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COULEUR

La couleur des vêtements , selon les saisons et le dogré de température, n’est pas une chose indiffé— | rente, puisque la couleur communique aux vêtements ’ deux qualités particulières : la première est de changer , dans la matière dont ils sont composés, le pou- ; voir rayonnant ; la seconde est de leur donner la propriété de réfléchir ou d’éteindre plus ou moins les

rayons de la lumière. — Les surfaces qui réfléchissent le plus les rayons de la lumière, comme les surfaces blanches, sont aussi celles qui réfléchissent le plus les rayons du calorique. — Les surfaces qui éteignent le plus la lumière, comme les surfaces noires, sont également celles qui absorbent le calorique en plus grande abondance. Les couleurs intermédiaires absorbent et réfléchissent en raison de leurs nuances. Les conséquences de ce fait , appliquées aux vêtements , sont absolument les mêmes.

Franklin expérimenta qu’un morceau de glace fondait plus promptement sur un drap noir que sur un drap blanc ; que la neige fondait plus vite sur un terrain noir que sur un sol blanchâtre. — Le docteur Starck , de son côté , fit les expériences suivantes : il enveloppa de laine noire un thermomètre très-sensible , et le thermomètre mit quatre minutes trente secondes pour s’élever, de dix degrés, à vingt et un degrés centigrades ; il fallut cinq minutes pour arriver au même point avec la laine vert foncé ; cinq minutes trente secondes avec la laine écarlate , et , enfin, huit minutes avec la laine blanche. Il résulte de ces faits que la couleur noir est celle qui absorbe le plus de calorique, la couleur blanche celle qui en absorbe le moins. Or, d’après ce principe, les vêtements de couleur claire seraient moins chauds que ceux de couleur foncée. Les chapeaux, les voiles, les soulicis, les robes et toutes les pièces de l’habillement devraient

être blancs pendant l’été et noirs pendant l'biver.

D’autres physiciens soutiennent l'opinion contraire et prétendent que les vêtements blancs sont plus chauds que les noirs , par la raison que , si les tissus blancs réfléchissent la chaleur atmosphérique par leur surface externe , ils réfléchissent également , par leur surface interne, la chaleur qui se dégage du corps et la lui conservent au lieu de la transmettre au dehors, comme le feraient les étoffes noires. Cela est strictement vrai ; mais ces physiciens n’ont point fait attention que la somme de calorique réfléchie par la surface externe est plus considérable que la somme réfléchie par la surface interne , ce qui donne déjà une diminution notable. Ensuite, il n’ont pas tenu compte de la texture extrêmement serrée des étoffes d'été , de l’ampleur du vêtement, qui permet à l'air de circuler autour des membres et d’emporter une certaine quantité de calorique, dont la perte procure une sensation de fraîcheur. « En résumé, dit le professeur Londe dans son Traité d’hygiène, lorsque, par une haute température , nous sommes exposés au soleil , nous devons considérer comme peu importante la concentration du calorique animal par le vêtement blanc , comparativement à l’égide qu’il nous offre en réfléchissant les rayons solaires : ce vêtement , dans cette circonstance, sera plus frais que le noir. »

A la couleur des corps se trouve encore attachée la propriété de modifier l’absorption des odeurs et des

miasmes. Cette absorption par les surfaces des corps semble être soumise aux mêmes lois que celle du calorique. Ainsi , les vêtements noirs absorbent plus facilement les odeurs; les blancs, au contraire, sont plus difficiles à s’en imprégner. Cette circonstance semblerait affirmer que les vêtements blancs , symboles de la pureté , de la propreté, sont, de tous, les plus favorables à la santé.

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