PALUDISME
donnent naissance à des moustiques fort désagréables. Mais certaines variétés de ces moustiques peuvent inoculer les hématozoaires ou parasites du sang qui produisent la fièvre des marais. — La suppression des mares, étangs, eaux slagnantes est toujours un facteur décisif pour l'assainissement d'une contrée. Le reboisement avec des arbres à croissance rapide (saules, peupliers) est un des meilleurs moyens pour réaliser cette suppression. Dans les contrées chaudes, les plantations d'eucalyptus réduisent au minimum l'humidité du sol. Leurs exhalations aromatiques semblent, en outre, avoir un eflet direct d'assainissement.
En dehors de ces moyens propres à détruire les moustiques ou à se protéger contre eux (voir Parasites de la maison, Cours de quatrième année), la prophylaxie individuelle du paludisme prend une réelle importance dans certaines contrées marécageuses. En France, la Bresse, la Sologne, la Camargue, une partie des Landes et de la Vendée sont encore frappées par l’impaludisme, Les règles de prophylaxie individuelle dans toutes ces conitrées à eaux stagnantes sont utiles à bien connaître.
Une altitude même très faible est une préservation puissante contre le fléau palustre. Les maisons seront donc construites sur les hauteurs, sur les buttes qui dominent les cours d’eau, et jamais dans les bas-fonds.
Dans les villes, on choisira de même les quartiers les plus élevés. On évitera le voisinage immédiat des étangs, des canaux, des rivières.
Le curage des fossés, des mares, des étangs, ne devrait jamais être pratiqué pendant la saison chaude. On évitera d'aller se promener au voisinage des endroits où sont déposées les bourbes retirées par ce curage.
Les campagnes humides et marécageuses sont fort dangereuses pendant tout l’été. Le séjour des villes est alors bien préférable, En Italie, pendant l’été, Rome reste à peu près habitable ; toute la campagne romaine est, au contraire, un foyer palustre des plus dangereux.
La crainte de l’impaludisme doit entrer enligne decompte pour tout séjour à la campagne.
L'Algérie, la Tunisie offrent déjà le premier réveil de l’impaludisme, en avril et mai. Quand les vacances de Pâques sont tardives et que la saison est prématurément très chaude, les excursions entreprises alors dans ces colonies exigent de réelles précautions. Ces mêmes précautions sont d’ailleurs indispensables dans les autres contrées palustres.
Il faut éviter surtout le séjour dans un lieu suspect après le coucher du soleil. On ne devra pas coucher sur le sol; il sera même bon de coucher dans une pièce située aux étages supérieurs; on évitera de dormir les fenêtres ouvertes. [l faut se garder des excès de toute sorte, des écarts de régime, des fatigues. On ne boira que de l’eau bouillie, car l’eau potable semble pouvoir servir de véhicule aux parasites du paludisme. On a préconisé l’emploi préventif de la quinine, de l’arsenic, de la gentiane ou de lastrychnine. La question de la prophylaxie de la malaria par la quinine est actuellement à l’ordre du jour ; le quinquina a été essayé comme agent préventif de la malaria dans l’armée des Indes, et l’'emploi préventif de la quinine est une pratique assez généralisée dans toutes les armées coloniales anglaises. Les armées américaines, pendant la guerre de Sécession, ont fait usage du médicament dans le même but et, d’après de nombreux documents officiels, l'expérience semble avoir été décisive.
Des observations isolées, faites à bord des navires mouillant dans les points les plus malsains du globe, montrent à l’évidence le bon effet qu’on peut tirer de l'application méthodique de la quinine comme moyen préventif.