‹ Hypnotisme, suggestion, psychothérapie (volume 2)Chapitre 2 sur 160 · PREMIÈRE LEÇON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LEÇON

Vpercu historique sur la suggestion appliquée à l'art de guérir. — De la médecine sacerdotale des anciens, chez les Egyptiens et les Hébreux. Prières, sacrifices, conjurations, lormulcs magiques. — Médecine des Grecs. Tables et hymnes orpliiques. Chants et prières d'Esculape. De la médecine dans les" temples grecs. Suggestion faite par les prêtres. — Sectes philosophiques. Ecoles des Asclépiades.Temples de Cos et de Cnide. Famille d'Hippocrate. Naissance de la médecine scientiflque. — Théosophie orientale. Son alliance avec le dogme religieux des Juifs, avec la philosophie d'Alexandrie, avec le paganisme des Grecs et des Romains. Magiciens. Amalgame des doctrines dégénérées de Pythagore et de Platon avec la théosophie orientale. — Alliance des idées païennes avec le christianisme naissant : onctions, saintes huiles, prières, reliques, exorcisme, foi, talismans. — Supei'stition des empereurs romains de la décadence. Théurgie et magie. Proscription de la magie par Dioclétien. — Théosophie des magiciens remplacée par le fanatisme des moines. Guérison par les reliques, les tombeaux des saints, les évèques. — Ecoles du couvent de Monte-Cassino et des Bénédictins à Salerne : médecine sacerdotale; à partir du ix° siècle, association rie la médecine naturelle au surnaturel. — Superstition pendant les croisades. Pouvoir cui'ateur des rois de France et d'Angleterre au xi° siècle.

— Continuation desguérisons miraculeuses aux xni°, xiv° siècles jusqu'au nôtre. — Superstition pendant le siècle de la Renaissance des sciences. Apogée du culte du diable. Procès de sorcellerie dans le xv° elle xvi" siècle. Croyanceaux sorciers jusqu'au xviu° siècle. — Thérapeutique de Paracelse au xvi" siècle. Arcanes et signalutes cabalistiques. Fluide magnétique des astres. Magnétisme animal. Talismans. Onguents sympathiques. — Secte des Rose-Croix au xvn" siècle. Des cures magnétiques. Polémique entre Goclénius et le père Roberti. — Van Hehnont. Guérisons par transplantation. — Robert Fludd. — Magnétisme animal de Guillaume Maxwel. — Cures suggestives de l'Irlandais Greatrake. — Cures miraculeuses en France au sva" et au xvni° siècle. — Exorcisme suggestif du prêtre souabe Gassner en 1774.

— Guérison par les aimants. Le père Kircher; le père Uell, l'abbé Lenobleen 1771. Rapport favorable de la Société royale de médecine. -Mesmer. Magnétisme céleste. Fluide universel. Baquets magnétiques.

HYPN0TIS.ME.

2 HYPNOTISME, SUGGESTION, PSYCIlOTllÉllAinE

— Découverte du somimmbulisine. — Suggestion par l'abbé Faria. -r- Hypnolisnie de Braid. — Suggesliou tliérapeutique du Liébeauli. — Tiioiriplie contemporain de la doctrine scientifique de la sujjgestion et lin de la médecine superstitieuse.

La suggestion appliquée à l'art de guérir reinojite à l'enlance (le riiumanité. L'homme qui soutirait attribuait ses souffrances à la colère des dieux et cherchait à les apaiser par des sacrifices. Les prêtres devinrent les intermédiaires naturels entre les dieux et l'homme ; grâce à la crédulité inhérente à l'esprit humain, aux pratiques suggestives par lesquelles ils frappaient l'imagination des peuples, ils s'arrogeaient le pouvoir de solliciter l'intervention divine pour guérir les maladies. La médecine des anciens était sacerdotale. En Egypte, les prêtres furent les seuls médecins ; à eux seuls les dieux révélaient ce secret; les formules magiques, l'influence des génies, des paroles allégoriques contribuaient à lactiou des médicaments.

Chez les Hébreux, l'exercice de la médecine était entre les uiains des lévites qui guérissaient les maladies en purifiant le corps et faisant des sacrifices expiatoires. Plus tard le don de guérir appartint aux prophètes. La colère de Jéhovah appela sur son peuple les tnaladies épidémiques ; les holocaustes et les offrandes désarment la colère divine. La harpe mélodieuse de David calme la mélancolie du roi Saûl. « Au roi Salomon, Dieu avait accordé, dit Josèphe, le don d'apaiser sa colère par les prières et de chasser les esprits impurs du corps des malades par des conjurations. Cette méthode est encore celle que l'on suit de nos jours, s Cet historien vit entre autres un Juif nommé Eléazar, dans l'armée de Vespasien, qui guérissait les démoniaques en mettant dans leurs narines un anneau dans lequel était une racine indiquée par Salomon (le sceau-de-Salomon, Convallaria polygonatum) et il conjurait le diable par des formules magiques de ce roi pour l'expulser et l'empêcher de revenir.

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