‹ Hystérie - pithiatisme et troubles nerveuxChapitre 55 sur 61 · OS · texte numérisé non relu

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Influence des bains à température froide ou chaude sur l'état de la circulation locale. — Chez le sujet normal, le membre plongé dans l'eau à 40° pendant cinq minutes devient le siège d'une rubéfaction, sa température s'élève et monte, par exemple, de 23° à 2 °, les oscillations artérielles s'amplifient et la pression artério-capillaire prise avec l'appareil de Gaertner s'élève. Dans un bain froid (12°) de même durée la température s'abaisse et tombe, par exemple, de 25° à 15° ou de 18° à 12°, 5y. l'amplitude des oscillations et la pression arlério-capilïaire diminuent. Mais, en règle générale, toutes ces modifications s'effacent assez rapidement et, au bout d'une dizaine de minutes, le membre est revenu à l'état antérieur.

Chez le sujet atteint de troubles nerveux d'ordre réflexe^ la température sous l'influence du bain chaud s'élève, souvent, plus du cote malade que du cô'é sain. Sou» l'action du bain froid l'abaissement de la température locale est plus marqué au membre malade. C'est ainsi que chez un de nos malades (Obs. II, Tabl. 1) on trouvait :

Côté sain. .

Côté malade

Côté sain . .

Côté maladt

Chez un autre malade

Avant le bain.

Après

le bain à 40° 21° 28°

Avant le bain.

Après

le bain à 12°.

vait les chiffres

suivants

Avant le bain.

Après

le bain à 12°.

Côté sain

Côté malade ....

Remarquons encore que le retour à l'état antérieur est généralement plus lent pour le membre malade que pour le membre sain.

Quant aux conditions circulatoires, elles se modifient d'une manière analogue, en ce sens que, sous l'influence du bain chaud, l'amplitude des oscillations tend à s'accroître du côté malade plus que du côté sain; ii en est de même pour la pression artério-capillaire. En voici quelques exemples :

Observation II. (Tabl. I.)

Avant le bain. Après le bain à 40°.

O-ssill. radiales. Gsertncr. Oscill. radiales. Gaertner. Côté sain ... 7 9 1G 10

Côté malade. .10 4 9

En même temps, la peau du côté malade se réchauffait et la secousse musculaire au choc devenait sensiblement plus rapide et moins ample.

Observation IV. (Tabl. I.)

Avant le bain. Après le bain à 40°. 5 minutes.

Oscill. radiales. Gaertner. Oscill. radiales. Gaertner. Côté sain ... 4 10 6 11

Côté malade . 2 11 5 12

Observation VIII. (Tabl. I.)

Avant le bain. Après le bain à 40°.

Oscill. radiales. Gaertner. Oscill. radiales. Gaertner.

Côté sain ... 5 7.5 8 10

Côté malade. .3 4 8 8

In autre jour :

Côté sain ... 4 4

Côté malade. . 2 8

Dans les deux expériences la main malade était devenue nettement plus chaude -que la main saine, et l'excitabilité mécanique des muscles, de très exagérée, était revenue à la normale.

Observation IX. (Tabl. I.)

Avant le bain. Après le bain à 40°.

Oscill. radiales. Oscill. radiales.

Côté sain. ... 4 12

Côté malade .-• . 2 22

Quelques jours plus tard, nouvelles expériences :

Côté sain. ... 5 18

Côté malade . . G 22

11 est à remarquer que lhyperlhermie du membre malade pouvait encore être constatée 30 minutes après le bain. Cette observation est une des plus saisissantes : elle montre bien quel est au membre malade le dérèglement du mécanisme vaso-moteur.

Observation XV. (Tabl. II.)

Après le bain à 40° Après le bain à 40° Avant le bain. de 5 minutes. de iO minutes.

Oscill. tibiales. Oscill. tibiales. Oscill. tibiales.

Côté sain ... 8 8 14

Côté malade. . 1 6 12

En même temps que les oscillations augmentaient progressivement, le pouls de l'artère pédieuse, que l'on ne pouvait trouver, du côté malade, avant le bain (alors que le pied était très froid), se mettait à battre largement. La coloration cyanique et l'œdème subsistaient, mais l'excitabilité mécanique, très exaltée avant le bain, redevenait normale.

Observation XVI. (Tabl. II.)

Avant le bain. Après le bain à 4o'.

Oscill. tibiales. Oscill. tibiales.

: Côté sain. ... 11 12

Côté malade . . 6 13

Lprès le bain

Oscill. radia

es

Après

le

bain.

Oscill. radial

îS.

Gaertner.

Observation XXVI. (Tabl. II.)

Avant le bain. Après le bain à 40°. 15 min. après le bain. Oscill. tibiales. Oscill. tibiales. Oscill. tibiales.

Côté sain. . . 6 6 6

Côté malade .2 8 8

Quant aux bains froids ils provoquent des effets inverses ; l'amplitude deoscillations diminue au membre malade plus qu'au membre sain. Dam un des cas observés on notait :

Avant le bain.

Oscill. radiales.

Côté sain. ... 3

Côté malade . . 3

Chez un autre malade on notait :

Avant le bain.

Oscill. radiales. Gaertner.

Côté sain ... 4 12

Côté malade. . 4 6

Nous avons parfois utilisé ce procédé pendant les mois d'été pour accentuer, dans les cas où ils étaient douteux, les troubles circulatoires du membre parésié ou contracture.

Chez les sujets présentant des troubles nerveux réflexes associés à lu lésion d'un tronc nerveux, de môme que dans le cas précédent (troubles réflexes purs), l'amplitude des oscillations tend, sous 1 influence du bain chaud, à s'accroître du côté malade plus que du côté sain; il en est de même pour la pression artério-capillaire. En voici deux exemples :

Observation XLIII. (Tabl. IV.)

(Paralysie radiale avec troubles réflexes prononcés), on constatait :

Avant le bain. Après le bain à m0°.

Gaertner Gaertner

Oscill. radiales, à l'index. Oscill. radiales, à l'index.

Côté sain . . . 12 10 14 10

Côté malade. .G 7 16 7

En même temps qu'on constatait cette augmentation considérable des oscillntions du côté paralysé, se produisaient les modifications suivantes : la main, de froide qu'elle était avant le bain, devenait aussi chaude que celle du côté sain, la tache blanche disparaissait des deux côtés avec la même rapidité, l'excitabilité mécanique des muscles de la main diminuait sensiblement.

Observation XLIV. (Tabl. IV )

(Paralysie du médian avec troubles réflexes). Cette observation est plus frappante encore, parce qu'elle montre, dans un cas de lésion du médian

le relèvement, sous J'influence du bain, de la pression artério-capillaire d< l'index :

Avant le bain.

Oscill. radiales. Gaertner index. Gaertner annulaire. Côté sain. . . 8 10 11

Coté malade . 5 G 10

Après le bain à 40°.

Oscill. radiales. Gaertfter index. Gaertner annulaire.

Côté sain. . . 10 11.5 14

Côté malade . 10 10,5 15

Dans le cas iï oblitération artérielle la température locale s'élève sous l'action du bain chaud, moins toutefois que lorsqu'il s'agit de troubles réflexes; la pression artériu-cupillaire s'élève aussi, mais les oscillations ne se modifient pas ou n'augmentent que d'une manière insignifiante. Si l'amplitude est de 0°.5 avant le bain, elle sera par exemple après le bain de 0°.o bu de 1 degré. [146] [167].

En résumé, nous avons étudié l'état de la circulation périphérique dans diverses catégories de faits :

1° Dans les troubles nerveux d'ordre réflexe sans lésion associée des troncs nerveux ni des gros vaisseaux (troubles réflexes purs);

2° Dans les lésions des troncs nerveux sans association de troubles nerveux d'ordre réflexe, avec localisation exclusive des Iroubles de motilité dans le territoire du nerf atteint;

3° Dans les lésions des troncs nerveux associées à des troubles nerveux d'ordre réflexe;

4° Dans les lésions des gros vaisseaux pures ou avec associations nerveuses diverses (lésions des troncs nerveux, troubles nerveux d'ordre réflexe).

Comment ces divers états se distinguent-ils les uns des autres?

Nous avons déjà indiqué plus haut quel est l'état de la circulation dans les cas de troubles nerveux réflexes purs, en voici les caractères essentiels :

a) Diminution de l'amplitude des oscillations, peu marquée à l'humérale et à la fémorale, souvent très accentuée à la radiale et aux libiales;

h) Abaissement de la tension artério-capillaire, mesurée avec l'appareil de Gaertner;

c) Absence de modification de la pression artérielle, systolique el diastolïquc;

d) Augmentation notable, sous l'action du réchauffement, de l'amplitude des oscillations qui peut devenir, au membre malade, égale ou supérieure à celle des oscillations du membre sain.

Dans les lésions pures des troncs nerveux, il peut ne pas y avoir do modification appréciable de la circulation.

Quand il y a association de troubles nerveux d'ordre réflexe à une lésion d'un tronc nerveux, l'état de la circulation est pareil à celui que l'on observe dans les troubles réflexes purs, avec cette différence toutefois que les phénomènes vaso-moteurs prédominent généralement dans le territoire du nerf atteint, ce dont on peut s'assurer au moyen de l'appareil de Gaertner : l'abaissement de la pression artério-capillaire, de même que l'hypothermie et la cyanose, sont plus accusés à l'index lorsque le nerf médian est atteint, à l'annulaire et à l'auriculaire lorsqu'il s'agit d'une lésion du cubital ; après réchauffement, cette iifférence s'atténue ou s'efface.

Dans les cas ft oblitération artérielle pure ou associée, l'amplitude des oscillations est considérablement abaissée et, par là, cetle catégorie de faits se rapproche des troubles nerveux d'ordre réuVxf*; mais, contrairement à ce qu'on voit dans ces derniers, la pression artérielle systolique est tr^s affaiblie quand l'artère est oblitérée et, ce qui consiitue un autre caractère différentiel important, le réchauffement n'augmente pis alors l'amplitude des oscillations ou il ne l'augmente que d'une manière insignifiante *.

i. Nous croyons devoir ajouter que les troubles circulatoires que l'on peut observer dans les lésions centrales du système nerveux présentent les plus grandes analogies avec les troubles vaso-moteurs réflexes. Nos observations faites en collaboration avec Heitz [167] et relatives à divers cas d'hémiplégie traumatïque ou non traumatique, nous ont montré que les troubles circulatoires du côté atteint occupent principalement les extrémités; ils peuvent varier d'un instant à l'autre et ils se manifestent par la cyanose ou la teinte saumonée de la main ou du pied, l'aspect succulent ou l'œdème, la sécheresse ou la sudation exagérée, l'hypothermie ou l'hyperthermie. Le refroidissement des téguments s'accompagne aussi d'exagération de la contractilité mécanique. Prend-on la pression artérielle systolique, on ne la trouve pas modifiée. Mesure-t-on les oscillations, on constate qu'elles sont souvent réduites, en particulier quand il y a de l'hypothermie, et elles le sont toujours plus au poignet ou au cou-de-pied qu'à la racine du membre. On note aussi, dans ces cas, l'abaissement des chiffres obtenus avec l'appareil Gaertner. Tous ces symptômes enfin se montrent modifiables chez les hémiplégiques sous l'influence du bain chaud ou du bain froid local, exactement comme lorsqu'il s'agit de troubles d'ordre réflexe : même amplification ou réduction des oscillations et de l'excitabilité mécanique des muscles.

Cette question a été encore l'objet des deux communications suivantes : J Babwski et R. Ducois, Association hystéro -organique. Hémiplégie. Hémianopsie. Thermo-asymétrie (Presse médicale. 3 mai 1917, p. 259). — J. Babinski et J. Heitz, Paraplégie organique. Troubles vaso-moteurs au membre supérieur droit avec méiopragie et sans modification locale des réflexes osso-tendineux (Revue neurologique, avril-mai, 1917. p. 258).

Nous ne mentionnons dans cet index que les publications auxquelles nous croyons devoir renvoyer le lecteur.

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