‹ Hypnotisme, suggestion, psychotheŕapie (volume 3)Chapitre 238 sur 271 · FIÈVRE CONTINUE · texte numérisé non relu

FIÈVRE CONTINUE

la suggestion a enlevé la douleur concomitante et peutêtre, diminuant le spasme vasculaire, favorisé la résolution .

OBsERNATION XCI. — Fièvre continue moyenne. — Céphalalgie continue depuis quinze jours, enlevée en quelques jours par suggeslion hypnotique.

B... (Frédéric), charpentier, âgé de quarante-cinq ans, entre à l'hôpital le 7 décembre, quatorzième jour d’une fièvre continue d'intensité moyenne.

Il accuse depuis le début une céphalalgie occupant toute la tête, et n’a pas dormi depuis le premier jour. Je n’insiste pas sur les autres symptômes ; la température oscille de 39° à %1°, le pouls de 100 à 108; quelques taches rosées ; diarrhée par moments; habitudes alcooliques.

Le 8 décembre, quinzième jour, j'endors le malade en sommeil profond pour lui enlever son mal de tête. Il a disparu au réveil, mais reparait au bout d’une heure.

Le 9, je l’enlève de nouveau au matin, il ne reparait qu’à { heures du soir et dure jusqu’à minuit, moins fort que d'habitude. La céphalalgie continue les jours suivants avec une certaine prostration morale que j’attribue à l'alcoolisme.

Le 12, je reprends la suggestion ; il dort bien la nuit, sans douleur.

Le 13, vingtième jour, je trouve le malade naturellement endormi ; je lui fais de nouveau la suggestion de la disparition de la douleur. Je fais de même le 14 décembre. A partir du 12, le malade n’a plus de maux de tête ni de prostration. La défervescence commencée le 10 décembre se termine le 22.

Cette observation montre que la suggestion peut trouver son application dans la fièvre typhoïde. Certes, elle n’enraye pas la maladie, elle ne prévient, ni n’atténue les localisations thoraciques ou abdominales, elle ne combat pas l’état typhoïde. Mais j'ai souvent diminué la céphalalgie, quelquefois les vertiges ; ces symptômes peuvent être simplement nerveux, et entretenir une certaine prostration morale qui peut disparaître avec la céphalalgie.

OgservarTioON XCII. — Fièvre continue bénigne. — Vertiges et sifflements d'oreille depuis plusieurs semaines. — Céphalalgie frontale depuis quinze jours. — Suppression de ces symptômes par suggestion, instantanée.

R... (Edouard), âgé de vingt-huit ans, entre à l'hôpital le 28 mai 1890, atteint d’une fièvre continue, dont le début est difficile à déterminer, car elle s'est greffée sur un traumatisme antérieur. Il y a six semaines il a recu, sur l’occiput, un moellon qui a déterminé une bosse sanguine qui a duré deux jours et des douleurs de tête sans vertiges pendant une huitaine de jours. ]Ila continué à travailler pendant ce temps. Alors, il eut des étourdissements, caractérisés par de l’obnubilation et des vertiges durant de dix minutes à un quart d'heure, l’obligeant à s’asseoir et revenant vingt fois par jour environ. Ces étourdissements ont duré jusqu’à aujourd’hui. Au lit, il ne sent rien, mais s’il s’assied, ces vertiges le reprennent. Depuis une quinzaine de jours, céphalalgie et sifflements d'oreilles. Pas d’appétit depuis dix jours. Dort peu et sue beaucoup la nuit. Haleine mauvaise, bouche pâteuse, une selle molle dans la journée.

Constitution bonne, tempérament mixte ; température 3807, Le 29 au matin, pouls 80. Langue chargée, croûtes d’herpès sur la commissure labiale droite. Sensibilité dans la fosse iliaque droite, sans gargouillement. Pas de taches rosées. Respiration normale sans râles. Lassitude générale, prostration. Céphalalgie frontale continue depuis une quinzaine.

L'état reste le même les jours suivants ; la température oscille vers 3895 ; le pouls reste relativement lent de 72 à 84; le malade reste abattu, le facies concentré ; il accuse toujours une céphalalgie frontale gravative avec vertiges et bourdonnements d'oreille; Le 31 mai, j'endors la malade très facilement en sommeil profond, avec amnésie rétroactive au réveil, et je suggère la disparition du mal de tête. Au réveil, il dit que la tête va très bien.

Le 1% juin, il se plaint toujours de bourdonnements d'oreille; le mal de tête n’a pas reparu ; le malade a pu dormir toute la nuit. Je l’endors une seconde fois, je lui suggère la disparition des bourdonnements, du vertige ; le retour de l'appétit. AU réveil, il n'accuse plus de ne ar ni de vertige.

Ces symptômes ne reparaissent pas les jours suivants ; la tête est dégagée complètement ; l'apparence de prostration occasionnée par la céphalalgie gravative a disparu dès la première suggestion; l'appétit se restaure. La défervescence commence le 2 juin et est terminée le 9.

DOULEURS PÉRITONÉALES TUBERCULEUSES 455

En résumé, de la céphalalgie, des vertiges, et des bourdonnements d'oreille, liés à une fièvre continue bénigne, subsistant depuis plus de quinze jours, déterminant un notable degré de prostration, sont enlevés en une ou deux

séances de suggestion hypnotique. La convalescence suit sans troubles.

OBsERvVATION XCIII. —- Induration tuberculeuse des sommets. —

Douleurs abdominules avec diarrhée. — Guérison momentanée par suggestion.

L... (Louis), âgé de huit ans, entre à l'hôpital Le 8 janvier 1890 pour des symptômes qui semblent se rattacher à une péritonite tuberculeuse. Sa mère est morte en janvier 1889, sans qu'il puisse donner de renseignements sur sa maladie; il a cinq frères et sœurs bien portants. L’affection a commencé il y a une quinzaine par une céphalalgie qui aurait duré deux jours et des coliques qui persistent encore avec de la diarrhée qui a cessé la veille de son entrée. Toux sans expectoration dès le début,

Constitution moyenne. Tempérament lymphatique. Apyrexie. Pouls 92. Langue un peu blanche. Ventre assez volumineux; le côté gauche paraît moins sonore et plus rénitent que le droit. Sensibilité assez vive à la pression dans la région sous-ombilicale. A l'examen de la poitrine, on constate un son un peu moins ample et moins clair sous la clavicule gauche que droite; un son peu ample dans les sommets postérieurs, normal dans les bases; la respiration soufflée sans râle dans les sommets postérieurs, normale ailleurs. Les ganglions cervicaux sont assez développés.

Diagnostic : induration tuberculeuse des sommets postérieurs, péritonite tuberculeuse.

L'enfant est mis facilement en sommeil profond ; la suggestion enlève rapidement la douleur abdominale. Quatre selles diarrhéiques dans la journée du 8 — Suggestion tous les jours sans autre traitement.

11 janvier, — N'a plus qu'une selle par jour depuis la suggestion. plus de douleur abdominale. Dit avoir souvent des douleurs dans la tête qui l’empêchent de dormir. — Suggestion.

43. — Se plaint de nouveau de la douleur frontale et abdominale. Ventre un peu gros, sensible au-dessous de l’ombilic. Son un peu hydroaérique à ce niveau ; veines abdominales assez dilatées. Une selle diarrhéique dans les vingt-quatre heures. Respira=

tion soufflée dans les deux sommets; râles ‘sous-crépitants fins à la base gauche. Température 380, le 12 au soir, 37° le 43, au matin. La suggestion enlève Les douleurs.

N'a plus de douleurs de tête, ni abdominale ; a une seule selle diarrhéique par jour.

Dans la nuit du 16 au 17, accuse de nouveau des douleurs abdominales, qui persistent le lendemain. — La suggestion les enlève; elles reviennent le soir. | . La suggestion, le 17, au matin, les enlève de nouveau jusque dans la nuit du 20. | ;

À partir du 21, à la’suite d’une nouvelle suggestion, les douleurs ne reparaissent plus jusqu’au 30 janvier, jour de la sortie de l’en-fant. La température, qui, le 11 et le 14, montait le soir à 38, est redevenue normale matin et soir. Les selles sont moulées, l'appétit est bon. La respiration reste soufflée aux sommets, sans râle, ni toux. La maladie est momentanément enrayée.

S'agit-il d’une péritonite tuberculeuse ou d’une simple irritation péritonéale liée à de la tuberculose intestinale”? La péritonite tuberculeuse au début est susceptible de

rémissions. Quoi qu'il en soit, la suggestion à momentanément enlevé la diarrhée et les douleurs.

OBSERVATIONS XCIV. — Pneumonie. — Diarrhée consécutive ; régularisation des selles par Suggestion.

R... (François), âgé de quarante-quatre ans, entre à l'hôpital le 9 janvier 1890, avec les signes d’une pneumonie franche du lobe inférieur gauche datant de la veille. La défervescence commence le sixième jour et est terminée le septième au matin.

La diarrhée Continue ; deux selles par jour en moyenne. La température reste normale jusque vers le 26 janvier; date à laquelle “elle s'élève de nouveau à 380 le soir. Le 29, le malade présente encore, quand il tousse, des points douloureux dans la région antérieure de la poitrine. Ces points sont enlevés par suggestion {sommeil profond) et disparaissent définitivement. Restent tous les jours une ou deux selles diarrhéiques. Une selle a lieu tous les ‘jours à minuit. Le 30, suggestion de n'avoir plus de selle à minuit. ‘Le 31, il dit n’avoir plus eu de selle dans les vingt-quatre heures. - Je suggère une selle à 6 heures du soir. Le malade l’a le lendemain à 6 heures du matin; il dort bien par suggestion, mais

"1. HAE L 4 4 ». À # ler NES à 7€ Xe > LS" Pa "UNS" fin. :i n Le f / Vs :

Page 1