mère. J.-J. Rousseau excita d*abord, par sou énei^que éloquence, un véritable enthousiasme pour rallaitement maternel ; toutes les grandes dames voulurent être les nourrices de leurs enfants, et la mode gagna tout le royaume. Mais, dé même qoe les modes vestimentaires^, la mode de nourrir son enfant n'eut que fort peu de durée, et Tallailement mercenaire reprit le dessus. Aujourd'hui le métier de nourrice s'est répandu sur tous les points de la France. H n'est pas de minces bourgeoises» d'épicières, de femmes de petit empIoyé> qui n'aient recours à une nourrice pour se débarrasser des soins de la maternité. Dans la profonde ignorance où elles •ont de tout précepte d'hygiène, ces femmes croient
que rallaitement les épuiserait, et que c'est méûagei leur sanlé et leurs charmes que de ne point nourrir; qu'elles se détrompent donc, car c'est tout justemeot le contraire : une immunité contre les maladies est attachée aux mères qui nourrissent, tandis qu'une foale d'indispositions, et quelquefois d'aiîections graves, attendent celles qui, par indolence ou coquetterie, refusent d'allaiter leurs enfants. Tous les médecias sont d'accord sur ce point. Hufeland et Morton prétendent même que la mère qui nourrit est préservée de toute affection nerveuse et de la consomption.
Femmes , pénétrez-vous bien de ces vérités que Ton ne saurait trop souvent vous redire : le premier devoir que la nature impose à une mère, c'est d'allaiter son enfant, lorsqu'elle en a le moyen et la force; l'allaitement mercenaire ne saurait être autorisé que dans le cas où la mère est infectée d'un virus ou d'une maladie héréditaire. Ces cas exceptés, l'allaitement maternel egt des plus favorables k la mère et k Teofant; d'abord, parce que son premier lait, nommé colostrurriy peu consistant, séreux, légèrement laxatif, est le liquide par excellence pour débarrasser les voies digestives du nouveau-né du m^comum, ou enduit glutineux, qui les obstrue; ensuite, dans l'intérêt de si propre santé, car la nature n'a point fait affluer le lail aux seins de l'accouchée pour que la source en soit brusquement tarie par des moyens artificiels plus ou moins dangereux.
La résorption du lait est presque toujours nuisible à l'organe qui le sécrète, et retentit, en outre, sur b
fiante générale; les suites les plas commanes de ce brnsque tarissement se manirestent par les maladies connues sons le nom volgaire de lait répandu, ou par des engorgements, des indurations, des abcès dans le parenchyme des seins; plus tard, par des squirres, des ulcères et quelquefois par uue horrible maladie, le cancer! Lecaucerqui n'a point de remèdes.
La nouvelle accouchée qui, par des empêchements d'une haute gravité, ne peut se constituer la nourrice de son enfant^ doit, avant de s'en séparer, lui donner à teter pendant les trois premiers jours, afin de se désengoi^er les seins et de faire évacuer Tenduit méconique des intestins de son enfant. Après cela, elle fera usage des applications antilaiteuses, dont nous avons parlé plus haut, et gardera une diète sévère, si elle veut que son lait se dissipe sans accident.
Nous le répétons encore, non, rien ne peut excuser une mère de ne point allaiter son enfant, lorsqu'elle en a la force et les moyens et qu'elle n'est atteinte d'aucune maladie héréditaire; le livrer à un sein mercenaire, c'est blesser k la fois la nature et la morale; c'est se rendre coupable des maladies subséquentes qui peuvent atteindre et la mère et l'enfant; c'est, en- 6n, afficher le mépris du devoir sacré de mère, devoir instinctif chez tous les animaux, sans exception. Ce mépris du premier devoir maternel, cette inqualifiable indifférence pour leur progéniture qu'affectent les belles dames du monde, tandis que la brute manifeste son amour maternel par tant de signes énergiques, a fait sortir cette véhémente apostrophe de la
plume du grand philosophe : « Que les maris ne s'j trompent point; ils ne doivent pas compter sur l'atta^ chement des femmes qui, lorsqu'elles le peuvent, négligent d'allaiter leurs enfants et brisent ainsi les liens sacrés de la nature. L'amour conjugal» la modeslie, ne peuvent pousser de profondes racines au cœur d'une femme insensible aux affections maternelles.]» Sans nul doute» les empêchements dont nous avons parlé, tels que vices de constitution, débilité géfié* raie, maladies héréditaires, infections syphilitiques, scrofuleuses; la profession et Thabitation insalubres^ les conditions anti-hygiéniques où se trouvent lei femmes attachées au commerce, dans les grands centres de civilisation, etc., réduisent une mère à la tristd nécessité de renoncer au plus beau de ses droits, celui de nourrir son enfant; mais^ hors ces cas, il n'est point d'excuse pour la femme. Ohl ^ l'accouchée, qui a tressailli au premier cri du nouveau-né, laissant de côté tous les artifices de la coquelterie et de la vanité, ne consultait que son instinct de mère» bien ee^ tainement elle ne voudrait confier a personne le soin de cette frêle existence ; mais la civilisation a développé régoïsme, et l'égoïsme fait tdre la voix de la oature.
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