ROLE DE L'ÉLÉMENT PSYCHIQUE
Un traitement suggestif psychique dès le début eût sans doute prévenu ce résultat, Après deux ans de durée, vous avez vu la suggestion en quelques jours enlever à peu près les sensations douloureuses épigastriques et rendre la digestion facile. L'évolution tuberculeuse est enrayée, et le malade a essayé de reprendre son travail, notablement amélioré sinon guéri.
Dans les observations que nous relatons, on verra Combien l'élément nerveux, lélément psychique, joue un rôle important dans la genèse et l’évolution des maladies diverses et combien Ia méconnaissance de ce fait expose le médecin à des erreurs thérapeutiques.
Après avoir, par les considérations qui précèdent, montré comment la suggestion peut être utile non seulement dans les maladies sine materid, mais encore dans les maladies organiques diverses, nous allons jeter un coup d’æil rapide sur lecadre nosologique et, faisant appel à notre expérience, dire quelles sont, parmi les affections, celles qui sont plus particulièrement justiciables de la psychothérapeutique.
Et d’abord les névroses. L’hystérie convulsive est Le plus souvent suggestible dans la plupart de ses manifestations. La grande crise, la boule, la strangulation, les douleurs, l’anesthésie, les paralysies, les contractures, l’aphonie, Pamblyopie, les vomissements, toutes ces manifestations diverses cèdent souvent à la suggestion hypnotique. En général, si l’hystérie est récente, si elle est acquise à la suite d’une émotion morale, une seule ou un
petit nombre de séances suflisent pour obtenir une guérison définitive. D’autresfois, si l’hystérie estancienne, profondément enracinée dans les habitudes nerveuses, surtout si elle est héréditaire, la guérison est plus longue à obtenir. Il faut plusieurs semaines, plusieurs mois de traitement; lauto-suggestion éveillée par des impressions diverses, par des associations fortuites d'idées ou de sensations, tend à régénérer sans cesse les désordres fonctionnels; les
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- par la peur du fer rouge déjà du temps de Boerhaayve, o à
que l’hypnotisme développe l’hystérie; c’est une erreur."
rechutes sont fréquentes. En poursuivant avec opiniâtreté, avec patience, sans brusquerie, la lutte, on arrive en général à modifier cette modalité pathologique, à dissipe : toutes ou presque toutes les manifestations. : La suggestion doit être adaptée à chaque individualité L’injonction vigoureuse, faite d’un ton de commandement," même avec menace, convient à quelques natures rebelles" et rudes. On sait l’histoire des attaques d’hystérie réprimées
des épidémies de convulsionnaires arrêtées par la peu i salutaire des gendarmes. J’ai mis fin à des vomissements hystériques par la menace du cathétérisme.stomacal ; j'ais réussi parfois, avec ou sans hypnose, par une admones-« tation énergique, avec intimidation, alors que l’affirmation calme ne suffisait pas. Ce n’est pas la parole de l’opérateurm qui fait la guérison ; c’est l'influence produite sur le cer veau de l’opéré. Si la parole ne suffit pas à impressionner, c’est-à-dire à modifier l’état psychique inconscient qui entretient le phénomène, contracture, convulsion ou autre, quelquefois l'émotion réussit à réaliser cette impression M elle engourdit l’ètre psychique qui résiste et laisse l’auto matisme cérébral résoudre la contracture.
La brusquerie ne convient pas à la plupart des hystéri=« ques; l'insinuation douce réussit d'ordinaire mieux. Las peur, l’intimidation, les émotions fortes peuvent agir -COmme Contre-sugsestions, et susciter des crises ou autres. manifestations nerveuses. Les sujets très impressionnables, quand on les hypnotise pour la première fois, peuvent avoir un accès; cet accès peut se répéter à chaque tentativem -d’hypnotisation. On a conclu de quelques faits de ce genre
L’inexpérience seule de l’opérateur doit être accusée. CE n’est pas l’hypnotisme, en tant qu'hypnotisme, qui a fait Vattaque; c’est l'émotion du sujet. Il m'est arrivé chez cer-« taines hystériques dé ne pouvoir réprimer cette émotion