‹ Hypnotisme, suggestion, psychothérapie (volume 2)Chapitre 16 sur 160 · LEÇON III · texte numérisé non relu

LEÇON III

De la suggestion thérapeutique. — De la subordination des divers on-anes et fonctions au système nerveux central. — Action de l'esprit sur le corps. Psycho- thérapeutique. — La crédivité et l'automatisme cérébral sont modérés par les facultés supérieures du cerveau. — Moyens qui engourdissent celles-ci et exaltent ceux-là. Sommeil na'turel. — Foi : guérison par suggestions religieuses. — Suggestion par 1 électricité, les aimants, les métaux, les moyens empiriques, les tracteurs dePerkins, la suspension.

Nous avons défini la suggestion : l'introduction d'une idée dans le cerveau qui est acceptée par lui.

On nous objectera que ce ne sont pas seulement des idées, mais aussi des sensations, des mouvements, des actes qui peuvent être suggérés. Ainsi des démangeaisons, la soif, l'anesthésie, l'éternuement, la marche, etc., sont des phénomènes actifs sensitifs ou moteurs que la suggestion peut réaliser. Mais ces phénomènes réalisés sont déjà des idées devenues actes; ils sont l'effet de la suggestion, c'està-dire de l'idée déposée dans le cerveau. Celui-ci ne réalise la démangeaison, la soif, la marche, etc., que si l'idée du phénomène, sa conception psychique, son imageest évoquée ou rémémorée dans l'entendement. L'acte lui-même, sensation, mouvement, n'est autre chose que la réalisation de la suggestion qui, elle, , est un fait purement psychique. Elle n'en existe pas moins, quand le cerveau ne peut pas la réaliser. Je suggère à un paralytique qu'il peut marcher; il le croit, mais essaie en vain. La suggestion existe, mais elle ne peut se transformer en acte, les organes qui doivent accomplir cet acte faisant défaut. La suggestion est un phénomène centripète, sa réalisation est un phénomène centri-

SUGGESTION THÉIUPEUTIQUE ^»

fno-e- c'est rextériorisalioii de l'idée. Le cerveau ayantreçAi par l'es nerfs acousliques l'idée d'ane démangeaison sur le front, crée la sensation et l'envoie pour ainsi dire aux nerfs sensi'tifs de la peau frontale. Si au point de vue de la sug- ..•estion, fait psychique, on peut dire :^Nihil est in intellcctu Inod non priais fuerit in sensu », au point de vue de l'acte réalisé par la suggestion, on peut dire : « Nihil est in sensu quod non prius fuerit in intellectu. ■>

Le médecin peut utiliser la susgestion dans un but thérapeutique. Etant donné que l'idée tend à devenir acte, que le cerveau actionné par l'idée actionne à son tour les nerfs ,[ui doivent réaliser cette idée, étant démontré que l'idée peut ainsi devenir sensation, mouvement, image, il est naturel d'appliquer cette puissance psycho-physiologique de l'organisme à créer des actes utiles à la guérison. Un uialade a de l'anesthésie des membres ; on introduit dans son cerveau l'idée que les membres sont sensibles et le cerveau tend à réaliser l'acte (s'il est possible), c'est-à-dire à restaurer la sensibilité. Le malade a de la paralysie : le cerveau, convaincu que la motilité revient, envoie un influx moteur considérable aux nerfs moteurs inertes. Le malade a de la constipation : le cerveau agit sur les nerfs intestinaux et augmente le péristalisme intestinal; il agit sur les nerfs sécréteurs et vasomoteurs de la muqueuse intestinale qui font pleuvoir dans l'intestin les liquides destinés à faciliter l'évacuation. Un malade a une douleur; le cerveau frappé par l'idée que la douleur s'apaise, produit une modalité particulière des cellules sensitives corticales telle que ces cellules ne perçoivent plus la douleur. Le cerveau, en un mot fait de l'inhibition et de la dynamogénie, comme ditBrown-Séquard, sur les diverses fonctions, il les exalte, il les atténue, conformément à l'idée suggérée dans un but curateur.

Tous les organes, toutes les fouctions sont commandés

par les centres nerveux. Chaque point do l'organisme a pour ainsi dire son aboutissant dans une cellule cérébrale qyii est son primummovens. Chaque mouvement est réalisé par un centre moteur cortical; chaque sensation tactile, musculaire, viscérale sensorielle est perçue par une cellule sensorielle corticale. Les sécrétions, les excrétions, la nutrition, la respiration, la circulation sont sous la domination directe du centre encéphalique. Le cerveau en tant qu'organe psychique intervient partout. Les troubles psychiques retentissent sur les fonctions digestives ; les préoccupations, les émotions morales, les frayeurs, colère, chagrin, joie agissent à chaque instant sur les actes de la digestion : l'appétit est exalté, diminué, perverti; l'estomac digère mal, se contracte douloureusement (crampes), sécrète mal (altérations du suc gastrique, gastrorrhée) ; le pneumogastrique excité par une lésion organique du cerveau, ou par une perturbation dynamique émotive, engendre le vomissement. Les émotions font de la diarrhée, de la constipation, des vomissements, du ballonnement; — elles agissent sur le mécanisme de la sécrétion biliaire, font de la polychotie, de l'ictère. La nutrition actionnée par les nerfs trophiques, vasomoteurs, sécréteurs, par les nerfs des organes bématopoiétiques, est subordonnée à l'état psychique. Une tristesse prolongée réagit sur les fonctions nutritives; les processus d'assimilation sont pervertis, les aliments ingérés ne profitent pas; les globules sanguins subissent des altérations diverses ou ne se renouvellent pas; la chlorose, l'anémie, le marasme, la glycosurie, le purpura, etc., succèdent aux émotions morales. La calorification est en rapport avec l'intégrité fonctionnelle et organique du cerveau. On a décrit dans ces derniers temps des centres thermiques corticaux. Eulenberg et Landois ont trouvé dans l'écorce cérébrale une région dont l'excitation produit un refroidissement des membres côté opposé, dont la destruction est suivie d'une augmen-

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