‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 227 sur 271 · RHUMATISME MUSCULAIRE ET NERVEUX · texte numérisé non relu

RHUMATISME MUSCULAIRE ET NERVEUX

face du même côté sont sensibles à la pression. Le bras continue à aller mieux et peut être levé sans douleur.

29. — Suggestion hier : sommeil profond. Le bras va bien; le malade n’accuse plus qu’une certaine raideur à l'insertion supérieure du grand dorsal et une douleur vers le bord de l’aisselle droite. Les émergences des nerfs à la face ne sont plus douloureuses. La jambe aussi va mieux. Au repos, aucune douleur. Il a pu descendre l'escalier hier, mais l’a remonté péniblement.

30. — Le malade est resté couché hier, parce qu'il tremble, dit-il, sur ses jambes, mais il n’y a plus de douleur.

2 novembre. — Suggestion quotidienne: sommeil profond. Le malade dit marcher mieux et n’accuse plus que de faibles sensations douloureuses à la face interne de la cuisse. Sueurs abondantes dans les deux jambes.

4, — Le malade marche bien, sans douleur, bien que boitant encore de la jambe droite. Malgré la suggestion, les sueurs y persistent encore. Le malade a recu une balle dans la cuisse en janvier 1882 ; est resté malade pendant six mois. Aurait eu une fracture du fémur ; il lui est resté depuis un peu d’ankylose coxofémorale ; on ne peut fléchir la cuisse qu’à 45° (probablement immobilisation prolongée par douleur). Depuis, il a toujours un peu traîiné la jambe. Deux ans après la guérison de la blessure, le malade ressentait encore des douleurs et ne pouvait plus se tenir à cheval ; son pied s’endormait et il tombait au bout de dix minutes ; les douleurs ne disparurent complètement qu’au bout de deux ans. Cette persistance des douleurs après la guérison est due, sans doute, à l'impressionnabilité nerveuse du sujet; il est pro- | bable que la suggestion aurait dégagé le système nerveux et pré-

venu la rétraction musculaire qui à déterminé un certain degré d’ankylose. |

Actuellement, le malade ne ressent presque plus rien; il se considère comme guéri et sort le 4 novembre.

OBsERvATION LXXXIV. — Douleur musculaire dans le mollet avec impotence fonctionnelle de la jambe, douleur dans le triceps brachial. — Guérison par suggestion.

Eugénie M..., âgée de treize ans, entre à l'hôpital le 20 juillet 1890, pour des douleurs nerveuses dans la jambe droite. Il y a , quatre ans, elle a été au service pour une fièvre typhoïde à forme thoracique qui a duré trois mois. L'année dernière elle a eu des douleurs dans la jambe droite qui ont duré huit jours. Actuellement

he

elle accuse depuis six jours une douleur dans les deux mollets plus marquée du côté droit. Elle a pu marcher jusqu'il y a trois jours. Depuis elle ne peut se tenir debout ni marcher, à cause de cette douleur. |

L'enfant est bien constitué, lymphatico-nerveux; température normale. Toutes les fonctions se font bien. La douleur est localisée au gastro-cnémien de la cuisse droite, et à la moitié externe de ce muscle; la pression à ce niveau est très douloureuse. Les articulations jouent bien, sans douleur; on ne constate aucun gonflement. — Il s’agit d’un rhumatisme musculaire.

On essaie de faire lever l'enfant. Elle ne peut se tenir debout ni faire un pas; ses traits se contractent douloureusement et elle fléchit, si on veut la faire marcher.

Je l’hypnotise facilement, elle entre en sommeil profond.

Je suggère la disparition de la douleur et la possibilité de mar-

cher.

Au réveil, elle se tient d’abord avec hésitation et craint d’avancer.

J'affirme vigoureusement qu’elle peut marcher; alors elle marche avec une assurance de plus en plus grande et fait une vingtaine de pas, en boitant légèrement; la pression ne détermine plus qu’une sensibilité légère sur le gastro-cnémien.

21 juillet. — L'enfant continue à aller mieux; elle marche seule, mais lentement. Je l'hypnotise dans la station debout et la fais marcher pendant son sommeil avec suggestion qu’elle ne boitera plus du tout. Au réveil, elle ne se souvient de rien; elle marche avec une certaine gêne de la jambe droite.

L'état reste le même les jours suivants ; il persiste encore de la sensibilité dans le gastro-cnémien. Dans la nuit du 22 au 23, l’enfant est réveillée par des douleurs dans le mollet droit deux ou trois fois.

La nuit suivante elle dort bien. Le 24 au matin, le mollet est assez sensible; la suggestion enlève complètement cette sensibilité qui reparaît le soir. Cependant, l'enfant marche toujours bien en boitant un peu de cette jambe.

La sensibilité douloureuse ne disparaît définitivement que le 28 juillet.

Le 29, elle accuse une douleur analogue dans le bras droit, qu’elle localise dans la moilié supérieure du triceps, sensible à la pression. Cette douleur est à peu près enlevée par suggestion.

Le 30, elle reste très atténuée. L'enfant est nervo-arthritique ; elle paraît avoir de la tendance à fixer ses impressions nerveuses :

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