Idem. Les douleurs ont disparu. — Pas de suggestion
8. — A été bien toute la journée et la nuit. — Ce matin nous la trouvons en sommeil hystérique avec contracture des quatre membres, et tympanite.
La malade est réveillée par suggestion en trois minutes ; la contracture est enlevée. A son réveil elle ne se souvient de rien. Je la i-endors. Pendant son sommeil elle dit que la crise durait depuis trois quarts d'heure et serait survenue à la suite d'une douleur au niveau du cœur qui aurait duré dix minutes.
15 mars. — La malade qui a été bien depuis le S, n'ayant plus accusé que peu de douleurs, et chez laquelle nous avions suspendu la suggestion, est de nouveau ce matin en sommeil profond avec contracture des quatre membres, précédée de douleurs épigastriques. Elle est réveillée rapidement et décontraclurée par suggestion ; va très bien et ne se souvient de rien au réveil.
16. — A eu des douleurs épigastriques depuis hier à 2 heures. — Insomnie.
17. — Les douleurs disparues par suggestion ont reparu le soir.
Continuation de la suggestion, jusque vers la fin de mars. Les douleurs sont chaque fois enlevées, pour reparaître dans la journée et le soir.
n n'y a plus de crises de contracture hystérique. A partir, des premiers jours d'avril, j'affecte de passer devant la malade sans m'occuper d'elle, affirmant qu'elle va bien. Les douleurs épigastriques semblent disparaître ; l'état général est bon. Elle mange bien; la digestion est assez bonne. Le 14 avril, elle quitte l'hôpital n'accusant plus de douleurs, sans que je puisse affirmer la guén- ..soQ définitive.
La suggestion a enlevé les douleurs, mais n'a pu en prévenir le retour. Tandis que chez certaines hystériques, on
OIJSEIIVATTON D'IIYSTKKIE
arrive en très peu de jours à l'inhibition complète, chez d'autres, les manifestations reparaissent; la suggestion n'a qu'une action passagère. L'auto-suggestion reprend ses droits ; les sujets finissent par s'habituer à la suggestion, réalisent sur le moment ce qu'on demande, mais ne peuvent admettre ou ne veulent pasconcevoirquelessymptômessupprimésuedoivent pas reparaître. Il est bon alors de supprimer la suggestion directe. L'attention même qu'on porte au malade, l'énergie avec laquelle on interroge et combat ses troubles concentre sur eux l'activité psychique du sujet qui ne peut que les réveiller. Ne plus y faire attention, ne plus interroger le malade, passer devant son lit en affirmant qu'il va bien, traiter comme insignifiant ce qu'il éprouve, c'est encore une façon de faire de la suggestion et qui peut réussir. Il en est de cela comme des zones hystérogènes douloureuses; les explorer, c'est les entretenir. Souvent quand on cesse de les rechercher et qu'on se comporte comme si elles n'existaient plus, elles disparaissent après un temps plus ou moins long.
Observation XXX. - Sccovsscs hystériques datant de quinze jours cjuenes en deux séances de suggestion hypnotique. X... âgée de dix-neuf ans, vint me consulter pour des secousses nerveuses datant 3 mai. Elle étaitbien portante habituellement Dans son enfance de trois à sept ans, dit sa mère, elle avait fréquemment de la diarrhée ; mais depuis elle n'a pas eu de malad e m d accidents nerveux. Sa sœur avait des crises de sommeil hy enque; elle mourut le 4 mai, aprèshuit jours d'une malad Ze le médecin dit avoir été une méningite "laïaaie, que
Elle-même ressentit le même jour un malaise intérieur une nro fonde dépression morale, et le soir de l'enterrement pIIp ! »^? secousses dans les bras et les jambes qui on S d ^uTs En même temp, inappétence, tristesse, sommeil ifflcile^Tu^ des
accuse de plus une douLr conru^rn^ tl^x
HYPNOTISME, SUGGESTION, l'SYCllOTllÉllAI'IE
Elle a en oulre assez souvent des mouvemenls des paupières qui se ferment et s'ouvrent alternativement et rapidement, et des plissements du front fréquents, comme dans la chorée.
Je ne constate aucun trouble sensilif ; la sensibilité est intacte ; il n'y a pas d'ovarialgie, ni de strangulation, les règles sont normales. L'intelligence est parfaite.
Le 20 mai, j'endors la malade avec la plus grande facilité, dès la première fois en sommeil profond avec amnésie au réveil. Je suggère la disparition des secouses et de la douleur des poignets; le sommeil la nuit, l'appétit, la gaîté.
Pendant le sommeil les secousses continuent d'abord, puis s'éloignent progressivement. Au réveil elle va bien et n'a presque plus de secousses.
llevenuele 22, la malade dit être presque guérie; de temps en temps une légère secousse, mais rare : plus de douleurs dans le poignet. Sommeil et appétit bons. Deuxième suggestion.
La malade revient le 29, elle est parfaitement guérie et n'a plus aucune tendance aux secousses. Elle a repris son état moral habituel. Je lui fais encore une suggestion et je la renvoie radicalement guérie.
La guérison s'est maintenue.
Observation XXXL — Neurasthénie depuis cinq ajis. — Tic nerveux facial. — Guérison par suggestion hypnotique en sept séances.
M"° X..., professeur de musique, originaire de la Hongrie, vient me consulter le 2 août 1890, pour un tic nerveux de la face. C'est une jeune fdle âgée de vingt-trois ans, orpheline, très instruite et intelligente, très impressionnable, hypnotisable en sommeil profond. Voici son observation rédigée par elle-même.
« Il y a cinq ans maintenant que j'ai passé en Suisse mes examens d'institutrice, dans une langue qui m'était étrangère, après un travail de quelques mois seulement. A la suite de ce surmenage intellectuel je fus affectée de fièvre typhoïde cérébrale qui dura deux mois. Quand elle fut guérie, il me resta une migraine revenant chaque semaine, une fatigue continuelle dans la tête, et bientôt se manifesta ce qu'on a appelé un tic nerveux dans les muscles du front et de la tête; ce tic était d'abord peu marque et seulement à de rares intervalles. Le médecin me conseilla avec insistance de m'abstenir de tout travail intellectuel. Cependant je ne tins pas compte de cet avis, et à peine guérie de ma hevre, je cédai au puissant désir que j'avais de perfectionner mon éducation