‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 59 sur 110 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR LA FAMILLE DES TRACHINOÏDES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR LA FAMILLE DES TRACHINOÏDES

Tous les poissons osseux à nageoires paires inférieures situées sous la gorge, au-devant et au-dessous de leurs pectorales, sont par cela même faciles à distinguer ou à séparer d'avec ceux avec lesquels on pourrait, au premier apercu, leur trouver certaines analogies, et il faut reconnaître que, relativement à leur classement, cette particularité de l’insertion des catopes devient un moyen commode, qui facilite leur étude suivant un ordre naturel.

Le genre de vie de ces poissons, que l’on sait s'exercer principalement au fond des eaux, sur le sable ou sur les parages qui en sont couverts, et presque uniquement sur les bords de la mer, paraît avoir déterminé la conformation et même la situation constante de leurs catopes, ou des nageoires paires inférieures. On peut vérifier que la plupart, comme dans les deux autres familles des Gades et des Blennies, offrent peu de développement dans ces mêmes nageoires, principalement suivant le sens de leur largeur. Voilà pourquoi nous considérons ces trois familles comme appartenant à une même tribu naturelle, que nous nommons celle des STÉNOPES. Nous laissons ainsi ces poissons rapprochés, et c'est ce qu'ont cru devoir faire la plupart des auteurs, car 1is les ont désignés et placés dans le sous-ordre des Jugulaires, qui sont nos Propodes.

Dans la famille que nous étudions, la forme de la tête, sa surface, et surtout celle des opercules, sont tout à fait particulières. Généralement, on y remarque des épines et même

ICHTHYOSTÉS PROPODES TRACHINOÏDES. 249

des dentelures semblables à celles qui caractérisent la grande tribu des Acanthopomes, parmi les poissons thoraciques ou Hémisopodes. Voilà même pourquoi certains naturalistes, et G. Cuvier en particulier, avaient rapproché quelques-uns des genres, du groupe qui nous occupe, de celui des Perches, dont ils ont même emprunté et fait dériver une partie de leurs dénominations, en comprenant les genres dont il s’agit parmi les Percoiïdes.

D'autres genres ont été laissés avec les Gobioïdes, ou nos Gongylosomes, malgré la position de leurs nageoires paires inférieures sous la gorge, ce que le système que nous avons adopté ne nous permettait pas d'admettre.

Au reste, si l’on conserve dans la classification l'ordre des Propodes ou Jugulaires, comme nous pensons que cela est nécessaire, on voit de suite comment se trouve établie la famille dont nous allons faire connaître les genres, qui sont au nombre de neuf. Nous avons été assez heureux pour reproduire dans la dénomination même de TracHiNoïpEs, empruntée de celle d’un genre adopté par tous les auteurs, un terme qui indique vaguement l’une des particularités distinetives de cette famille. Elle consiste dans une sorte de rugosité que présente la tête de ces poissons, surtout dans la région des battants operculaires ; car les Gades et les Blennies, qui sont aussi des Propodes, ont toujours ces parties lisses ou sans aucune aspérité. On peut ajouter à ce caractère exclusif que les rayons des nageoires paires inférieures sont tout à la fois plus nombreux et plus faciles à distinguer, parce qu'ils ne sont pas aussi complétement enveloppés ou comme cachés par la peau, qui est moins épaisse que dans les autres familles.

Ainsi que nous venons de l'indiquer, le caractère essentiel

des Trachinoïdes réside dans les rugosités épineuses ou dentelées qui s’observent sur les côtés de leur tête, dont la forme varie, et, de plus, dans les rayons osseux des catopes ou antéropes, qui sont plus libres et plus nombreux que ceux des deux autres familles de la même tribu.

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