‹ Hystérie - pithiatisme et troubles nerveuxChapitre 14 sur 61 · PL. IL · texte numérisé non relu

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surréflectivité tendineuse bien caractérisée ne suffisait pas à justifier un pareil diagnostic.

Au moment où nous poursuivions ces recherches surgirent de tous côtés des cas d'interprétation difficile qui suscitèrent toute une série de publications.

H. Meige, Mme Alh. Bénisty et Mlle Lévy [131] décrivent sous le nom de « main figée » certaines impotences fonctionnelles dont la nature leur paraît encore énigmatique; ils attirent l'attention sur l'existence dans ces cas d'un état psychopathique spécial qui serait venu se greffer sur une épine organique initiale. Claude [132] décrit, à côté des accidents hystériques, « certaines manifestations similaires qu'il est très difficile de classer » ; ce sont des contractures douloureuses assez localisées et très tenaces. S'agit-il de contractures hystériques ou de contractures réflexes? « Nous pensons, écrit-il, qu'à l'origine la contracture est réflexe, provoquée par une lésion nerveuse ou par une sorte d'attitude de défense et que cette attitude est fixée, stabilisée par la suite par un mécanisme psychologique de l'ordre des manifestations hystériques. » Sicard [133] désigne, sous le nom d'acro-contractures ou d'acromyotonies du membre supérieur, des contractures de la main en attitudes variées rebelles à la thérapeutique, que le massage et l'électricité peuvent aggraver, qui ne cèdent que lentement et partiellement à la suite de manœuvres très douces. « Le mécanisme pathogénique de telles contractures, ajoute-t-il, reste obscur... L'hystérie n'est pas en cause. » Mentionnons encore les publications deDuvernay [128] relatives à des « contractures psychopathiques ou réflexes » post-traumatiques, se présentant avec les mêmes caractères; de Léri et Roger [127] ; de Ducosté [217] sur les contractures consécutives aux lésions des nerfs périphériques. Il se dégage de tous ces travaux l'impression que, dans un grand nombre de Centres de neurologie militaire, on a été frappé par la fréquence de certains états, attitudes figées ou contractures, différant des faits habituellement observés et qu'on n'a su où classer.

S'agit-il de manifestations hystériques? S'agit-il de phénomènes d'un autre ordre? C'est la question qui a préoccupé tous ces auteurs. Ils la résolvent tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. De toute évidence ils manquent de critères leur permettant d'étayer leur impression avec des arguments décisifs. La plupart ont été surpris par la ténacité de ces accidents et par leur

grande résistance aux tentatives psychothérapiques. Si quelques uns écartent pour cette raison l'hypothèse d'hystérie, aucun d'entre eux ne rapproche ces faits des descriptions anciennes.

L'observation attentive d'un malade présentant un type de paralysie encore non décrit donna alors à nos recherches une orienta-

Fig. 4. — Hypotonie des extenseurs de la main, consécutive à une transfixion du bras par balle, sans lésion des troncs nerveux (voir PI. IV, p. 112).

tion nouvelle. Il s'agissait d'un blessé atteint d'une paralysie flasque de la main et des doigts consécutive à une plaie par balle du 2e espace interosseux dorsal. On constatait des troubles vasomoteurs et une hypothermie locale très manifeste. Il existait un peu d'atrophie diffuse et non systématisée des masses musculaires de la main, de l'avant-bras et du bras, sans réaction de dégénérescence. Les réflexes tendineux du membre malade étaient conservés.

L'hypothèse d'une affection organique des centres ou des nerfs périphériques devait être écartée en l'absence de tout signe caractérisant de telles lésions. S'agissait-il donc de phénomènes hystériques ou simulés, comme certains l'avaient pensé?

Soumettant le malade à un examen méthodique, à la recherche de quelque indice nous permettant de résoudre le problème, nous fûmes frappés par les symptômes suivants : une hypotonie d'une remarquable intensité (surtout appréciable au poignet) qui égalait, si elle ne la dépassait, l'hypotonie observée dans les paralysies consécutives aux lésions des nerfs les plus profondes; de la

surexcitabilité mécanique très prononcée des muscles de la main et de Pavant-bras, avec lenteur de la secousse musculaire ; et enfin de la sur excitabilité électrique des muscles avec fusion anticipée des secousses faradiques [135].

Des signes objectifs sur lesquels la volonté ne peut avoir aucune action avaient ainsi apparu à nos yeux et, conséquemment, s'imposait à nous Tidée que ces désordres ne dérivaient pas de l'hystérie ou du moins que, si elle intervenait dans la genèse des troubles moteurs, elle n'était pas seule en cause.

Examinant de nouveau les malades dont il a été question précédemment et chez lesquels l'observation pendant la narcose avait mis hors de doute l'existence d'une perturbation des centres médullaires, nous retrouvâmes les signes sur lesquels nous venons d'attirer l'attention et, en particulier, la surexcitabilité mécanique avec lenteur de la secousse. On les retrouvait de même chez plusieurs malades présentant ces types de contractures, si particuliers, qui avaient un peu partout retenu l'attention des neurologistes (main figée, acro-contracture, main d'accoucheur).

L'existence de la surexcitabilité mécanique des muscles, décrite par nous dans ce groupe de faits, a été confirmée par les observations ultérieures de P. Marie et Foix [137] et de Sicard [136].

Le rapprochement de ces diverses catégories de paralysies et de contractures, ayant toutes pour caractères communs d'être d'origine traumatique, de ne pouvoir être attribuées ni à une affection organique du système nerveux, ni à l'hystérie, nous conduisait à établir entre elles une connexion étroite. Or, les unes, paraissant incontestablement sous la dépendance d'une perturbation des centres médullaires, il y avait des raisons de penser que les autres étaient de même nature.

Nous remarquions enfin que, dans la symptomatologie de tous ces faits, les troubles vaso-moteurs et thermiques occupaient généralement une place importante : qu'ils étaient pour ainsi dire constants, bien qu'il y eût, d'un cas à l'autre, des différences dans leur degré d'intensité. Nous montrions que le membre malade subit d'une manière anormale l'influence de la température du milieu ambiant, ce qui implique une perturbation locale dans le mécanisme de la régulation vaso-motrice et thermique [138].

Les recherches sphygmométriques et oscillométriques, que nous avons faites en grande partie avec la collaboration de Heitz [167], nous amenèrent à reconnaître l'existence d'un spasme

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