HYSTÉRO-TRAUMATISME
tances, insolation, émotion morale pouvant être invoquées comme causes productrices des accès.
OBSERVATION XV. — Crises convulsives consécutives à une pression dans la foule. — Guérison par Suggestion.
L... (Gustave), vingt et un ans, cordonnier. Entre à l'hôpital le 17 juillet, sort le 20 juillet 14886. Habituellement bien portant ; pas de maladie antérieure. — Le 14 juillet, après avoir été exposé au soleil, il fut serré dans la foule, à la revue, et ressentit des frissons avec tremblement et claquements de dents. Rentré chez lui, il eut. des étourdissements avec sensation de malaise jusqu’au soir ; mais pourtant il déjeuna comme d'habitude. Le soir, il alla voir le feu d'artifice ; en revenant il fut pris de vertiges et de battements de cœur qui durèrent deux heures. Puis il tomba à la renverse avec convulsions dans les mains et les jambes, trismus et écume à la bouche. Les battements de cœur furent suivis de sensation de strangulation. Il se débattait, était contracturéet ne pouvait crier. On le coucha à une heure du matin. — La chute avait été précédée de douleurs lancinantes s’irradiant jusque vers le rebord costal axillaire : ces douleurs durèrent jusqu’à trois heures du matin, puis le malade s’endormit. Le lendemain il ressentait encore des élancements douloureux, avec battements de cœur, céphalalgie frontale et occipitale gravative très forte. Bourdonnements d'oreilles à gauche. N’a rien mangé; n’a pas dormi, pas de selles. Il avait encore des vertiges, et dut plusieurs fois s’approcher du mur pour ne pas tomber. — La nuit du 16 au 17 fut bonne. Depuis les symptômes vont s’améliorant.
Auparavant L... était sujet aux crispations de nerfs, irritable ;
quand il ne pouvait passer sa colère, il avait une sensation de strangulation. Il y a deux ans, à la suite d’une colère, il tomba. — Sujet aux migraines (une fois par semaine, céphalalgie frontale). Pas d’excès habituels. Parmi ses antécédents de famille nous relevons que sa mère aurait des crises de nerfs. — Il a eu un frère qui est mort, à quatre ans, d’une méningite.
Etat au 19 juillet; constitution délicate. Tempérament lymphatico-nerveux. Apyrexie. — Pouls : 89, régulier, égal. Rien d’anormal au cœur. Langue un peu blanche. Pas d’appétit, pas de selles depuis trois jours. Habituellement digestion bonne. — Respiration nette.
On constate une hyperesthésie douloureuse à la pression dans les cinquième, sixième, septième espaces intercostaux gauches, et
à la région hypocondriaque gauche. — La sensibilité à la piqûre est moins marquée à gauche qu’à droite. — Pied bot varus congénital à droite. |
Le malade a encore par moments des vertiges.
Hypnotisé, pour la première fois, par simple occlusion des yeux, il entre en somnambulisme (catalepsie, contracture, transfert suggestif), Au réveil, après suggestion, il n’a plus de douleurs a la pression, et la sensibilité est égale des deux côtés.
Le 20, le malade a bien dormi, n’accuse plus de vertiges, ni de douleurs. L’appétit est revenu. 11 demande sa sortie.
Dans cette observation, le diagnostic hystéro-traumatisme est douteux; il y a eu pression dans la foule, sans contusion, et émotion produite par cette pression; il y a eu de plus exposition au soleil. Ces divers facteurs ont pu agir sur une personne impressionnable, sujette à la strangulation et aux crispations nerveuses sous l'influence des émotions morales.
OBSERVATION XVI. — Crises convulsives hystériques avec anesthésie sensitivo-sensorielle, suite de coups.— Guérison rapide par suggestion.
M... (Victorine), dix-huit ans, repasseuse, est entrée à l'hôpital « dans la nuit du 6 au juillet 1889. Vers huit heures du soir, elle # avait été battue sur l'escalier de sa maison par une femme habitant la même maison, sans cause connue, cette femme étant, suppose-t-elle, ivre. Elle fut prise immédiatement de convulsions hystériques qui se répétèrent coup sur coup, avec strangulation, cris, grands mouvements. On ne put les arrêter et on l’amena à l’hôpital vers minuit. Elle n’a jamais eu de maladie antérieure. Elle est habituellement bien réglée. C’est une fille forte, grosse, bien constituée, d'une intelligence faible, d’un tempérament nerveux, très irritable.Je constate le 20 juin : de l’anesthésie, avec analgésie générale; absence; de sens musculaire. La pression de la région abdominale seule détermine de la douleur partout. L’odorat est aboli ; la vision est conservée, maisil y a dyschromatopsie ; le rouge est vu jaune; le violet, foncé gris; le bleu, jaune; le blanc, bleu. De temps en temps la malade a un certain degré de contracture dans les membres. Depuis une heure du matin, elle n’a pas eu decrise; elle n’accuse ni strangulation, ni douleur, toutes les fonctionsres-