‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 110 sur 271 · RUE. PONS · texte numérisé non relu

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208 IIYPNOTISME, SUGGESTION, PSYCHOTHÉRAPIE

sement sur les fibres nerveuses lointaines ! Les vomissements incoercibles de la grossesse, la névropathie consécutive aux déplacements utérins, l’hystérie traumatique, le nervosisme arthritique, l’hystérie saturnine, le vertige stomacal, les convulsions dues aux vers intestinaux, la chorée vermineuse, l’épilepsie par frayeur, les paralysies sympathiques, les palpitations nerveuses du cœur engendrées par la dyspepsie, la migraine liée à la menstruation, les mille et une douleurs, sensations, manifestations diverses qui gravitent autour des lésions, déroutent le diagnostic, déconcertent la thérapeutique, tout cela ne montre-t-il pas que le dynamisme nerveux, venant s'ajouter à la lésion primordiale, joue dans la séméiologie un rôle immense et ouvre à la suggestion un champ d’intervention plus vaste que ne semble le comporter l’organe lésé? Voici, par exemple, une légère rétroversion utérine qui ne gêne en rien les fonctions vésicale et rectale, mais qui suscite par le mécanisme des actions réflexes toute une pathologie, névralgies, suffocation, battements de cœur, vomissements, dypepsie, vertiges, hypocondrie, convulsions. La lésion

n’est rien ; la réaction fonctionnelle est tout. Qu'importe que.

je ne puisse remédier à la lésion, si la suggestion peut faire appel à l’organe psychique pour faire acte d’inhibition sur toutes ces manifestations symptomatiques secondaires, si elle peut mettre un frein à toutes ces transmissions nerveuses |

Contre la maladie organique elle-même la suggestion ne peut-elle rien ? On sait que le système nerveux agit sur la nutrition des organes par l'intermédiaire des nerfs trophiques et vasomoteurs. On sait, d’autre part, que la suggestion peut réaliser des modifications organiques; nous avons vu de la rougeur, des vésications, de la diarrhée, des hémorragies se produire par la suggestion ; la stigmatisation est un phénomène d’auto-suggestion. J’ai vu un

eczéma chronique rebelle, entretenu peut-être par un état

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nerveux, guérir par suggestion hypnotique. Sans doute, il ; ne faut pas exagérer ; le rôle direct de la psychothérapie À contre les lésions organiques est restreint. On ne peut ni É

résoudre une inflammation, ni arrêter l’évolution d’une tumeur ou d’un processus de sclérose. La suggestion ne | tue pas les microbes, elle ne crétifie pas les tubercules, elle 70 ne cicatrise pas l’ulcère rond de l’estomac. « Vous endormez les tuberculeux, me disait au congrès de l’hypnotisme Ke M. Gilles de la Tourette. Je prends acte de ce nouveau trai- Fa tement de la tuberculose.» « J’endors quelquefois les tuber- | culeux, ai-je répondu, non pas pour suggérer au tubercule de disparaître; mais pour suggérer au malade de dormir la nuit, quand il a de l’insomnie; je restaure son appétit, je calme sa toux, je dissipe son angoisse, je supprime ses points de côté ; et, cela faisant, je crois lui faire du bien; je le soulage, si je ne le guéris pas ; quelquefois même, modi- s fiant le terrain, j’accrois sa force de résistance contre le microbe envahissenr et ainsi je ralentis, si je n’arrête pas, l’évolution morbide. » Et les médicaments font-ils plus”? L En connaissons-nous beaucoup de médicaments qui tuent le bacille et arrêtent le mal? Combien existe-t-il de médications spécifiques ? Que faisons-nous dans la plupart des 4 maladies ? Est-ce à l’entité morbide que nous nous adres- | sons ? Nous faisons modestement la médecine des éléments, , comme disait mon maitre Forget, c’est-à-dire de la méde- . cine symptomatique; nous donnons de l’opium pour calmer la toux, la douleur et l’insomnie, des antithermi- ‘ques contre la fièvre, des astringents contre la diarrhée, des toniques contre l’hyposthénie, La maladie elle-même nous échappe; nous l’attaquons dans ses éléments fonc-

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tionnels, quand nous le pouvons. Sans doute, la suggestion 3 ne saurait à elle seule remplir toutes les indications ; elle ne :

saurait remplacer à elle seule l'arsenal thérapeutique ; elle à réussit quelquefois, quand les médicaments ne réussissent ee

pas ; souvent mieux qu'eux, elle relève l’appétit, enlève les

douleurs, restaure l’appétit et le sommeil, tonifie le système nerveux déprimé. Mais les médicaments font aussi ce que ne fait pas la suggestion; celle-ci ne peut abattre la fièvre, elle ne calme pas toujours la sueur, elle ne favorise pas toujours l’expectoration; elle ne remplace pas l’antifébrine, l’atropine, le kermès; pas plus que ces agents ne peuvent la remplacer. Chaque arme fait ce qu’elle peut ; c’est au médecin à savoir l'utiliser, là où elle a chance d’être efficace. fl |

Si la suggestion n’a pas une action directe sur la lésion organique, elle peut cependant la modifier souvent indirectement en modifiant la fonction; car la fonction fait l'organe, et l’altération de la fonction fait l’altération de l’organe. Des palpitations nerveuses du cœur peuvent arñener son hypertrophie; des vomissements nerveux fatiguent l’estomac et altèrent la nutrition des tissus ; une contracure prolongée produit une rétraction et des déformations ; l’immobilisation prolongée d’une articulation produit de Parthrite et de l’ankylose. Voici une femme forte et vigoureuse qui travaille à la cuisine de lhôpital; il y a vingt mois, vous l’auriez vue dans nos salles, marchant aux crosses depuis trois ans, le genou droit gonflé, douloureux, et immobilisé par une arthrite rhumatismale chronique traitée en vain par des révulsifs divers. On l'avait crue incurable. La suggestion hypnotique en sommeil profond l’a guérie en quelques semaines : son genou n’est plus ni gonflé ni sensible; il n’y a plus la moindre claudication. Sans doute nous n’avons pas suggéré au gonflement périarticulaire de se résoudre, aux capsules cartilagineuses de se reconstituer à l’état normal, au tissu fibreux de reprendre sa souplesse, aux capillaires sanguins de se dégorger. Nous avons suggéré à la malade de ne plus ressentir de douleur et de mouvoir l'articulation dans tous les sens. La douleur étant supprimée, les mouvements articulaires paralysés par elle se sont restaurés progressivement; les ligaments

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