STÉRILISATION, DÉSINFECTION
En pratique, on emploie surtout : 1° la chaleur; 2 diverses substances médicamenteuses, dites antiseptiques. La chaleur humide est une puissante destructrice des
Fig. 44. — Pulvérisateur à vapeur pour projection de vapeurs chaudes et antiseptiques (en général vapeurs phéniquées) dans les chambres des malades.ou dans les salles d'opérations.
germes. Presque tous les germes pathogènes adultes sont détruits par une exposition de dix minutes à une température de 65° (chaleur humide). Seuls, les bacilles du charbon, du tétanos, de la tuberculose résistent beaucoup plus longtemps.
La chaleur humide est donc un des meilleurs désinfectants. Par malheur, son emploi ne s'applique guère qu'aux
objets portatifs, susceptibles d’être mis dans les étuves appropriées. En outre, si les germes adultes sont détruits, les spores sont beaucoup plus résistantes. Le: spores du charbon, de la tuberculose, de la diarrhée verte résistent jusqu’à 100 degrés, température assez dilficile à atteindre.
L'emploi des médicaments antiseptiques est souvent, à la campagne surtout, plus pratique que la chaleur. Mais l’action de chaque agent sur chaque espèce de microbe est très variable. Il faut, en outre, pour chaque cas particulier, distinguer, avec Bouchard, six doses : 1° dose qui retarde la germination; 2° dose empêchant la germination; 3 dose ralentissant le développement; 4° dose empêchant le développement ; 5° dose empêchant la reproduction du microbe, sans l’empêcher de vivre; 6° dose qui tue. On voit donc toute la complexité de la question.
La désinfection estimportante, non seulementaprès une maladie contagieuse, mais quand on entre dans un logement nouveau, occupé peut-être auparavant par des malades. MM. Brouardel et Lagrue, dans la douzième leçon de leur Carnet contre la tuberculose, ont remarquablement résumé cette question de la désinfection et des moyens pratiques pour la réaliser soit à la ville, soit à la campagne.
« Notre logement, sans être insalubre naturellement, peut avoir été souillé et infecté par les occupants qui nous ont précédés.
Quand nous prenons possession d’un nouvel appartement, il est donc prudent de le nettoyer de fond en comble et de procéder à sa désinfection.
Dans les grandes villes, c’est facile : il suffit de s'adresser aux établissements spéciaux; souvent même, ce sont des fondations municipales, gratuites pour les indigents. On ne saurait donc trop conseiller de demander leur concours.
A la campagne, les difficultés sont beaucoup plus grandes.
En Seine-et-Oise, l'Œuvre antituberculeuse des Instituteurs a, sur les indications du Dr Plicque, assez bien résolu ces difficultés par l'emploi de deux désinfectants simples, efficaces et peu coûteux : l’eau de Javel et le soufre.