‹ Hygiène scolaireChapitre 9 sur 162 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La Classe.

La classe est la salle où l’enfant passe la plus grande partie de sa journée. C’est là où il vit, c’est l’air de la classe qu’il va respirer et qu’il doit utiliser pour l’oxygénation de son organisme. C’est la capitale pédagogique de l’école, selon l’expression de E. Trélat.

A l’école primaire, l’enfant y séjourne au moins six heures par jour ; au lycée et dans les internats, son temps est partagé entre la classe proprement dite et l’étude où il travaille et fait ses devoirs. C’est donc la classe et l’étude que nous allons étudier. Par suite du séjour prolongé de l’enfant dans les salles d’étude ou de classe, la construction et l’aménagement doivent en être minutieusement indiqués, afin de pouvoir donner à l’enfant le maximum de confort hygiénique.

La disposition du local, son éclairage, la place des fenêtres et des portes, la situation du tableau, de la chaire du maître et l’emplacement des tables doivent faire l’objet d'une étude complète.

Nombre d’élèves par classe. — Nos anciens règlements ne limitaient pas le nombre d’enfants par classe. Le règlement actuel en fixe le maximum à 5o. C’est un chiffre trop considérable et pour la bonne hygiène de la

LA CLASSE

salle et pour le maître. Celui-ci ne peut surveiller utilement un aussi grand nombre d’enfants, sa tâche est trop difficile ; de plus, par suite de la trop grande dimension de la salle, il est obligé d’élever la voix et de se fatiguer.

Les Américains, plus pratiques, n’admettent que 4o enfants au maximum dans les classes inférieures et 3o dans les autres classes.

Nous pensons que le nombre 3o devrait être considéré . comme le chiffre normal. Les exigences de l’hygiène moderne s’accommodent mal d’un trop grand nombre d’élèves dans la même salle.

Cube d’air. — Chaque enfant a droit en France à une superficie de im25, ce qui avec 4m de hauteur de plafond lui donne un cube d’air de 5m.

Ce chiffre est insuffisant dans les écoles communales si la ventilation de la salle n’est pas assurée pendant la durée du séjour des enfants. Au bout d’un quart d’heure, l’air se trouve vicié et, lorsqu’on pénètre dans la classe, on y sent une odeur désagréable. L’écolier ne peut, comme on l’a dit, que ruminer un air malsain et déjà privé de ses principes actifs.

En Belgique, le règlement accorde à l’enfant un cube d’air de 6m75 avec im5o de superficie et 4m5o de hauteur de plafond.

A Fribourg (Suisse), le nouveau matériel donne à chaque enfant une superficie de im7o ; l’ancien ne donnait que im5o.

Les dimensions de la classe doivent être proportionnelles au nombre d’enfants, à l’énergie de la voix du maître et à l’acuité visuelle des élèves.

Forme de la classe. — Depuis l’adoption del’éclairage unilatéral, la forme carrée de la classe n’a plus de raison

d'être et la disposition en rectangle a été adoptée. Les proportions de 2 sur 3 ou celles de 3 sur 5 sont le plus généralement admises.

La profondeur doit être avant tout subordonnée à l’éclairage. Il faut que, dans les parties les plus éloignées de la fenêtre, on puisse lire sans difficulté un livre imprimé en caractères diamants.

Trélat limite à 6m5o la largeur de la classe. En principe elle ne doit jamais dépasser deux fois sa hauteur. Quant à la longueur, elle ne doit pas être supérieure à 9 ou iom. A Munich, le règlement prescrit : 8m de longueur, 6m de largeur et 4m de hauteur. Le Dr Combes de Lausanne estime qu’un enfant éloigné de 8ra du tableau est placé dans de mauvaises conditions.

Il faut éviter les salles longues et étroites qui gênent le maître et le fatigue en le forçant à élever la voix. D’ailleurs les élèves des tables les plus éloignées ne doivent pas avoir de difficultés pour lire sur le tableau.

Les bancs seront toujours forcément dirigés perpendiculairement à la plus longue paroi, celle où sont percées les fenêtres.

La chaire du maître doit faire face aux tables, elle est située sur le plus petit côté.

Le tableau noir est placé sur la paroi du mur derrière la chaire. Les élèves l’ont devant eux.

Nous donnons (fig. 4) la disposition d’une classe de 32 places à table-banc à une place.

Plancher. — Le sol doit remplir certaines conditions indispensables. Il doit être facilement lavable dans toutes ses parties et les joints doivent en être hermétiquement obstrués, afin que les poussières ne puissent énétrer et séjourner dans les fentes. Mais il faut auss

LA CLASSE 2 3

qu’il ne soit pas froid et ne puisse produire le refroidissement des extrémités chez les enfants.

Le dallage en carreaux de grès cerame bien jointoyés

avec éclairage latéral gauche.

a\ec du ciment est certainement celui qui se prête le mieux au lavage quotidien. Malheureusement ces matériaux sont froids aux pieds et pour cette raison doivent être rejetés. Pour parer à cet inconvénient, on a proposé

des tables-bancs qui élèvent l’enfant de quelques centimètres au-dessus du sol ou de mettre sur le plancher des claies en bois, évitant le contact direct du plancher.

En France, ce qui est le plus généralement adopté, c’est le parquet en bois dur (chêne le plus souvent) scellé sur bitume. On évitera surtout de se servir de bois tendre peu résistant, qui rapidement s’use à la surface en formant des lamelles pointues, qui peuvent entrer dans des chaussures d’étoffe et blesser les enfants.

En Allemagne, dans les écoles neuves, le çol est recouvert d’un épais linoléum très résistant et très faciîeri ent lavable. D’après ce que nous ont dit les directeurs d’écoles, le linoléum répond à toutes les exigences de l’hygiène : il est doux aux pieds et élastique, il étouffe le son, il est imperméable à l’eau et aussi économique par suite de sa résistance à l'usure.

Certains produits comme le xyloliLli et le porphyrolite peuvent donner aussi un sol sans solution de continuité et facilement nettoyable. Us s’appliquent en pâte sur les planchèrs et y forment en séchant un enduit compact d’une certaine épaisseur. A la jonction du sol et du mur vertical, on supprime l’angle droit en appliquant une couche du mélange, formant gorge sur la paroi du mur, sur une hauteur de quelques centimètres. On donne au sol la teinte que l’on veut et on l’entretient facilement en passant dessus une légère couche d’encaustique. Le balayage au torchon humide est singulièrement facilité sur ces planchers uniformes,

Le xylolith, le porphyrolite et tous les produits similaires présentent de noipbreux avantages. Mais au dire de Baudin (i), sous l’influence des variations atmosphé-

( i ) Baudin, I, page 197.

LA CLASSE

riques, ils finissent par se fissurer par suite du retrait de la matière.

Les murs doivent être revêtus d’une couche de plâtre sur laquelle on applique de la peinture.

Les angles seront arrondis à la réunion des différentes parois.

Faut-il laisser aux murs leur porosité où les rendre complètement étanches ? Nous pensons que la quantité d air qui les traverse est si minime qu’il n’y a pas lieu d'en- tenir compte.

Il ne faut jamais recouvrir la paroi de papier; seule la peinture doit être employée. Les peintures formant enduit laqué mat sont à recommander. Ces peintures sont faciles à entretenir et très lavables. Il faut éviter les couleurs brillantes dont le reflet est pénible et fatigant pour les yeux. La couleur grise ou blanc bleuté est celle généralement adoptée.

Le plafond ne doit pas être à poutres apparentes ; il doit être uni et peint en blanc. Il faut éviter les moulures où s’accumulent les poussières.

En résumé, le plancher, les murs et le plafond doivent etre unis à angles arrondis et faciliter par leur disposition le nettoyage et la désinfection.

Les portes des classes doivent, d’après le règlement, etre a un seul vantail ; mais suffisamment larges pour que deux enfants puissent y passer de front. Les portes va-et-vient à doubles vantaux seraient préférables et faciliteraient la sortie rapide des enfants en cas de

Le plus>uvent dans les écoles des grandes villes, les portes donnent sur un couloir vitré servant de ment pour toutes les classes d’un étage. hygiène scolaire

A l’école du village, la porte s’ouvre habituellement sur la cour. Elle est vitrée dans sa partie supérieure.

Fenêtres. — La disposition des fenetres est inteics— santé à étudier. Les fenêtres de la classe où l’éclairage est bilatéral sont disposées symétriquement sur les deux parois opposées. Dans les ecoles nouvelles a éclaiiage unilatéral, les fenêtres sont situées sur une seule paroi. Celles du mur opposé, quand elles existent, ne servent qu’à la ventilation ; pendant la durée du travail, elles sont aveuglées par des volets en bois pleins ou des rideaux épais,

En général, les fenêtres commencent à im3o du sol et s’élèvent jusqu’au plafond. Les enfants ne peu\ent ainsi voir au dehors, ce qui se passe dans la rue. Dans les écoles neuves, ce sont de grands vantaux s’ouvrant largement. Dans les écoles anciennes ce sont des vasistas. La moitié inférieure de la fenêtre est fixe et la moitié • supérieure se rabat à l’intérieur au moyen de charmères.

Dans les pays à climats rigoureux, on emploie de doubles fenêtres qui seules permettent d’assurer un chauffage régulier. La double fenêtre est souvent maintenant remplacée par la double vitre. Nous étudierons les différents systèmes en parlant de la ventilation.

Nous dirons seulement ici que nous préférons les larges baies s’ouvrant sur toute la hauteur et permettant rapidement le renouvellement de l’air, et que nous pensons que l’éclairage unilatéral venant de gauche est de beaucoup préférable. Les fenêtres doivent être aussi larges que possible et les séparations des baies entre elles doivent être réduites au strict minimum.

Les petits bois séparant les vitres seront a faces réguliè-

LA CLASSE

rement planes et obliques afin d’empêcher le dépôt des poussières. En pratique, la fenêtre doit avoir en hauteur le tiers de la largeur de la classe.

En résumé, le classe doit présenter le maximum de confort et donner aux enfants la plus grande somme d’hygiène possible.

Page 1