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RESUME

Le plomb, l’une des substances les plus utilisées pour les besoins économiques, offre de grands avantages au point de vue industriel ; mais son emploi est loin d’être sans inconvénient. Sous toutes les formes et quel que soit l’usage qu’on en fait, il constitue un poison des plus dangereux.

L’emploi du plomb, pour former les réservoirs et les tuyaux de conduite des eaux potables, est particulièrement la cause d’une foule d’empoisonnements, sans compter les maladies qu’il aggrave, les indispositions qu’il crée, les affections pathologiques variées auxquelles il donne naissance.

Dans l’état actuel de la science, il y a lieu de rechercher si de très-sérieuses maladies, qui affectent aujourd’hui les habitants des grandes villes, ne sont point, en grande partie, causées par l’intoxication saturnine.

C’est d’une manière lente, mais sûre, que cette intoxication doit se produire, et d’autant plus insi-

dieusement que l’eau potable, l’un de nos premiers besoins quotidiens, en est le véhicule.

On est en droit de penser qu’une foule de maladies graves à forme dépressive, maladies gastro-intestinales, affections typhoïdes, un certain nombre de maladies nerveuses, des migraines, des paralysies, partielles ou générales, des aliénations mentales, des perturbations des organes des sens, des altérations de la vue, certains cas de vieillesse anticipée, etc-, etc., peuvent naître sous l’influence pernicieuse du plomb.

Tous les hygiénistes se sont élevés, d’ailleurs, contre l’usage des tuyaux de plomb ; les faits qui les condamnent sont innombrables.

Dès les temps les plus reculés, les tuyaux de plomb furent proscrits pour la conduite des eaux. Les administrateurs, les chimistes, les toxicologistes, tous les savants n’ont cessé de s’occuper de cette grande question d’hygiène publique. De nos jours, il y a unanimité complète d’opinion sur les dangers inhérents à l’emploi du plomb. Il ne s’agit pas là d’une vaine théorie; des faits récents sont venus prouver qu’il est temps de remédier à un tel état de choses, si l’on ne veut pas voir s’augmenter, sans cesse, la mortalité générale.

Pourquoi ne prendrait-on pas pour l’eau les sages précautions que les Conseils d’hygiène publique ont provoqués pour le vin, la bière, le cidre et toutes les autres boissons de consommation?

Il y a là un problème qui n’est pos impossible à

résoudre. La science n’a jamais fait de progrès plus rapides qu’à notre époque; ello marche de conquête en conquête, augmentant sans cesse le bien-être des hommes, protégeant leur santé et gagnant toujours quelque chose sur la durée moyenne de la vie.

Que tous les hommes compétents se mettent donc à l’œuvre, qu’ils cherchent les moyens de supprimer totalement le plomb ou au moins de le rendre inoffensif; celui qui atteindra cet immense résultat aura bien mérité de l’humanité.

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