ÉVOLUTION CLINIQUE
même certaines latitudes. Pour la scarlatine et pour la diphtérie, par exemple, elle est comprise entre quelques heures et plusieurs jours.
Il est nécessaire de connaître la durée d'incubation de chaque maladie pour prévoir le moment où elle doit apparaître chez les enfants suspects et fixer le moment où, s'ils restent indemnes, doit prendre fin leur isolement préventif.
L'incubation est généralement silencieuse. Elle se révèle toutefois, à un examen minutieux, par quelques troubles morbides : baisse de poids, poussées thermiques, modifications de la formule leucocytaire, etc.
La période d'invasion est la plus importante au point de vue de la prophylaxie collective. C'est à ce moment en effet, avant l'apparition de l'éruption caractéristique d'une rougeole ou d'une scarlatine, par exemple, que la contagion s'exerce le plus activement. Si un scarlatineux, atteint des premières manifestations bucco-pharyngées ; si un rougeoleux, présentant du catarrhe oculo-nasal et une toux incessante, continuent à fréquenter la crèche, l'asile ou l'école, ils contaminent leurs camarades, et une épidémie se déclare ou se prolonge.
Le personnel doit donc isoler d'urgence et signaler au médecin tout enfant qui paraît mal portant. En temps d'épidémie, le médecin ou, à son défaut, une personne qualifiée, doivent examiner régulièrement les enfants pour dépister les premiers symptômes. Dans plusieurs maladies, certains symptômes de la période d'invasion ont une valeur presque pathognomonique ; tout au moins, ils sont suffisants pour attirer l'attention et faire prendre des mesures préventives.
La période d'état est caractérisée par des symptômes qui donnent à chaque maladie sa physionomie particulière ; c'est l'éruption de la scarlatine, de la rougeole, de la varicelle, etc. ; c'est l'exsudat membraneux de l'angine diphtérique, ce sont les modifications de la voix et de la toux du croup ; c'est la quinte coquelucheuse. A ce moment les maladies sont généralement transmissibles.
La PÉRIODE DE RÉGRESSION OU de DÉFERVESCENCE et la PÉRIODE DE
convalescence, qui lui fait suite, ont une durée variable suivant les maladies. La contagiosité disparaît au bout d'un temps variable pour chacune d'elles. Parfois cependant elle se perpétue même après la guérison, l'enfant restant porteur de germes, de bacilles diphtériques ou de méningocoques par exemple.
2° Formes atténuées ou frustes. — L'évolution en quatre périodes successives caractérise les formes régulières des maladies infectieuses. Elle ne se retrouve pas aussi nettement dans les formes