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I. -- Notes sur les travaux des Oblats de Marie Immaculée à Edmonton

et bienveillants envers le prêtre dont ils s'efforcent, par tous les moyens en leur pouvoir, de faciliter le ministère. La Ligue du Sacré-Cœur et de l’apostolat de la prière compte 230 membres parmi les prisonniers. Les zélateurs, toujours très actifs, s'occupent spécialement de la préparation à la première communion.

Tel est l’état des quatre œuvres principales confiées aux Oblats à Houston. On ne peut que remercier la divine Providence des progrès consolants si rapidement accomplis. A ces œuvres principales, il faut ajouter la direction spirituelle des religieuses de l'hôpital et de la communauté des sœurs du Verbe incarné du Saint Sacrement,

VICARIAT D'ALTA-SASK

Chers lecteurs des « Missions », avez-vous assez de loisirs pour... suivre certaines phases du développement des œuvres des Oblats à Saint-Joachim d’Edmonton ?.…

L'occasion de ma causerie est le retour, à la maison Saint- Joachim, du R. P. Alphonse Lemarchand. C’est déjà un ancien, Il se tient à mi-chemin entre la cinquantaine et la soixantaine, Il arrivait ici, une première fois, il y a vingt ans, nouveau prêtre, sinon tout à fait jeune prêtre. Ses supérieurs l’ont gardé ici comme vicaire, à peu près cinq ans, au début de sa carrière pastorale: puis, il a passé à Calgary où son séjour fut d'environ huit ans ; ensuite il fut rappelé à Edmonton.

Son prédécesseur immédiat est le R. P. Cozanet, dont nous aurons à parler, dans l'énoncé des travaux qui ont marqué son passage ici.

Voici quelques dates À noter.

En 18114, il y avait déjà quelques voyageurs et commerçants catholiques dans la région dont Edmonton est devenue le centre. Quels étaient les secours religieux offerts aux âmes ? Nous ne saurions le dire.

En 1838, MM. Blanchet et Demers, prêtres missionnaires, s'arrêtent à Edmonton, et y exercent la saint ministère quelques jours. Ces messieurs 8e rendaient à l'ouest des Montagnes Rocheuses, sur le littoral du Pacifique.

En 1842, M. Thibault, prêtre séculier missionnaire, fait une première visite apostolique à Edmonton. Dès lors Edmonton est réguliérement visitée chaque année par le prêtre.

En 1845 et les années suivantes, la visite devient à peu près mensuelle ; et dès 1856 les Oblats de Marie Immaculée en sont seuls chargés.

En 1882, un prêtre Oblat établit sa résidence fixe à Edmonton... ‘

Puis, passons aux faits plus récents :

Un embranchement du chemin de fer Canadien Pacifique (CG. P. R.) atteignit Edmonton en 189%. Ce fut le signal de l'invasion pacifique de la région par les immigrants agriculteurs. Edmonton s’enrichit d’un contingent de marchands et d'ouvriers.

Le recensement de la population catholique, pour 1896, dressé par le Rév. P. À. Lemarchand, constate qu’il y avait, en octobre de cette année, 860 catholiques répartis entre sept nationalités, réductibles à cinq langues : cris, français, anglais, allemand, polonais. L’année 1897 accuse une légère diminution ; 46 étaient partis ou morts contre 35 arrivés ou nés. Mais au 25 mars 1898, l'année même de mon arrivée, la population catholique de Saïint-Joachim reprenait sa marche ascendante et atteignait le chiffre de 461 âmes, réparties en sept ou huit nationalités, réductibles à cinq langues :

Voici le détail :

Métis d’origine franco-crise. . . . . . . . . 154 Canadiens d’origine française . . . . . . . . 154 Catholiques parlant anglais. . . . . . . .. 130 Allemands. . . . . . . . . . . . . . . . . 44 Polonais. . . . . . . . . . . . ess 6 Belges. . . . . . . . .. . . . . . . . .. 3

D'autre part, à la méme date, la mission Saint-Joachim avait pour annexe la mission voisine de Saint-Antoine, qui comptait 266 catholiques, ainsi répartis :

Métis d'origine franco-crise . . . . . . . . 60 Canadiens d'origine française. . . . . . . . 68 Catholiques parlant anglais. . . . . . . .. 50 Polonais (seize familles). . . . . . . . . .. 88

C'est cette même année, 1898, que le Rév. P. A. Kulawy vint à Edmonton pour évangéliser ses compatriotes et leur administrer les sacrements dont ils étaient privés, faute de prêtre les comprenant.

Peut-être que ces chiffres seront une révélation pour plus d’un de nos lecteurs et il n’est pas impossible que je sois accusé de rêver. Non: ces faibles chiffres sont exacts. La progression va continuer. Au 4er novembre 1903, la population catholique de Saint-Joachim est de 781 âmes, — et celle de Saint-Antoine dépasse 300. Il y a dix ans, le total des catholiques de la grande ville d’aujourd’hui s’élevait donc à 1.100 environ.

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L'édifice religieux en usage à Saint-Joachim, en 1898, était ce qu’en Europe on appellerait poliment une « grange » tenue propre et chaude. A Saint-Antoine, la chapelle était

de même allure. La première pouvait contenir deux cents personnes ; la seconde, une centaine.

Il fallait bâtir, et aussitôt que possible, en prévision de la marée montante de l'immigration.

En 189%, la nouvelle église Saint-Joachim, fraiche et coquette, pouvait contenir dans ses flancs cinq cent cinquante fidèles ; et en 1903, la nouvelle chapelle Saint-Antoine, gracieuse, pouvait abriter sous son toit trois cents fidèles.

En 1906, il fallut diviser la paroisse Saint-Joachim, ce qui amena la formation de la paroisse de l’Immaculée-Conception, où les Oblats sont demeurés jusqu’en 1911.

De sorte que, en cette année 1911, les Oblats assuraient le saint ministère dans les trois paroisses englobées dans la ville d'Edmonton, mais il fut décidé que nos Pères abandonneraient la paroisse de ’Immaculée-Conception, et concentreraient leurs forces sur celles de Saint-Joachim et de Saint-Antoine.

En outre, la question se posait, si le temps n’était pas venu de séparer les fidèles des deux langues entre lesquelles se répartit maintenant la population de Saint- Joachim ?

Séparer les fidèles selon leur langue, donner à chacune un édifice religieux, revenait à scinder de nouveau la paroisse : ce qui ne signifiait pas faire un schisme ! Toutefois, pratiquement, c'était créer deux paroisses, l’une au parler français, l’autre au parler anglais, sur le même territoire, mesure qui réclamait un double personnel, au lieu d’un unique personnel bilingues. Et il convient de le noter ici: le R. P. Cozanet a grandement travaillé à cette œuvre de dédoublement fraternel et paroissial.

Je viens de rappeler que la nouvélle église Saint-Joachim fut bâtie en 189. Le R. P. À. Lemarchand avait beaucoup

contribué à organiser les ventes de charité et les souscriptions pour recueillir la modeste somme requise dés le

début des travaux. Quelques matériaux furent amenés durant l'hiver... et à l'heure où la première motte de terre allait être ôtée pour les fondations, le R. P. A. Lemarchand recevait son obédience pour Calgary.

Il devait donc, et pour des années, être privé du fruit de ses sueurs de quêteur… Il ne songeait pas que, quinze ans plus tard, il serait rappelé à la cure de Saint-Joachim, grandie, débordante.

On ne peut tout dire à la course ; tout de même, en passant, rappelons que, à divers titres, les RR. PP, Leduc, Jan, Hétu et Naessens ont contribué à l'achèvement et à l’embellissement de l’édifice religieux.

De son côté, depuis trois ans, le R. P. Cozanet, durant ses fonctions du curé, a remué ciel et terre pour former l'opinion, assurer des convictions, et obtenir des décisions, afin de réaliser le dédoublement de Saint-Joachim. Le droit canon existe à Edmonton comme à Rome ou à Liège, et le chapitre de la division, formation, érection des paroisses y est lu et relu. Mais la loi civile ne s'occupe en aucune façon, pas plus pour la favoriser que pour l’entraver, de la création des paroisses. Les curés sont à la merci de la « bonne » volonté des paroissiens. Et les paroissiens sont à la merci de leur propre bourse, parfois très plate, même quand leur bonne conscience souhaite la formation d’une nouvelle paroisse.

Le R. P. Cozanet a travaillé par la réflexion, la parole, la patience, la diplomatie, la persévérance, et à Noël 1913, le principe du dédoublement de Saint-Joachim était admis unanimement par les deux éléments intéressés. Vers la fin de janvier 1914, un rescrit de Sa Grandeur Monseigneur l'Archevêque ïinstituait la paroisse Saint-Joachim, pour les fidèles de langue française, et la paroisse Saint- Joseph pour les fidèles de langue anglaise.

Mais le côté remarquable de l'affaire, le voici : à la veille de jouir du fruit de ses labeurs, le R. P. Cozanet prend, lui aussi, le chemin de Calgary pour y exercer le

saint ministère à la paroisse du Sacré-Cœur. Qui sait si, dans quinze ans, il ne sera pas rappelé de nouveau à la cure de Saint-Joachim, une fois de plus grandie et débordante ?

Donc, une des occupations du curé récemment installé, est de présider à la bonne direction de la paroisse, encore bilingue de fait, bien que dédoublée en principe, et à la construction d’un nouvel édifice sacré destiné à abriter dans son sein les fidèles de langue anglaise.

PL

Je touche à la fin de ma causerie. Mais que sont devenus les catholiques de langue crise, jadis paroissiens de la mission Saint-Joachim? Ils se sont éloignés et dispersès : éloignés d’Edmonton qui, pour eux, devenait trop cosmopolite, dispersés vers d’autres localités où vivent leurs congénères et coreligionnaires. C’est ainsi que l’ancien Saint-Joachim a perdu environ 150 âmes crises en quelques années, perte que l'immigration a compensée et au delà.

En résumé les Oblats ont quasi tout fondé à Edmonton. À savoir : la mission de Saint-Joachim : trilingue jusque vers 190%, puisque l’on parlait régulièrement à l’église le cris, le français et l’anglais. De plus, un oblat sachant l'allemand apparaissait quatre fois l'an pour l'avantage des catholiques de cette langue, et un oblat sachant le polonais — et par surcroît l'allemand, le français et l'anglais — venait aussi une fois par an pour l'avantage des Polonais.

Dès 1902, il y eut en résidence à Edmonton un Père oblat allemand, et les catholiques de langue allemande furent fort régulièrement desservis.

L'année suivante le Révérend Père P. Kulawyÿ prit un soin assidu de ses compatriotes. Il réussit à les grouper, et déjà une paroisse polonaise, avec sa chapelle à

elle, dédiée à saint Stanislas, est en voie de formation dans le nord-est de la ville.

Les Oblats ont fondé et développé de 1906 à 4941 la paroisse, d’abord trilingue puis bilingue, de l’Immaculée Conception.

Les Oblats ont fondé et développé à partir de 1894 la desserte de Saint-Antoine, devenue la paroisse du même nom, laquelle est destinée à l’heure présente à devenir la paroisse archiépiscopale d’'Edmonton, vu le tranefert du siège de Saint-Albert à Edmonton.

Les Oblats conservent les paroisses Saint-Joachim (française) et Saint-Joseph (anglaise) qui, par leur importance, réclament l’ardeur, le zèle, le savoir et la piété de trois prêtres chacune. Il ne faut pas oublier que ces paroisses comptent deux hôpitaux catholiques, un couvent-pensionnat, un couvent-refuge du Bon Pasteur.

Les communautés et les deux églises demanderont six messes chaque matin, au minimum. Et pour un plus grand bien, chaque communauté désirerait, si possible, avoir son chapelain attitré.

On le voit, les œuvres de nos Pères à Edmonton sont loin de diminuer!!

Nous évaluons à deux mille cinq cents le chiffre de nos paroissiens de Saint-Joachim. Il y a trois cents enfants à l’école catholique paroissiale. Nous avons cinq messes par dimanche, dont deux grand’messes; catéchismes et offices le soir.

Vu leur situation en plein cœur de la ville, à cinq minutes de la station du chemin de fer, Saint-Joachim et bientôt Saint-Joseph seront une attraction spéciale pour les fidèles d’un peu partout. Déjà on s’en aperçoit, dans l'exercice du saint ministère. Il est plus chargé que la population établie ne paraît l'indiquer, car nous répondons aussi aux appels d’une population flottante et voyageuse qu'il est impossible d'évaluer exactement,

La population catholique de la paroisse Saint-Antoine, bilingue, est d'environ quinze cents, y compris une annexe récemment ouverte sous le vocable de saint René. Tout cela est desservi par nos missionnaires.

Je ne puis poser la plume sans mentionner que c'est à Edmonton-Est, dans le quartier appelé autrefois Strathcona, que se trouve la « pépinière » ou le séminaire juniorat, placé sous Le vocable de l’apôtre saint Jean.

Je vous quitte, chers lecteurs, avec la consolation d'avoir fait un rapport officieux qui ne me vaudra ni palmes ni lauriers. L. J.-C. et M. I.

Louis CULERIER, O. M. I.

Ascension 1914.

II. — Noces d’or sacerdotales des RR. PP. H. Leduc et C. Tissier,.

À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’ordination sacerdotale des RR. PP. Leduc et Tissier, Sa Grandeur Mgr Legal, archevêque d'Edmonton, a adressé au clergé de l’archidiocèse la lettre suivante que nous sommes heureux de reproduire, puisqu'elle est l'hommage le plus autorisé rendu aux vénérés jubilaires. °

Lettre circulaire de Monseigneur Emile-J. Legal,O. M. I., Archevêque élu d’Edmonton.

AU CLERGÉ SÉCULIER ET RÉGULIER ET AUX COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES DE L’ARCHIDIOCÈSE.

Saint-Albert, le 15 mars 1914.

BIEN CHERS COLLABORATEURS, Jubilé d'or sacerdotal des RR. PP. H. Leduc, et Chr. Tissier.

Nous aurons la joie de fêter, cette année, un double joyeux anniversaire : le jubilé d'or sacerdotal de deux de

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