SUGGESTION DANS L'HÉMIPLÉGIE
lésion. Dans ce dernier cas, au contraire, s’il y a par exemple sclérose pyramidale descendante, la suggestion ne peut rien ; elle peut tout au plus diminuer la contracture, momentanément ou dans une certaine mesure, mais son action est très limitée. J’ai actuellement en traitement une jeune fille de vingt-deux ans qui depuis l’âge de seize ans a une hémiplégie incomplète gauche avec quelques symptômes hystériques ; elle a eu quelques crises, de l’anesthésie, une douleur abdominale ; quelquefois sa main est complètement fermée en contracture et ne peut s'ouvrir; ceci arrive surtout à la suite des émotions. Après quelques jours, elle se rouvre spontanément, mais reste toujours incomplètement ouverte ; l'extension complète des doigts est impossible. Les nombreux médecins qui ont vu la malade se sont laissés tromper par les manifestations hystériques au point de tout attribuer à l’hystérie. Or, j'ai constaté que son hémiplégie est en réalité organique : il y a exagération des réflexes tendineux du genou et du pied’; il y a cette raideur caractéristique du membre supérieur toujours en demi-flexion et offrant une résistance tant à la flexion qu’à l’extension ; il y a la contracture hémiplégique du côté gauche de la face primitivement paralysée, qu’on n’observe jamais dans la paralysie hystérique. La suggestion hypnotique a restauré la sensibilité, a enlevé la douleur abdominale, a supprimé les crises d’hystérie, elle résout la contracture intercurrente qui ferme la main complètement comme cela arrive parfois à la suite d’une contrariété ; elle supprime tout ce qui est dynamique, mais elle laisse subsister l'attitude hémiplégique du membre, son augmentation de tonicité musculaire et l’exagération des réflexes tendineux ; elle rétablit la maladie dans les limites que lui assigne la lésion cérébrale. La suggestion devient ainsi une méthode de diagnostic.
Les vertiges, la titubation, la céphalalgie liés aux affections intra-Craniennes, la maladie de Ménière peuvent,
suivant le siège de l'affection, êtres supprimés radicalement ou bien seulement atténués. J'ai eu longtemps dans mon service un homme affecté d’otite moyenne et interne avec vertige auditif, titubation, céphalalgie occipitale et symptômes hypocondriaques, réalisant le type classique de la maladie de Ménière. Il était hypnotisable en sommeil profond : la suggestion en une à trois séances enlevait tous ces symptômes, ne laissant subsister, en les atténuant, que les bruits subjectifs dans les oreilles, et alors cet homme restait soulagé et pouvait travailler à l'hôpital ; cela durait une quinzaine de jours ; les symptômes reparaissaient alors et étaient de nouveau supprimés par la suggestion. La maladie n’était pas guérie ; mais pendant un an que cet homme est resté à l'hôpital, nous lui avons fait une existence convenable, en l’affranchissant de ses tortures. N'est-ce rien ?
Des résultats analogues s’obtiennent dans les affections de la moelle. Il y a des myélites curables qui peuvent être amendées par la suggestion rapidement ; vous avez vu à la clinique un enfant qui, à la suited’une pneumonie datant de quinze jours, était devenu paraplégique avec exagération des réflexes tendineux. Il pouvait remuer les jambes dans son lit, mais ne pouvait se tenir debout seul, ni avancer les membres quand on le soutenait. Après une seule séance de suggestion, il pouvait un peu se tenir debout et faire quelques pas, étant légèrement soutenu. En quatre jours, il était presque guéri. Sans doute le malade eut guéri spontanément; je ne sais s’il eut guéri aussi promptement.
La plupart des myélites malheureusement sont incurables ; quand la lésion est trop avancée ou a envahi une trop grande étendue, la suggestion n’y peut rien. Quand elle est moins avancée, la suggestion produit parfois des résultats remarquables ; nous avons fait marcher à peu près convenablement des ataxiques qui ne pouvaient plus se tenir debout. Nous avons enlevé des douleurs fulgu-