‹ I pupazziChapitre 62 sur 95 · AIR NOUVEAU DE L1NDHEIM · texte numérisé non relu

AIR NOUVEAU DE L1NDHEIM

(Aie! aie! aie donc!)

J'aime l'ail et l'oignon, J'aime la soupe à l'uuile, L'macaroni qui file, Le poisson et Tang: il le, • L'olive et le melon, Aie, aie, aie, aie donc!

J'aime l'ail et l'oignon •

f!1G I PLPAZZI

Pour faire cette so»pf\ Que votre couteau. coupe Mieux qu'un rasoir anglais!

Que l'oignon, sous cette arme, Verse d'abord sa larme, Et puis la sèche après.

P'iis mettoz dm s le beurre.

Qmî par avance en pleure, Ces oignons désolés; Et que la fricassée Frissonne courroucée Sur les fourneaux brûlés I

Qu'enfin Tonde écumante A la friture ardente Fasse faire un plongeon !

Te}le est, simple et complète La meilleure recette De la soupe à l'oignon !

; (Entre chaque couplet ils dansent une bourrée.)

deyille, à part.

Je crois que je le tiens!

deschamps, à part.

Il pense me tenir!

(Haut.)

Mon cher monsieur Deville, il faut vous avertir

Que danser, c'est très-bien ; chanter, c'est mieux encore,

Mais que Fart oratoire est un art que j'adore;

— A la chambre des rats qui parlera pour vous?

DEVILLE

— Allons, vous plaisantez! — Je le dis entre nous, Je suis, je le confesse, un orateur factice ;

(Mystérieusement.)

Mais je possède un truc.

deschamps, étonné.

Un truc?

DEVILLE

Une malice, Si vous voulez; je sais contrefaire les voix Des acteurs renommés que j'ai vus tant de fois. De chacun d'eux je sais la note dominante.

Écoutez! je rendrai la Chambre confiante

Lorsque Félix dira * : c Sapristi ! je voudrais,

» Messieurs, chei les enfants trouver plus de progrès !

» Les enfmtsl on hur fait un fiux tableau du monde.

» Sapristi! Le régent qui les flatte ou les gronde

» Sapristi! le fait-il en bon père, en ami?

» Ou bien ne fait-il pas sa besogne à demi? »

DESCHAMPS

Évidemment ce son imite à s'y méprendre Celui que prend Félix.

deville.

Maintenant, je vais rendre Une interruption, dans ce parler gouailleur Qu'au Gymnase a choisi le comique Lesueur :

• Corbleu! ce que nous dit monsieur le commissaire » Au sujet de la loi, ne fait pas notre affaire ! » La Chambre rit et la loi passe, tout est là ! Faut-il prendre la voix naïve? Eh bien ! voilà Laurent qui se lamente : « Oh! que n'affreuse histoire! » Oh! que ne souffre! Dieu! que ne voudrais bien boire! » Le verre d'eau sucrée est soudain apporté.

Aimez-vous mieux la voix d'un acteur emporté? « J aimerais fort, messieurs ,qu'ons % explique et quoniranche » Dans le vif! V ennemi! j'en voudrais une tranche! » Je tuis de ceux qui vont tout droit à l'ennemi » Et je ne fais jamais les choses à demi!

* Imitation de la voix de Félix, du Vaudeville.— Les imitations sont eu italiques et guillemetées*

• Car je V écraserais tout comme une meringue! »

Vous avez reconnu celui-là, c'est Mémngue.

Pour lui répondre, il faut un orateur banal

Et lent. — Je vais alors prendre la voix (TArnal :

« Ah! mais, monsieur, pardon! vous passez la limite.

» Comme dans une pièce ayant quelque mérite,

» Un vaudeville ancien, Passé-Minuit, je crois,

» Je vous dirais : Monsieur, mats... vous mettez du bois! »

DESCHAMPS

Eh bien! j'en dis autant; vous abusez, compère,

Je ne crois pas en vous, vous croyant peu sincère ;

Je me méfie assez de vos intentions;

Vous pouvez faire ailleurs vos imitations!

Mon cher monsieur Deville, enfin, qu'il vous souvienne

Qu'ayant par trop de voix, vous n'aurez pas la mienne.

(Il sort.) DEVILLE.

Oh! malheur! Cependant il me reste un espoir:

(Au public.)

Messieurs! puis-je compter sur votre voix ce soir?

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