‹ Iambes et poèmesChapitre 49 sur 72 · I9S ..DU · texte numérisé non relu

I9S ..DU

L'aspect tumultueux des pauvres criatum

Q(ii vivent, A BedIamI sous tes voûtes obscures!

Qjiel spectacle en efiet A l'homme présenté,

Qlie l'homme descendant i l'imbécillitél

Voyes ce bloc de chùrl Ainsi que dans l'enfance.

C'est un buste tout nu retombant en silence

Sur des reins bdolents, — des genoux sans ressort

Des bras flasques et mous, allongés sur le corps

Conune les rameaux secs d'une vigne traînante ;

Puis la lèvre enti'ouverte et la tite pendante.

Le regard incertain sur le globe des yeux.

Et k front tout plissé comme le front d'un vieux,

Et potmant il est jeune. — Oui; mais d^i la vie.

Comme un fil, s'est usée aux doigts de la Folie,

Et la tête d'un coup, dans ses hébétements,

wur le reste du corps a gagné soixante ans.

Ce n'est plus désormais qu'une machine vile

Qyà todne, sans finir, son rouage inutile;

Pour lui le del est vide et le monde désert;

L'été, sans l'émouvoir, passe comme l'hiver;

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BSDLAM I

Lt sommeil, quand il vient, ne lui porte aucun rive; Son oàl s'ouvre sans channe au soleil qui se lève; Il n'entend jam^ l'heure, et vit seul dans le temps. Comme mi homme la nuit égaré dans les champs; Enfin, toujours muet, la salive à la bouche, Incliné nuit et jour, il rampe sur sa couche ; Car, le rayon divin une fms obscurci, L'homme ne soutient plus le poids de l'infini; Loin du del il s'abaisse et penche vers U terre : La matière sans feu retourne i la matière.

Maintenant, écoutez cet aune en son taudis;

Sur sa couche en désordre et quels bunds et quels cri

Le tilence jamais n'habite en sa muraille ;

L^ fièvre est toujours là le roulant sur la paille.

Et promenant, cruelle, un tison sur son fianc;

Ses deus yeux retournés ne montrent que le bknc;

Ses poings, ses dents serrés, ont toute l'énerpe

D'un îvit^e au sortir d'une sanglante orgie.

S'il n'était pas aux fers, ah ! malheur aux humains

Q^ii tomberaient alors sous ses robustes mains I

aOO BEDLAH

Malheur I la force humaine est double ea la démence;

Laissez-la se ruer en un espace immense,

Libre, elle ébranlera les pierres des tombeaux,

Des plus hauts monuments les solides arceaux.

Et ses bras musculeux et féconds en ruines

Soulèveraient un chéae et ses longues radnes.

Mais, couché sur la terre, en étemels eSbrts

Le malheureux s'épuise, et devant ses yeux tors

Le mal, comme une roue aux effroyables jantes,

Agite de la pourpre et des lames brOlanies;

Et la destruction, vautour au bec crochu.

Voltige, nuit et jour, sur son front blême et nu ;

Puis les longs hurlements, les courts éclats de rire,

Comme sillons de feu traversent son délire.

Mab le [ùre du mal en ce vagissement.

Le comble de l'horreur, n'est pas le grincement

Du délire chantant sa conquête sublime

Par le rude go^er de sa triste victime,

Cest la mort toujours là, la mon toujours auprès,

Frappant l'être i demi sans l'achever jamais.

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Et telles sont pourtant les colonnes d'Hercule,

Les piliers devant qui tout s'arrête ou recule.

Les blocs inébranlés où les générations

L'une après l'autre vont fendre et briser leurs fronts ;

Le dilenune fatal aux plus sages des hommes,

Le rendez-vous commun de tous tant que nous sommes;

Où l'un vient pour avoir vécu trop hors de soi,

Et n'être en son logis resté tranquille et coi,

L'autre, parce qu'il a regardé sans mesure

Dans l'abîme sans fond de sa propre nature ;

Celui-ci par le mal, celui-U par vertu ;

Tons, hélas! quel que soit le mobile inconnu,

Par l'étemel défaut de notre pauvre espèce,

La misère commune et l'humaine faiblesse;

Et, de ce vaste cercle où tout semble aboutir.

Où les deux pieds entrés, l'on ne peut plus sortir,

Où, gueux, roi, noble et prêtre, enfin la tourbe humaine

Tourne au souffle du sort comme une paille vaine :

La porte la plus grande et le plus vaste seuil

Par où passe le plus de monde, c'est l'Oi^^ ;

Oui, l'orgueil est la voie entraînante, insensée,

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