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TROUBLES HYSTÉRIQUES DIVERS

Observation XXVJIÏ. — Crises d'hystérie. — Depuis trois ans, fourmillements dans tout le côté gauche du corps. — Depuis treize jours secousses de chorée hystérique dans le membre supérieur gauche.

— Amélioration notable en sept jours. — Disparition presque complète des fourmillements, diminution des mouvements clioréiques.

— Augmentation de la force musculaire.

M... (Joseph), cultivateur, âgé de quarante-cinq ans, entre à l'hôpital le 27 février 1890 pour une névrose. L'affection a commencé, sans cause connue, il y a trois ans, pendant son travail, par une sensation de crampe dans le mollet gauche ; il pouvait encore marcher. La crampe avec sensation de fourmillements remonta insensiblement dans le bras gauche qui fut paralysé et insensible; il put marcher, sentant bien sa jambe, et fit 4 kilomètres pour rentrer chez lui, touchant son bras avec l'autre main pour constater sa présence. Rentré chez lui, il se coucha; la crampe s'accentua et s'accompagna de tremblements convulsifs tels qu'il fallut deux hommes pour le tenir. Le tremblement existait dans la tète et les membres du côté gauche. 11 perdit connaissance pendant sept heures ; il fut administré. A 5 heures du soir, il revint graduellement à lui ; les crampes avaient cessé ; mais il ne sentit pas encore le bras. Au bout de deux à trois jours la sensibilité revint dans ce membre. Mais depuis ce moment, une sensation continue de fourmillements persiste dans le membre inférieur gauche, la moitié du tronc, le bras et l'épaule gauches. Pendant la crise de tremblement convulsif, la bouche était très déviée d'après ce qu'on lui a dit. Le malade qui n'avait jamais eu antérieurement ni maux de tète, ni autre symptôme nerveux, se remit petit à petit et redevint très bien portant.

Le 24 janvier dernier, pendant son repas, nouvelle crise; les fourmillements du côté gauche augmentaient d'intensité; en môme temps tremblement généralisé de tout le côté, avec insensibilité du bras, sans perte de connaissance : on fut encore obligé de le tenir et d'ouvrir sa main de force. Ce tremblement se dissipa au bout de deux heures et demie; il sentit de nou-

veau son bras, mais ne put faire de mouvements ni reprendre son travail. x\u bout de trois jours, nouvel accès qui dura quatre à cinq heures, sans perte de connaissance. Il y a treize jours, quatrième accès après son diner, sans cause; pendant deux heures et demie, fourmillements, perte de la sensation du bras, tremblement, sans perte de connaissance. Depuis n'a plus eu d'accès nouveau, mais il a conservé un tremblement dans le bras, et quelquefois dans la tète, quand il est assis. Jamais ce tremblement n'a gagné le côté droit.

Etat actuel. — Constitution bonne; tempérament mixte. Marié, père de famille, le malade n'a pas fait d'excès alcooliques, n'a pas eu la syphilis; il dit se mettre facilement en colère, mais n'a pas été autrement nerveux.

On constate dans le bras des secousses musculaires donnant lieu cà des oscillations irrégulières ressemblant à des mouvements choréiques ; contractions brusques fréquentes des muscles grand supinateur, biceps, triceps, qu'on voit se soulever en partie, comme des palpitations musculaires. Le malade peut tenir un bras en l'air, mais agité de tremblements à oscillations petites et irrégulières. Il peut tenir un verre en main, mais ne peut le porter à la bouche, s'il contient du liquide, sans le verser; les doigts s'étendent et se fléchissent alternativement. Il exécute d'ailleurs tous les mouvements; au dynamomètre la main gauche donne 22, la droite 47°. Sensibilité conservée normale partout; réflexes tendineux normaux. Les autres membres fonctionnent bien. Le malade marche bien, se tient droit; quand il est assis et qu'on l'observe, la tête commence à trembler ; il y a des contractions énergiques continues et répétées des muscles trapèze et sterno-mastoïdien.

Le malade ne peut tracer une ligne droite et ne réussit qu'à faire un gribouillage en zigzag; il peut ramasser un objet avec deux doigts de la main. Fonctions digestive, cardiaque, respiratoire normales. — A été traité par le bromure.

Suggestion. — Sommeil profond le 28 février.

1er mars. — Dit que le pied et la jambe sont moins engourdis que la veille. — Il trace mieux une ligne droite; les zigzags sont beaucoup moindres. — Suggestion.

2. — Le malade trouve qu'il va mieux et tremble moins. — Suggestion.

3 mars. — Est resté hier pendant six heures presque sans trembler. Nuit très bonne. Les fourmillements que le malade avait continuellement depuis trois ans dans le côté gauche

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sont beaucoup moins forts; de plus ils ne sont plus généralisés à tout le côté, mais localisés tantôt à l'épaule, tantôt au bras. Le bras étant couché ne tremble plus; levé en l'air il ne présente qu'un tremblement très léger, mais plus de contractions musculaires. Étant assis le malade tient la tête droite, sans tremblement, ni contraction des muscles du cou. Il trace presque une ligne droite, mais ne peut encore écrire, n'arrive pas à coordonner les mouvements avec la précision nécessaire.

4 mars. — Dit aller beaucoup mieux; les fourmillements ont en partie disparu; il les ressent encore dans le pied gauche. La main devient forte, il a pu porter sa chaise sans trembler ce qu'il ne pouvait faire avant. Depuis un mois dit-il, il ne pouvait même allumer sa pipe de la main gauche, ce qu'il fait très bien maintenant. — Suggestion.

5 mars. — Hier matin avait encore une douleur légère à l'épaule qui a cédé à la suggestion. Encore quelques fourmillements dans les trois derniers orteils, pas ailleurs. Il porte un verre plein à sa bouche, avec quelques tremblements, mais sans verser le contenu. Au dynamomètre, 38 pour la main gauche, 62 pour la droite. — Suggestion.

6 mars. — La main ne tremble que peu. Sensation fugitive dans la fosse sous-épineuse gauche. N'a senti de fourmillements que dans les deux derniers orteils gauches. Dit se servir souvent de la main gauche depuis hier. — Le malade peut tracer une ligne droite sans trop de sinuosités, mais ne peut pas encore écrire, l'association des mouvements délicats n'étant pas encore rétablie. — 11 se sent bien et demande à rentrer chez lui, avant que la guérison ne soit complète.

Le diagnostic de ce cas est assez obscur. Les crises localisées du côté gauche avec monoplégie et anesthésie brachiale pourraient être considérées comme de l'épilepsie jaksonniene liée à une lésion de l'hémisphère droit. Sur ces crises se grefferaient des troubles nerveux dynamiques hystériformes, justiciables delà suggestion. Elle a produit en sept jours une amélioration notable. La guérison totale par la suggestion continuée autoriserait le diagnostic de névrose simple. Le retour des crises rebelles à la suggestion confirmerait le diagnostic de lésion cérébrale épileptogène.

Observation XXIX. — Hystérie. — Douleurs abdominales. — Crises de contracture hystérique. — Amélioration par suggestion.

G. Mélanie, quarante et un ans, vigneronne, entre à l'hôpital le 44 février 1887, pour des symptômes névropathiques. Mère de trois enfants, dont le plus jeune a quinze ans, elle se dit malade depuis six semaines. L'affection a commencé par une indigestion, vomissements et douleurs épigastriques. Les vomissements ont continué jusqu'il y a cinq jours. Elle vomissait tout ce qu'elle prenait, deux à trois minutes après l'avoir ingéré; l'eau seule et la glace passaient; le lait et le bouillon étaient vomis.

D'ailleurs elle ne vomissait pas entre les repas; rien que les aliments. Le quatrième jour après le début, a vomi du sang, sept ou huit fois par jour, par gorgées, sang pur, de la contenance d'un demi-verre. Quinze jours après ce vomissement de sang, elle aurait saigné du nez très abondamment. Sept ou huit jours après elle aurait encore rendu du sang par gorgées. A encore saigné du nez il y a six jours. A eu ses règles pour la dernière fois le 20 janvier. 11 y a quinze jours aurait eu un frisson avec point derrière l'épaule gauche, avec fièvre et délire pendant trois jours. — Avant cette maladie, digérait bien; mais n'allait à la selle que tous les deux ou trois jours, par lavements.

En 1871, trois jours après la dernière couche, elle aurait eu une crise de nerfs qui aurait duré six heures. Depuis elle en a eu très souvent, la dernière en décembre. La malade a souvent plusieurs fois par jour la sensation d'un nœud remontant de l'épigastre à l'appendice xiphoïde : elle accuse aussi souvent une sensation de strangulation, environ deux à trois fois par semaine et durant environ cinq minutes.

Etat actuel (16 février) . — Face pâle, constitution affaiblie ; tempérament lymphatique. Apyrexie. Pouls régulier égal. Anorexie. Ne prend que du bouillon. Accuse des renvois tant qu'elle n'a pas digéré, pendant deux heures, avec aigreurs ; pyrosis du creux épigastrique jusqu'à la gorge, bâillements, vertiges lorsqu'elle est levée, bourdonnements d'oreilles. Accuse des douleurs de l'appendice xiphoïde jusqu'au pubis, au milieu du ventre et sur les côtés, non continues, revenant à chaque instant. — Insomnie depuis le début de la maladie, voussure épigastrique constituée par l'estomac et descendant jusqu'à l'ombilic.

L'examen du poumon, du cœur, de l'utérus ne dénote rien

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