CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR LA FAMILLE DES BLENNOÏDES
M. Cuvier, dans le second volume du Règne animal, avait fort éloigné de la famille des Gades les poissons que nous réunissons ici sous le nom de Blennoïdes, et il a continué de les laisser séparés dans son dernier ouvrage avec M. Valenciennes, parce qu'il rapporte les premiers à l’ordre des Malacoptérygiens, tandis qu'il place les seconds, ou les Blennies, ainsi que les genres voisins, dans son ordre des Acanthoptérygiens. [l y a, en effet, parmi eux, des espèces, en petit nombre, dont la nageoire du dos est munie de quelques rayons simples épineux, et que, par cette seule circonstance, il a dû rapprocher des Gobies, sous le nom de Gobioides, qui ne sont pas pour nous des Jugulaires ou des Propodes, mais bien évidemment des Thoraciques où Hémisopodes, leurs nageoires paires inférieures étant situées immédiatement au-dessous et même souvent un peu en deçà et en arrière des pleuropes ou des nageoires paires latérales.
Il est nécessaire de se convaincre queles Blennoïdes ne sont pas réellement des Acanthoptérygiens, en consultant les caractères assignés aux genres que nous allons citer; que même il n'est qu'un petit nombre chez lesquels on puisse reconvaître, dans la longueur de leur nageoire du dos, des rayons simples, dont l'extrémité pointue dépasse le bord de la membrane dans laquelle ils restent engagés.
Beaucoup d'espèces sont ovo-vivipares, et les individus mâles sont alors reconnaissables par une sorte de prolongement solide, percé d’un trou par lequel se termine le cloaque, et le tout simulant une apparence de pénis. Il y a lieu de
croire que cet organe est destiné à s’introduire dans la partie correspondante du sexe opposé, On s’est d’ailleurs assuré que la vivification des germes s'opère dans l'intérieur du corps de la femelle, puisque les fœtus sortent successivement vivants et très-motiles au moment de leur émission.
La plupart des espèces de cette famille ont le corps nu, et chez les autres les écailles, lorsqu'on les distingue, sont petites, molles et recouvertes d'un mucus épais, de sorte qu'elles paraissent comme enfoncées dans l'épaisseur de la peau. Quoique les nageoires paires inférieures soient étroites et qu'on ne voie pas de véritables membranes entre les rayons de ces catopes, parce qu'ils sont enveloppés dans une peau commune, on peut s'assurer qu’ils sont en petit nombre, le plus souvent de deux seulement; et, même lorsqu'il y en a davantage, on ne les distingue au dehors que par leur extrémité libre, qui paraît diviser légèrement cette nageoire et la rendre fourchue.
Voici comment les genres ont été établis : les uns n’ont pas du tout d'écailles, tandis que d’autres en laissent apercevoir.
Les premiers, dont la peau est tout à fait nue et trèsmuqueuse , sont les suivants :
1° Les Brexnies, dont les dents, plus ou moins longues, sont fixées sur les os des mâchoires ; elles portent sur la tête des appendices mous, en crêtes quelquefois dentelées, palmées et comme frangées. Les fentes de leurs branchies sont largement ouvertes. :
2° Les Pois, qui ressemblent aux premières, mais dont la tête n'est pas garnie d’appendices.
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3° Les Bcennecuis, dont les fentes branchiales sont étroites et placées au niveau des pleuropes.
4° Les Cnasmones, semblables aux Blennechis, avec cette particularité que leurs dents n’occupent que le devant de la bouche, qui est petite, et qu’elles ne forment qu’une seule rangée.
5° Les SaLar1As; ceux-ci se reconnaissent parce que leurs dents offrent cette disposition d'être comme implantées dans l'épaisseur des lèvres, où elles sont mobiles, pouvant se relever quand elles ont été abaissées; en outre, leur épiptère est longue et interrompue ou échancrée dans sa partie moyenne.
Les genres chez lesquels le corps, étant également muqueux et gluant , laisse cependant apercevoir des écailles enfoncées dans la matière épaisse qui recouvre leur surface, sont distingués entre eux par les caractères principaux que nous allons indiquer.
6° Les CLinus, dont l’épiptère est légèrement garnie d’aiguillons; la tête, un peu comprimée, porte des écailles trèsapparentes, et les dents nombreuses sont de longueur diverse.
7° Les Myxoves, dont la tête est pointue, avancée en nne sorte de museau; de plus, l’épiptère laisse distinguer des rayons simples, osseux, dont les pointes dépassent la membrane qui les recouvre.
8° Les Crisricers, caractérisés par leur nageoire du dos divisée en deux parties, dont l’antérieure est située sur la nuque comme la crête d’un casque.
9° Les CirrniBarges. Ce genre ne diffère essentiellement de celui des Myxodes que parce qu'ayant, comme ces derniers, une épiptère très-longue, l'extrémité de ses rayons
n'en est pas entièrement libre, et surtout par la présence des barbillons qui se voient au-dessus et au-dessous des màchoires.
10° Les TRIPTÉRYGIONS ; ils ressemblent aux espèces des genres précédents, mais s’en distinguent par la particularité qu'indique leur nom, tiré de l’épiptère qui est divisée en trois portions.
11° Les MuréNoipes ou GonELLes, dont la longue épiptère est indiquée par une nombreuse suite d’aiguillons ou d’épines qui remplacent les rayons sans membrane interposée.
12° Les Zoarcks, qui n’ont aussi qu'une seule nageoire du dos à rayons mous et confondus avec les autres nageoires impaires, l'uroptère et l’hypoptère.
13° Les ANARRHIQUES. Ils n’ont aussi qu’une épiptère, mais séparée des autres nageoires impaires; ils offrent cette anomalie de l'absence totale des catopes, particularité qui, d'après le système, nous a obligé d'indiquer aussi ce genre sous le n° [IT, page 225, parmi les Pseudapodes, ainsi que quelques autres appartenant évidemment à diverses familles naturelles.
14° Les OPISTHOGNATHES, chez lesquels les os de la machoire supérieure restent libres, distincts, comme détachés et prolongés en dehors, où ils sont dilatés en arrière de la bouche, et représentent ainsi une sorte de moustache.
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