CONTRACTURE NERVEUSE
elle arriva en sommeil profond, bien que se souvenant de tout au réveil. Je lui suggérai la disparition de la contracture et des douleurs; je lui fis pendant l'hypnose ouvriret fermer la main; je lui fis élever le bras presque verticalement en neutralisant par suggestion vigoureuse, la raideur que la malade tendait à opposer aux mouvements passifs provoqués ou actifs suggérés. Réveillée au bout de dix minutes environ, elle put d'abord sur mon injonction ouvrir et fermer la main, et lever le bras sans manifester de douleur. Mais bientôt, après peu de minutes, son auto-suggestion reprenant le dessus, elle raidit son membre, reconstitua la douleur et trouva que c'était toujours la même chose.
Elle revint le lendemain, obligée pour ainsi dire par le Dr X.... car la malade ne voulait pas revenir, disant que je n'avais pu rien faire, que j'avais dit qu'elle n'avait plus mal et que cependant elle avait toujours mal. Je l'hypnotisai une seconde fois ; et cette fois le sommeil fut plus profond, la malade n'eut au réveil qu'un souvenir incomplet de ce qui s'était passé. Je neutralisai de nouveau la raideur et la douleur par suggestion. L'effet fut plus persistant au réveil et la malade eut quelque confiance. Cependant la raideur ne disparut pas complètement; la malade pouvait et put encore le lendemain spontanément fléchir et étendre ses doigts, fléchir et étendre lentement le coude.
Le surlendemain, troisième séance. Je conduisis cette fois-ci la malade dans les salles de l'hôpital et la fis assister à l'hypnotisation de plusieurs autres personnes : je lui montrai en particulier une femme qui avait aussi une paralysie douloureuse d'un bras, guérie par suggestion. Quand son esprit fut bien impressionné par ce qu'elle avait vu, je l'hypnotisai et cette fois elle tomba en sommeil profond avec amnésie complète au réveil. La résolution fut complète : il n'y eut plus de tendance au retour de la contracture : la malade hésitant encore à fléchir et à étendre le poignet et faisant tous les mouvements de la main avec les doigts seuls, je lui affirmai à l'état de veille qu'elle pouvait remuer le poignet comme avant : ce qu'elle fit en effet sans difficulté. Le lendemain elle revint radieuse, montrer que la guérison était totale et s'était maintenue. 11 ne restait plus qu'un certain degré d'atrophie musculaire consécutive à l'inertie prolongée.
La guérison ne s'est pas démentie.
Voilà donc une contracture douloureuse d'un membre datant de plus de huit mois, ayant résisté à toutes les médications, guérie en trois jours par simple suggestion. Déjà rintensité insolite de la douleur accompagnant une fluxion buccale, la durée de cette douleur pendant cinq ou six semaines, l'insomnie complète indiquaient un état névropathique, greffé sur une affection légère. L'action de coudre appela la diathèse nerveuse éclose par l'affection faciale, sur le bras droit sous forme de contracture douloureuse.
Bien qu'il s'agisse d'une affection chirurgicale qui a donné lieu à la contracture, nous avons cru cependant pouvoir ranger ce cas dans le cadre des névroses traumatiques.
Observation XII. — ll\jperesthësic du membre inférieur droit avec contracture musculaire, suite de chute. — Guérison de Vhyperesthésie par suggestion, de la déviation due à la contracture musculaire par chloroformisation et appareil plâtré (Observation recueillie par M. le Professeur agrégé Vautrin).
E... François, dix-huit ans. Père très nerveux, non alcoolique; ses grands parents paternels également nerveux. Mère bien portante. Antécédents personnels : pas de maladies antérieures. Le malade est d'un tempérament lymphatique, a toujours été très impressionnable, et pouvait à peine modérer son émotion, dépendant il n'aurait jamais eu d'accidents nerveux. Il se souvient qu'un jour, dans son enfance, s'étant frappé le dos de la main droite contre les barreaux d'un escalier, sa main i -ta raide pendant un mois.
Quinze jours avant son entrée à l'hôpital, étant dans la cour du petit séminaire de Pont-à-Mousson, où il était élève, en train de jouer avec ses camarades, il trébucha contre une pierre et tomba sur le genou droit. Il ressentit une vive douleur sur-lechamp. Mais cène fut que deux jours après que, pendant la promenade il remarqua qu'il traînait la jambe, que cette jambe était plus faible et qu'en même temps il avait des douleurs dans le genou et la hanche; il se mit alors à s'appuyer sur 1 épaule dïin de ses camarades. La faiblesse du membre augmenta et cinq jours après l'accident E... entra à l'hôpital de