La malade est très tenace dans ses impressions. Cepen
dant elle n’a plus eu de crampes ; elle a un peu marché avec sa canne. Elle a encore des douleurs, mais moins fortes au creux épigastrique et dans le dos. En touchant le ventre, aussitôt qu’on
arrive sur le point xiphoidien, elle accuse des élancements ; de:
même au point symétrique du rachis. Si on presse un peu fort, elle a une secousse convulsive douloureuse. Elle éprouve sponta-
nément une douleur un quart d'heure après chaque repas. Sug-
gestion.
27. — La journée à été bonne; mais la nuit elle ‘a été réveillée souvent par des douleurs insupportables vers le rachis et le sternum. Suggestion.
28. — La journée a été bonne; la digestion a êté pénible; depuis. six semaines il en serait ainsi ; cependant elle n’a pas eu de douleurs en mangeant. La nuit elle a dormi assez mal; douleur dans la jambe sans crampes. (Teinture éthérée de valériane dix gouttes. dans de l’eau de mélisse 400 grammes à prendre le soir; potion suggestive qui produira le sommeil toute la nuit). — Suggestion : la malade arrive au sommeil profond sans souvenir au réveil; je la laisse dormir spontanément une heüre.
29, — La malade s’est levée hier; elle a marché une demi-heure. en s'appuyant ; n’a eu que quelques douleurs fugitives ; n’a plus eu d’élancements douloureux dans l'estomac. Elle a pris sa potion sans résultat et n’a dormi que deux à trois heures. Quand onremue le pied, elle accuse une douleur dans toute la jambe; le troisième
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métatarsien est aujourd’hui particulièrement sensible. — Suggestion vigoureuse pour affirmer à la malade que la douleur doit disparaître complètement.
30. — La malade dit qu’elle n’a pas aussi bien dormi depuis trois mois, de 7 heures du soir jusqu’à 5 heures du matin; depuis quinze mois, elle n’a pas marché aussi bien qu’hier. J'évite de lui parler de sa douleur épigastrique et dorsale et de sa digestion pour ne pas appeler son attention sur ces régions, je me contente de lui dire qu’elle n’a plus mal. Il suffirait de l’interroger et de lui demander si elle a mal pour que l’auto-suggestion réveille des sensations douloureuses. Je continue ce système les jours suivants; j'explore quelquefois ces régions en lui disant à l'avance et lui démontrant qu’elles ne sont plus douloureuses.
4 mai. — La malade est souriante aujourd’hui ; elle n’a plus de douleurs dans la jambe ; elle n’a plus eu de crampes depuis la première suggestion. Elle a pu monter et descendre les escaliers en se servant d’un bâton. Depuis plus d’un an, elle ne pouvait plus le faire qu’en se trainant à quatre pattes.
2.— À beaucoup marché hier et assez facilement avec une canne; n’a senti qu’une légère douleur le soir ; elle est descendue dans la cour sans crosse ni canne, et a pu faire plusieurs fois, à pas lents, le tour du jardin, boitant encore légèrement de la jambe droite. Elle à bien dormi la nuit. Les digestions sont bonnes. Continuation de la suggestion.
3. — Continue à marcher sans douleur. N’accuse qu’une certaine sensation de raideur et de faiblesse dans la jambe droite. L'amélioration continue. Le 8 mai, elle a douze petites selles diarrhéiques,; elle réclame une purge, parce que, dit-elle, elle a l'habitude d’en prendre une tous les ans ; elle prend, le 9 au matin, 30 grammes de sulfate de soude, a quelques coliques et quinze selles dans la journée. Elle a encore de petites coliques le 11 et le 12, la diarrhée s'arrête ; les sensations de coliques cèdent à la suggestion.
Le 15, elle ne se plaint plus de rien; elle marche bien, boitant un peu et se dandinant légèrement, surtout vers le côté droit; elle n’a plus aucune douleur ; la démarche est toujours assez lente.
La malade est sortie en ville plusieurs fois ; dans son entourage, on a été étonné de la voir marcher seule.
1er juin. — La malade est encore dans la salle, elle n’a plus eu la moindre douleur dans la jambe, continue à marcher seule encore lentement; la jambe gauche est moins faible. Il n’y a plus de douleur épigastrique ni dorsale, mais une certaine oppression due à lemphysème.
DOULEURS NEUPRASTHÉNIQUES 389
La malade est envoyée au service des convalescents, où je la perds de vue. Là, abandonnée à elle-même, elle se concentre de nouveau dans ses sensations ; elle recommence à se plaindre de sa jambe ; son attention s’y porte, elle n’a plus de crampes, mais des douleurs. Au mois de juillet, je la rencontre avec sa crosse et son bâton, ne semblant pas se rappeler qu’elle a pu marcher sans douleur et sans crosse.
Pour obtenir une guérison permanente, il faudrait une suggestion et un entraînement suggestif prolongé pendant un temps trop long, et peut être indéfini ; car la malade a des tendances hypocondriaques, et, si on la laisse aller à ses propres sensations, elle retombe toujours dans ses impressions auto-suggestives.
OBsERVATION LXI. — Nervo-arthritisme. — Douleurs dans le membre inférieur droit, dans l'abdomen, dans lu tête; vertiges. Amélioration graduelle par suggestion hypnotique.
H..., trente-neuf ans, journalier, entre le 10 novembre 1887 à l'hôpital, pour des symptômes de nervo-arthritisme. Mère de quatre enfants, dont le dernier a quatorze mois et qu’elle a nourri jusqu’à ce jour.—Elle a eu après ses couches des pertes abondantes pendant trois mois; depuis, n’a plus perdu. Il y a trois ans elle a eu des douleurs dans les reins et le membre inférieur droit; un mois après, ce membre s’œdématia; les douleurs étaient intenses et continues avec exacerbations ; elle dut quitter son travail au bout d’un mois, quand l’enflure se montra; elle garde le lit pendant six mois avec fièvre et délire persistant pendant ce temps, dit-elle. — Puis elle put se lever, mais marcha lavec un bâton. Depuis un an, la malade n'avait plus qu’une douleur dans le genou marchait et sans appui. — Depuis le mois de juillet, les douleurs l'ont reprise dans les reins et tout le membre inférieur : de plus, douleur de tête avec vertiges quand elle baisse les yeux; elle avait déjà eu cette douleur de tête il y a trois ans.
Etat acluel (11 novembre). — Constitution bonne. Tempérament mixte. Apyrexie. Pouls normal. Fonctions digestive, cardiaque et respiratoire normales. Dort bien la nuit.
On ne constate pas de gonflement notable des jambes; les mouvements sont libres; la malade accuse seulement de la sensibilité dans tout le quart inférieur de la cuisse et dans toute la jambe.
L’abdomen est sensible à la pression. Quand la malade marche elle accuse des points disséminés dans le ventre et de la sensibilité douloureuse dans la région lombaire. Toute la tête jusqu'au niveau de la région frontale est sensible à la pression. — Au toucher, le <ol utérin est élevé, normal; l’utérus est en place. Pas d’anesthésie.
12.— Suggestion hier, sommeil profond. Ce matin, les douleurs se font un peu moins sentir, mais la tête est toujours sensible à la pression; les vertiges ont diminué : les douleurs lombaires persistent, le ventre est encore sensible à la pression; la région du genou est aussi sensible.
7.—On a continué la suggestion. La tête n’est plus douloureuse; les reins sont moins sensibles. Au membre inférieur, la sensibilité à la pression existe au genou et dans les chevilles.
22.— La suggestion a été continuée. La malade va bien : n’ac- -cuse plus que de la sensibilité, moins intense qu'avant dans la Jambe.— A sevré son enfant.
26.— Les douleurs ont presque disparu complètement; la ma- Jade boite encore quand elle marche; on perçoit quelques craque- -quements légers dansle genou. Continuation de la suggestion.
1 décembre — La douleur de tête est revenue depuis trois ou «uatre jours; elle revient le soir, malgré la suggestion du matin. Hier, on a suggéré à la malade de s’endormir à 9 heures du soir pour toute la nuit sans douleurs. Elle s’est endormie en effet
à 9 heures du soir, mais n’a dormi que trois heures; le reste
de la nuit, elle a sommeillé légèrement, mais n’a presque plus eu de douleurs. — Suggestion.