LAHOUR DS LA HOST
Enfin le sol chéri du meurtrier bruul.
Et le seul lieu sur terre où peut-£tre sans haine On attente en riant à toute vie humaine; Comme â ce feu pur éteint si lestement Pouvait se rallumer â tout commandement, Et comme ù les forts, les puissants de ce monde. Tous les bras musculeus de la planète ronde.
Pouvaient dans leur vigueur retendre le cordeau Qjie la Parque a tranché de son fatal ciseau I
Ahl n'est-ce pas assez que l'avare nature
Nous redemande à tous une dette si dure,
La vie, à tons la vie? et faut-il donc encor
Nous-mêmes dans le gouffre enfouir le trésor?
Oh I n'est-ce pas assez de U pâle vitesse,
De tous les rongements de la vie en faiblesse,
Du venin dévorant des soucb destructeurs.
Et de la maladie aux plainrives douleurs?
N'est-on pas sûr enfin, au bruit des chants funèbres.
De faire tôt ou tard le saut dans les ténèbres,
D'avoir trois pieds de terre après soi sur le flanc?
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86 l'amour de la hokt
Ne doit-on pas mourir? — S'il faut que notre sang
S'épanche, il est toujours des cai en cette vie
Où l'on peut le veraer avec quelque énergie :
Alors que l'étranger, tout cuirassé de fer,
Passe i travers nos champs comme un dieu de l'enfer.
Foulant d'un pied sanglant l'herbe de nos campagnes.
Et chargeant sur son dos les fils de nos compagnes :
Quand le bouclier d'or qui doit tous nous couvrir.
L'honneur de notre nom est prés de se ternir ;
Ou bien lorsque la loi, violée et maudite,
Répand des flots de pleurs par la ville interdite.
Ah ! voilà le moment I et le sang qui se perd
A toute la dté du moins profite et sert.
Mais tel n'est point le train ordinaire des choses.
Ce n'est point pour le juste et pour de belles causes
Qiie la m<»t violente aime à faire ses coups :
C'est pour de vils hochets, des rêves d'hommes soûls,
Une vaine piqûre, une raison folâtre.
Une affaire souvent de luxe ou de théltre.
Une froide parade, et, sans savoir pourquoi.
Le déair d'occuper les langues aprit soi.
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L'AMOVIt DE LA MORT 87
Vanité, vanité, je connais ton empire
Et je retrouve en toi toute notre satire.
O fille de To^ueill 6 terrible âiau
D'un peuple au cceur sans fiel, mais au faible cerveau,
ToujCHUs ton noir venin distillé sur ma race
Du haut jusqucs en bas en corrampra la masse ;
Toujours, nous ramenant dans un cercle fatal.
Ton souffle changera l'ceuvre du bien en mal.
Triomphe donc, à monstre! oui, de nos pauvres feaune;,
Comme un bouquet de fleurs, fuie les pures âmes ; ^
Fais de leur douce vie un destin mal filé;
Au vice dégoûtant vends leur corps maculé ;
Jusqu'au dernier degré de l'impure misère
Tu soutiendras l'éclat de leurs yeux, à Mégère I
Puis, verse au cœur de l'homme un désir insensé
De dominer le monde et d'en étte encensé;
Pour briller â tout prix, lance-le dans le crime;
Mets devant lui l'État au penchant de l'abtme;
Invente des forÉûts inouïs et sans noms :
Qji'importe que le sang ruisselle i gros bouillons,
Qjie le soleil se voile et la terre frémisse,
D..„-;;c:,G00glc
88 l'amour de la mort
Q,^e la tombe en ua jour en son vetiite engloutisse
Femmes, en&nts, vieillards, frappés d'un plomb soudain?
Q^'ioiponeat tant de morts à l'borribk gredin?
Il entendra les cris de toute la nature.
Sans trembler un instant ou changer de figure;
Car,suile champ du meurtre et même à l'échaiaud,
O vanité, c'est toi qui lui tiens le froQt haut,
Et lui doimes, grand Dieu I souvent plus de puissance
Qy.e n'en donne au cœur pur la sainte consdencel
Août i8]j.
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