I. — PROPRETÉ DU CORPS
La propreté du corps est un élément important de l'hygiène. « Les hygiénistes, écrit Ch. Gazalet *, se sont toujours accordés à dire que la propreté n'est pas seulement utile au corps, qu'elle a également une grande portée morale. Elle conduit, en effet, à l'amour de l'ordre, au respect de soi-même et des autres, à la régularité de la conduite et à la décence des mœurs : « Elle est au corps, disait La Rochefoucauld, ce que l'amabilité est à l'âme. »
Les pratiques hydrothérapiques ne servent pas seulement à nettoyer la peau et à favoriser son fonctionnement ; elles fortifient tout l'organisme et aguerrisent le corps contre les intempéries. « L'usage du bain une fois établi ne doit plus être interrompu, disait Jean -Jacques Rousseau dans Emile... Je le considère non seulement du côté de la propreté et de la santé actuelle, mais aussi comme une précaution salutaire pour rendre plus flexible la texture des fibres et les faire céder sans effort et sans risques aux divers degrés de chaleur et de froid. Pour cela je voudrais qu'en grandissant on s'accoutumât peu à peu à se baigner quelquefois dans les eaux chaudes à tous les degrés supposables et souvent dans les eaux froides à tous les degrés possibles. »
Les soins de propreté seront surveillés par le médecin scolaire. Nous allons exposer de quelle façon on peut les réaliser dans les externats et dans les internats.
A. Soins de propreté dans les externats. — L'enfant doit se présenter propre à l'école. Tout élève, à son entrée en classe, est examiné par l'instituteur ; ce dernier inspecte le cuir chevelu, la face, les oreilles, les yeux, le nez, les mains. Tout écolier sale est
i. Charles Gazalet, Les bains-douches dans les écoles. Rapport au 111* Congrès international d'hygiène scolaire, Paris, août 1910, t. I, p. 82. — Philippe, Les baiDS scolaires. G. R. du Congrès d'Hygiène scolaire, Paris, 190^, p. 2^7. — M. Frando.v, Applications de quelques desiderata de l'hygiène, id., 1906. p. 2ii. — M. Letulle, La propreté corporelle des élèves ; La Presse médicale, 26 septembre 1906, ° 77,. p. 609.
adressé immédiatement à la femme de service pour être lavé à l'eau savonneuse.
Si un enfant est habituellement malpropre, ses parents sont mis en demeure, par le directeur, d'en prendre soin.
11 est utile d'annexer à la classe des lavflbos pour permettre aux élèves de se laver les mains toutes les fois qu'elles sont souillées, en particulier après les récréations.
'Les bains-douches ou les douches en pluie sont excellents, parce qu'ils permettent d'assurer la propreté de tout le corps. Il
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Fis. Ci. — Plan de bains scolaires.
faudrait que les écoles fussent aménagées pour les distribuer largement (fig. 6i).
A Paris, les écoles primaires en sont dépourvues, à l'exception de l'une d'entre elles, l'école de la rue de l'Arbalète.
A Bordeaux, WSociétè des bâins-dquches, fondée en i8q3, a organisé des installations pour les élèves des écoles, au prix de o fr. io, savon compris. Les enfants y sont conduits une fois par mois. Les résultats de cette pratique sont excellents : les instituteurs ont signalé qu'après le bain les enfants sont plus gais, plus attentifs, plus dociles, plus reposés, plus calmes et qu'ils travaillent mieux.
Le premier bain-douche scolaire français a été ouvert en 1898 à l'école maternelle de Caudéran, commune de la banlieue de Bordeaux. D'autres écoles maternelles et primaires de la Gironde et