III. — DÉSINFECTION
La désinfection, prescrite par le règlement, et surtout celle des locaux, a prêté en ces dernières années à de nombreuses discus sions.
Pour beaucoup de médecins, la désinfection des locaux et des meubles serait inutile. Comme le fait remarquer Combj '. la rougeole, la scarlatine, la coqueluche, n'ont jamais été aussi fréquentes à Paris que dans ces dernières années, bien que la désinfection municipale fonctionne activement. Seule la diphtérie a recul/', mais c'est devant la sérothérapie el uoq devant les mesures de désinfection. « Les microbes de la diphtérie, de la scarlatine, de la rougeole, de la coqueluche, des oreillons, etc., ne s'attachent pas aux murs, aux parquets, aux plafonds ; ils ne hantent ni la cave ni le
i . Combt, De la désinfection dans les maladies de l'enfance, Conférence d\ verture des Cours de lu Croix-Blanche, 6 u ivembre nu i.
DÉSIXFECT10X 451
grenier ; mais ils sont véhiculés par les malades et par ceux qui les approchent, ils vivent dans leurs sécrétions et excrétions, c'est leur milieu de culture idéal. Qu'on désinfecte donc ces excréta et sécréta, qu'on désinfecte aussi les objets souillés par leur contact, qu'on désinfecte surtout ces réceptacles de choix que sont le nez, la bouche, la gorge, l'oreille ! » (Comby.)
D'autres hygiénistes, au contraire, demandent la généralisation delà désinfection. Ils se placent, il est vrai, à un point de vue différent, car leur but est moins de viser les affections contagieuses aiguës que la tuberculose.
En réalité, la désinfection est inutile dans certaines maladies contagieuses aiguës, comme la rougeole, la rubéole, etc. ; elle rend des services dans d'autres, en particulier dans la scarlatine et la diphtérie, dont les germes sont plus résistants.
La désinfection doit viser les locaux contaminés et les objets souillés. D'autre part, elle ne doit pas négliger les sujets malades et suspects.
i° Désinfection des locaux. — La désinfection des locaux portera, quand il s'agit d'une école, sur la classe, sur le préau, sur les salles où l'enfant malade aura pu séjourner, sur la table et sur le pupitre dont il s'est servi.
A Paris, les classes sont désinfectées par des pulvérisations de sublimé au millième. Ce procédé, selon Meyer l, est insuffisant et a l'inconvénient de détériorer les objets. La désinfection par les vapeurs d'aldéhyde formigue est préférable, car ce gaz pénètre partout et est un microbicide très énergique. En pratique, d'ailleurs, il est souvent suffisant de faire de larges nettoyages avec de l'eau de Javel étendue ou avec des solutions de crésyl à 5 pour ioo.
La désinfection des cabinets d'aisances ne doit jamais être négligée, surtout en cas d'épidémie de fièvre typhoïde. On se servira de chlorure de zinc ou de sulfate de cuivre, à la dose de 5o pour i.ooo, de crésyl à 5 pour ioo.
2° Désinfection des objets. — La désinfection des objets souillés par le contact des excrétions ou des sécrétions du malade s'impose.
A cet effet, les établissements scolaires disposent dans les villes d'étuves à vapeur sous pression. A la campagne, le service de désinfection est assuré par des étuves mobiles.
L'emploi de ces étuves n'est pas sans inconvénients, car elles dé-
i. Meyer, Entretien hygiénique des locaux et du matériel scolaire. Désinfection. L'Hygiène scolaire, juillet 1912, n° ^'9, p. 200.
tériorent les vêtements et les objets de literie. Souvent on pourra s'en dispenser en immergeant le linge dans une solution antiseptique, puis en le lessivant et en lavant à l'eau de Javel les autres objets. Les livres, les cahiers et les jouets peuvent d'ailleurs être détruits par le feu, conformément aux dispositions de l'article i \ du règlement.
3° Désinfection des malades et des suspects. — La désinfection des malades et des suspects est indispensable dans bien des cas. On' la réalise à l'aide de gargarismes, de pulvérisations, de pommades antiseptiques, pour détruire les germes qui végètent dans les mucosités naso-pharyngées.
Ces diverses mesures de désinfection doivent être pratiquées non seulement dans les collectivités infantiles, mais encore au domicile des parents, où elles relèvent du service d'hygiène. Pour en obtenir l'exécution, les instituteurs remettent aux familles des écoliers atteints de maladies contagieuses des imprimés relatant les mesures de prophylaxie utiles à prendre au cours de la maladie et à sa suite, mentionnant notamment la nécessité de faire prendre au malade un bain savonneux, avant son retour à l'école. La rentrée en classe, ne devrait d'ailleurs être autorisée que sur production d'un certificat établissant que la famille a pris toutes les précautions utiles pour éviter la contagion.