‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 128 sur 271 · La malade a pris 30 grammes de sulfate de soude ce ma · texte numérisé non relu

La malade a pris 30 grammes de sulfate de soude ce ma

tin. On lui a tiré son lait, Elle n’a pas eu d’étourdissements du tout depuis la suggestion d'hier.

4 mai. — À eu une dizaine de selles à la suite de sa purgation. Les seins sont dégorgés et ne sont plus sensibles. N'a plus ni vertiges ni douleurs aucunes. Lasensibilité est partout normale. L’appétit est excellent; la digestion parfaite. La malade se sent tout à fait bien et demande sa sortie.

Il s’agit d’une femme, quisans maladie nerveuse jusquelà, mais d’une impressionnabilité spéciale, a reçu une contusion à l’épigastre. Les douleurs lancinantes consécutives, les vomissements bileux, :les selles diarrhéïques et sanguinolentes pouvaient faire craindre quelque lésion interne. D'autre part la nature de ces douleurs survenant par accès réguliers durant une heure, séparés par des intervalles d’une demi-heure, n’affectant pas la forme de coliques, non exaspérées par l’ingestion des aliments, la digestion restant normale, l’existence des vertiges, me donnèrent

l'impression d’une simple névrose. Une congestion vaso-

motrice gastro-intestinale due au choc, directement ou par action réflexe pouvait expliquer la diarrhée et les selles sanguinolentes, sans rendre compte de la douleur. La palpation de l'abdomen souple et indolore, l’absence d’ecchymose confirmèrent cette opinion. Je créai instantanément et consciemment un point douloureux xiphoïdien et rachidien que j'aurais pu créer par suggestion inconsciente et interpréter comme dénotant un ulcère de l’estomac. Je produisis de même une hémianesthésie sensitivo-sensorielle des plus nettes que j'aurais pu créer aussi inconsciemment de la façon la plus simple, la plus ingénue du monde. Je

ne veux pas dire, entendez-le bien, que toute hémianesthé- …

sie accompagnant une névrose traumatique soit suggerée Non! cette hémianesthésie peut être spontanée : mais je

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tiens à mettre les cliniciens en garde contre la facilité avec: laquelle on s’expose à suggérer certains symptômes qu’on s'attend à trouver.

La simple connaissance de ce fait servira à guider les.

recherches diagnostiques et à éviter l’erreur. La disparition instantanée des douleurs et de l’hémianestésie, la guérison

complète en quelques séances, confirmèérent le diagnos-

tic. Que serait-il advenu, ou qu’aurait-il pu advenir si, méconnaissant la nature réelle du mal ou la puissance de-

la suggestion, on avait institué un traitement actif, régime

lacté, révulsifs, antipasmodiques, ou autres, propres à suggé-

rer à l’impressionnabilité de la malade qu’il s’agissait d’une:

affection grave et de longue durée”? Rien n’eùt été plus facile

que de maintenir la douleur, les vertiges, le point xiphoï-.

dien, l’'hémianesthésie et de créer ainsi artificiellement, inconsciemment une névrose opiniâtre et de longue portée,

qui, incarnée dans le système nerveux, aurait pu devenir:

plus rebelle à la suggestion. On verra dans d’autres obseryations que ce fait peut se réaliser.

OBSERVATION I. — Névrose traumatique douloureuse thoracique et hypocondriaque. Guérison par suggestion.

L... (Pierre), cinquante-six ans, journalier, entré le 12 juin 1890-

à l'hôpital pour une douleur abdominale d’origine traumatique. Il y à quinze jours, 1l fit un effort en portant une charge et res-

sentit immédiatement une vive douleur au rebord costal axillaire-

droit, qui l’obligea à arrêter son travail pendant une heure. Il put cependant le reprendre jusqu'il y a huit jours, époque à laquelle: il dut s’arrêter définitivement. Le lendemain de l'effort, il vint à la consultation ; on lui fit mettre un vésicatoire. La douleur parut se propager vers l’ombilic. Elle revient régulièrement tous les jours vers dix heures du matin et dure toute la journée, s’irradiant du rebord costal droit à l’appendice xyphoïde, avec des alternatives de rémission et d’exacerbation ; le malade accuse en outre une sensation de brûlure qui coupe la respiration et remonte même jusqu'à la gorge ; cette sensation accompagnerait les exacerbations. de la douleur costo-xiphoïdienne.

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