CHAPITRE XII
Dü CHOIX DES VÊTEMENTS, SELON l’aGE, LES CLIMATS ET LES SAISONS.
Les vêtements comprennent tous les tissus, toutes les substances que l’homme interpose entre la surface
de son corps et le milieu dans lequel il vit. De même que l’habitation , le vêlement est un des moyens par lesquels nous nous garantissons des influences nuisibles du monde extérieur.
Les matières dont se composent nos vêtements sont végétales ou animales : parmi les premières figurent le chanvre j le lin , le coton, la paille, etc., etc., et parmi les secondes, la soie, la laine, les plumes, le crin , les poils, les fourrures , etc. , etc. Ces matières jouissent de propriétés différentes, suivant quelles s’imprègnent plus ou moins d’humidité, et quelles sont bonnes ou mauvaises conductrices du calorique.
On appelle bons conducteurs les corps qui se laissent pénétrer facilement par le calorique et qui le cèdent avec la même facilité ; les mauvais conducteurs sont les corps qui se refusent plus ou moins à cette pénétration et à cette émission. En appliquant celle théorie aux vêtements , on saura que les étoffes qui se laissent pénétrer le plus difficilement par le calorique sont les plus chaudes , par la raison qu’elles le retiennent plus longtemps : les fourrures, la laine, la soie, le coton , sont dans ce cas. — Les étoffes fabriquées avec le lin ou le chanvre, seront, au contraire, très-fraîches , parce qu’elles cèdent le calorique aussi facilement qu’elles l’ont pris. D’où il résulte que les étoffes vestimentaires, de même que tous les corps en général , ont , à l’égard du calorique, un pouvoir ab-
sorbant et un pouvoir émissif ou de rayonnement.
Les vêtements doivent se trouver en rapport avec l’âge, le tempérament, le climat et la saison, c’est-àdire chauds ou légers, amples, commodes, et ne causer aucune gêne dans les mouvements.
Pendant l’enfance et la jeunesse , la chaleur excentrique étant très-dé veloppée et la vitalité de la peau très-grande , les étoffes lourdes et chaudes ne conviennent nullement ; il est rationnel, d’ailleurs, d habituer, dès le bas âge , les jeunes gens à résister aux intempéries. Quant aux saisons , comme il serait impossible d’opposer à chaque variation inattendue de l’atmosphère, soit au printemps, soit en automne, un vêtement préservateur, l’hygiène a posé en principe que l’époque de l’année la plus favorable pour prendre les babits d’été est celle où la chaleur se trouve à son maximum de stabilité , et qu on doit les quitter, pour reprendre les habits d’hiver, lorsque le froid est arrivé pour désormais se maintenir.
La matière dont est composée le vêtement n’est pas la seule condition d’où dépend sa qualité chaude ou fraîche ; il faut encore tenir compte de sa texture, de sa couleur et de sa forme.