DU RÉVEIL DES HYPNOTISÉS
s’ouvrent! Vous êtes réveillé ! » Ou bien renforçant la suggestion par une pratique matérielle, je dis aux assistants, en montrant un point arbitraire de la tête ou du corps : « Il suffit que je touche ce point pour qu’immédiatement les yeux s'ouvrent ! » Ce moyen n’échoue presque jamais : je touche ou je presse quelque peu cette région pour que le réveil se fasse. Je n’emploie jamais ni frictions, ni insufflation sur les yeux. Le réveil est on ne peut plus facile, quand on est bien pénétré de cette vérité que tout est dans la suggestion.
Donato me racontait un jour qu’il ne pouvait s'expliquer :
ce fait : des sujets hypnotisés par lui, dans les séances publiques, étaient repris en sous-œuvre par certaines personnes. Or, il arrivait parfois qu’un de ces sujets, après avoir été par elles facilement hypnotisé, cataleptisé, halluciné de toutes façons, ne pouvait plus être réveillé par l’assistance. Insufflation, flagellation, aspersion d’eau froide, rien ne réussit. On appelle Donato, qui souffle simplement sur le visage de l’hypnotisé. Instantanément le réveil a lieu ! Est-ce là une vertu particulière au magnétiseur ? J’ai expliqué à Donato qui a saisi facilement mon explication, le mécanisme du phénomène. La personne inexpérimentée veut réveiller le sujet : celui-ci ne se réveille pas tout de suite. L'opérateur s'inquiète et témoigne son inquiétude; il frictionne, souffle, ouvre les yeux du sujet, s’'acharne après lui. Celui-ci, témoin muet des efforts et des inquiétudes de l’entourage, se confirme de plus en plus dans l’idée que son réveil est difficile, jusqu’à ce qu’arrive l’homme dans lequel il a confiance ou qui agit simplement, avec assurance.
J'ai vu à Nancy un sujet hypnotisé par un magnétiseur de passage et qui tombait parfois dans des accès d’hypnotisme spontané. Il restait des heures sans qu’on püt le réveiller. Un jour, un de nos anciens chefs de clinique, expert en la matière, est appelé pour le réveiller. Il affirme
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au sujet qu’il va se réveiller dans une minute, par l’attouchement d’un certain point du crâne. Au bout de ce temps, les yeux s’ouvraient en effet.
Ce n’est pas toujours l’ordre de se réveiller qui suffit ; c’est l'affirmation calme et sûre d'elle-même que le sujet va se réveiller. Si j’insiste sur ce fait, c’est pour bien montrer combien nous avons raison de dire que tout est dans la suggestion.