‹ Hygiène scolaireChapitre 73 sur 162 · MENSURATIONS DE LA CAPACITÉ VITALE OU RESPIRATOIRE · texte numérisé non relu

MENSURATIONS DE LA CAPACITÉ VITALE OU RESPIRATOIRE

Ces mensurations intéressent tout particulièrement le médecin, car l’accroissement du thorax et de la capacité

EXAMEN DE L’ÉCOLIER

pulmonaire ont une influence capitale sur i état de santé de l’enfant.

Nous avons à notre disposition :

a) La spirométrie,

b) la mesure des périmètres du thorax,

c) la mesure des diamètres

d ) et la thoracographie ou inscription de la coupe du thorax à des hauteurs déterminées.

à) spirométrie. La Spirométrie qui donne la quantité d’air expiré dans un mouvement respiratoire est certes la mesure qui permet le mieux d’apprécier la capacité pulmonaire. Malheureusement c’est une mesure difficile à prendre chez l’enfant. Elle ne devient possible et encore dans des proportions variables, que vers l’âge de 7 à 8 ans. Plus l’enfant avance en âge, plus les chances de réussite augmentent. A 10 ans nous avons eu des enfants qui ne pouvaient arriver à souffler dans un spiromètre. On a fait à la spirométrie une objection sérieuse en disant que le sujet en expérience n’expire jamais complètement tout l’air contenu dans ses poumons. Il y a toujours de Yair rèsidaal. Il reste chez tous les enfants une quantité d’air qu’ils ne peuvent faire sortir, mais ce reliquat variable pour chaque enfant n’a qu’une importance relative.

Les instruments sont très nombreux et tous de valeur différente. Nous nous sommes toujours' servi du spiromètre construit par Verdin.

Ceux d’Hutchinson, Broca, Boudin, Galante, Tissot, du Dr Dupont et de bien d’autres encore sont très connus.

Nous pensons que ce qu’il y a de mieux, c’est de chercher à obtenir que l’enfant souffle tout le contenu de ses poumons dans l'appareil après une forte inspiration.

aiu

Certes il est certain qu’on n’a pas ainsi la mesure de la quantité d’air inspiré normalement à chaque respiration. Mais il est bien difficile de faire autrement. D’un autre côté, le chiffre ainsi obtenu donne l’appréciation de la puissance respiratoire.

Quel que soit l’instrument dont on se sert, il faut que l’embouchure soit bien à portée du sujet en expérience, afin qu’il puisse facilement la saisir.

Commencer par bien faire comprendre à l’enfant ce qu’on lui demande. Au besoin lui faire exécuter- une sorte de répétition.

L’estomac devra être vide de façon à ne pas gêner les mouvements du diaphragme. Le sujet sera debout, les pieds légèrement écartés, les bras libres, les épaules un peu effacées ; on lui fera exécuter par le nez une inspiration lente, profonde, sans secousses, suivie immédiatement après d’une expiration par la bouche, sans saccades, dans l’embouchure du spiromètre. Nous faisons généralement exécuter trois inspirations successives suivies de trois expirations en mettant un intervalle d’une à deux minutes entre chaque épreuve, et nous notons l’expiration maxima.

Certains enfants, par intimidation, ou pour toute autre raison, ne peuvent arriver au résultat voulu. Nous leur faisons regarder ce que leurs camarades exécutent et nous leur faisons ensuite recommencer l’épreuve.

b) périmétriè. Le périmètre thoracique avait été jusqu’à ces dernières années considéré comme une mensuration sérieuse et qui servait à juger l’état de santé général. Mais depuis quelque temps on l’attaque sous divers prétextes. Nous pensons que la raison de cette sorte de

EXAMEN DE l’ÉCOLIEU

déchéance du périmètre thoracique est qu’on a voulu lui demander plus qu’il ne pouvait donner. On espérait trouver en lui un signe de présomption de tuberculose. C’est une erreur qu’il faut savoir reconnaître.

Les médecins militaires eux aussi avaient depuis longtemps considéré le périmètre thoracique comme ayant une grande importance et jusqu’à ces dernières années nul n’entrait dans l’armée s’il ne présentait une mensuration thoracique déterminée.

Certes le périmètre par lui-même n’a qu’une valeur relative mais l’amplitude respiratoire c’est-à-dire la différence entre les périmètres dans l’inspiration et l’expiration a une importance.

La grosse objection qu’on peut faire au périmètre, c’est ainsi que l’a bien montré le Pr Maurel (i),de Toulouse, que les rapports entre la section thoracique et le périmètre, non seulement ne sont pas toujours proportionnels, mais peuvent être augmentés ou diminués; autrement dit qu’un même périmètre peut envelopper des surfaces différentes.

Mais le périmètre nous donne la différence entre l’expiration et l’inspiration, véritable coefficient de la dilatation pulmonaire, et pour cette raison il doit être conservé. Il nous permet de suivre les modifications qui surviennent à la suite, des exercices respiratoires.

Le périmètre thoracique se prend avec un ruban métrique ciré qu’on doit avoir eu soin de vérifier.

Nous conseillons de prendre deux périmètres :

a) Immédiatement sous l’aisselle; périmètre axillaire.

b) Au niveau de l’appendice xyphoïde, périmètre

(i) Dr E. Maurel p. n8.

•2ll\

xyphoïdien ou xypho-sternal, et de noter dans chaque cas l’amplitude respiratoire.

L’enfant est debout, les talons joints, les bras tombant le long du corps.

Pour le|périmètre axillaire le centimètre est passé sous les bras et les deux bouts sont ramenés en avant.

Il faut avoir soin de remonter le ruban métrique aussi haut que possible, de façon qu'il touche les bords de l’aisselle, mais en le maintenant horizontal.

L’extrémité du ruban qui porte les premières divisions est fixée sur la poitrine et l’autre est appliquée par-dessus. On ordonne alors à l’enfant d’inspirer le plus profondément possible et de faire ensuite une expiration complète. On note avec soin les deux chiffres extrêmes dont la différence donne l’amplitude de la respiration.

Pour le périmètre xypho-sternal, nous avons toujours soin de tracer au niveau de l’insertion de l’apophyse xyphoïde un trait horizontal au crayon dermographique.

L’enfant est dans la même position que précédemment.

Ce qu’il faut surtout surveiller, c’est que le ruban reste bien horizontal.

c) diamétrie. — On prend généralement deux diamètres. L’antéro-postérieur au niveau de l’apophyse xyphoïde et le transverse sur une ligne horizontale correspondant à cette apophyse.

Il faut toujours chercher l’amplitude respiratoire, c’està-dire la différence entre une expiration forcée et une inspiration maxima dans chaque diamètre.

Depuis Fourmentin qui le premier, en 1874, calcula l’Indice thoracique en imitant ce que les anthropologistes avaient fait pour le crâne, beaucoup de médecins ont repris cette question et tiré des conclusions de ces

EXAMEN DE l’ÉCOLIER

mensurations. L’indice thoracique est le rapport du diamètre transverse multiplié par ioo au diamètre antéropostérieur :

DT X ioo D. AP

Indice thoracique

Weisgerber, dans une thèse inspirée par Broca en 1879, poursuivit ces recherches et donna i4o comme indice de l’homme adulte bien portant.

D’après cet auteur, l’indice thoracique augmente de la naissance à l’âge de 3o ans, reste stationnaire chez l’adulte et diminue dans la vieillesse.

Pour la mesure des diamètres on se sert d’un compas d’épaisseur dont les différents modèle dérivent tous des compas de Baudelocqueou de Broca. On prend généralement deux diamètres: l’antéro-postérieur et le transverse.

L’enfant est dans la même attitude que pour le périmètre au niveau de l’apophyse xyphoïde.

Pour l’antéro-postérieur on se sert du point de repère marqué au niveau de l’apophyse xyphoïde. L’une des pointes du compas y est appliquée, la seconde étant portée sur la vertèbre du même plan horizontal.

On lit sur la tige graduée l’écartement des pointes en inspiration et en expiration.

Pour bien prendre le diamètre transverse, il fautavoir eu soin de tracer une ligne horizontale de l’apophyse xyphoïde à l’angle des côtes et c’est sur la partie la plus saillante du thorax à ce niveau qu’on mesure le diamètre. On notera les deux chiffres extrême en inspiration et en expiration.

d) La thoracographie, est la reproduction graphique de la coupe du thorax.

HYGIENE SCOLA1IIE

Fig. 55. — Thoraçographe du docteur Dufestel. (Cliché de la maison Porgès).

EXAMEN DE L’ÉCOLIER

Le stéthomètre de Bouvier ( 1 836), le cyrtomètre de AVoillez, celui de Nielly, l’appareil de Fourraentin (1874), le stéthographe de Maurel (1), appliqués sur le thorax et reportés ensuite sur le papier, permettent d’en tracer le contour.

Fig. 56. — Détails de J’appareil enregistreur du thoracographe du docteur Dufestel.

IVons avons en 1907 présenté au Congrès de Londres un Ihoi acocji aphe (2) permettant d’enregistrer automatiquement la coupe du thorax dans les deux temps d’inspiration et d'expiration (fig. 55).

(1) Nicolas, I.

(2) Dufestel (V. Clin. Infantile. 1907 p. 4,9) hygiène scolaire

Cet appareil sc compose d’un cadre dans lequel l’enfant est immobilisé et d’un charriot enregistreur (fig. 56) tournant autour du corps au moyen d’un mouvement d’horlogerie. Sa révolution se fait assez rapidement pour

Fig. 57. — Coupe du thorax en inspiration et en expiration (Fillette de 10 ans).

que l’enfant puisse rester immobile en inspiration ou en expiration, et l’on a ainsi deux diagrammes superposés, montrant le développement du thorax pendant l’inspiration. Les diagrammes sont réduits à moitié de leur grandeur réelle par un pantographe, ce qui permet de les classer plus facilement.

EXAMEN DE L’ÉCOLIER

Nous donnons à titre d’indications deux diagrammes réduits montrant l’un (fig. 67) coupe du thorax d’une

SI

Fig. 58. — Coupe du thorax en inspiration et en expiration chez une jeune fille de 13 ans atteinte de mal de Pott.

fillette de 10 ans, l’autre (fig. 58) le diagramme d’une jeune fille de i3 ans atteinte d’un mal de Pott.

3° Mensurations

Page 1