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SURMENAGE

En effet, au moment de leurs contractions, les muscles sont le siège de phénomènes chimiques très actifs. Il y a là de véritables combustions. Les déchets de ces combustions sont surtout de l’acide lactique, de l’anhydride carbonique, des produits toxiques tels que la créatine et la créatinine, Ces produits passent dans le sang. L’anhydride carbonique, s’il est produit en quantité trop abondante, cesse d’être bi2n éliminé par la respiration ; de là un état assez voisin de l’asphyxie. La créatine et surtout la créatinine sont des poisons du cœur. Elles tendent à paralyser le système nerveux. Localement, elles diminuent très vite l’énergie fonctionnelle des muscles et tendent à y provoquer des crampes.

En outre, l’effort musculaire détermine une accélération de la circulation, une suractivité du cœur. Le cœur fatigue encore plus que les muscles, Après les excès de fatigue et de surmenage, la mort survient surtout par cœur forcé.

Le surmenage physique, en effet, peut produire des accidents graves. Parfois l’état général est aussi profondément touché que dans la fièvre typhoïde, Il est parfois difficile de distinguer une fièvre typhoïde vraie d’un état pseudotyphique, dû à l’empoisonnement de l’organisme par les toxines du surmenage.

Le type de la fatigue physique portée au maximum est réalisé expérimentalement chez les animaux forcés à la chasse et longtemps poursuivis. Même, s’ils échappent à la fin delachasseetne sontpaspris parles chiens, ces animaux meurent presque toujours après quelques heures. Ils meurent dans un tel état d'empoisonnement que leur chair est déjà entièrement putréfiée après deux ou trois heures.

Dans les guerres, après les marches forcées, on observe chez l’homme des accidents analogues. Après les retraites pénibles, les soldats meurent souvent par milliers. L'influence de l’émotion, de la fatigue, des intempéries, du froid s’ajoute à celle du surmenage physique.

Le rôle de l'émotion et de la fatigue nerveuse est, en effet, considérable dans le surmenage physique. L’habi-

tude diminue beaucoup la fatigue. Pour tous les sports exigeant une certaine force d'attention (escrime, bicyclette\, ce rôle atténuant de l'habitude est considérable, Les mouvements finissent par s'effectuer spontanément, automatiquement, sans fatigue cérébrale, Ils sont mieux réglés ; on évite mieux les gestes et les contractions musculaires inutiles.

Inversement, la hâte, par la dépense nerveuse qu’elle entraîne, augmente beaucoup la fatigue. Il suffit parfois d’une course de cent mètres faite avec une rapidité moyenne, mais avec précipitation, quand on craint par exemple de manquer un train, pour déterminer chez un sujet non entraîné des accidents graves.

L’entraînement a pour premier résultat de procurer l'effet favorable de l'habitude, d'éviter les mouvements hâtifs,inutiles, désordonnés. Il diminue l’émotionetl’intervention du système nerveux. Mais en outre, chez les sujets entraînés, les tissus ont subi des modifications chimiques importantes. La graisse a presque entièrement disparu. Les muscles ne sont plus constitués que par du tissu musculaire à l’état presque pur. Leurs mouvements fournissent beaucoup moins de déchets organiques.

Cependant cet état favorable a une limite très étroite et qu'il est assez facile de dépasser. Chez les sujets surentrainés, on voit brusquement apparaître la courbature et les accidents toxiques du surmenage.

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