TROISIÈME TARI. EAU
(Les^ trois jages>pparaissant à la fois.)
LE PRÉSIDENT
La parole est h M* Favre, avocat de la partie civile!
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MAITRE FAVRE. (fl parte du çoâitr 9 *n grasteyant. — De temps en temps une espèce de taux vient êmailler son ditcours.).
Messieurs ! c'est avec un profond sentiment de pilié et de compassion que je prends la parole au nom de l'infortunée victime dont vous avez vu les traits tout à l'heure. Un des apanages principaux de la femme est la beauté ! la beauté qui fait nailre l'amour 1 l'amour ! qui se joue des mortels, il est vrai, mais qui est un des liens les plus puissants de la société ! — Quand la beauté est perdue, c'est le soleil qui s'est couché, c'est l'ombre qui erre dans le crépuscule terne ! c'est la nuit obscure, les ténèbres! — c'est l'oubli ! — Bien plus, messieurs, c'est le mépris peut-être et sa hideuse cohorte : le soupçon, le dédain et l'effroi !
J'ai connu M m * Pifardent à l'âge où les passions sont rutilantes et se précipitent dans l'existence comme les flots tumultueux d'une mer en délire! Alors, elle était d'une beauté que je n'hésiterai pas à qualifier de remarquable : ses prunelles noires ressemblaient à deux îles volcaniques surgissant au milieu de lacs argentés , — son nez, quoique un peu fort, avait de la grâce et
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de l'élégance; — sa bouche était si petite; qu'on l'eût vainement cherchée sur sa figure si le son de sa voix argentine ne fût venue guider les explorateurs!... En un mot, Milo, —le célèbre statuaire, — lui eût volontiers cassé un bras pour en faire sa statue...
LE PRÉSIDENT
Pardon, M* Favre, mais Milo n'est pas un statuaire...