‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 71 sur 110 · DEUXIÈME TRIBU : LES LÉIOPOMES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME TRIBU : LES LÉIOPOMES

Caractères essentiels. Corps épais, comprimé, à opercules dont les bords n’ont ni dentelures ni épines, et dont les mächoires, toujours visibles, sont garnies de dents le plus ordinairement très-développées.

Nous n'avions désigné d'abord ces poissons, en les appelant Léiopomes, que dans le but de les opposer aux Acanthopomes par la comparaison; cette tribu des poissons osseux Thoraciques comprend un grand nombre d'espèces qui vivent presque toutes dans les mers du Midi, et surtout dans celles des régions australes.

Tous les genres compris dans cette tribu y avaient été introduits pour la première fois par nous, et sous cette même dénomination de Léiopomes, dans la Zoologie analytique, en 1806, et nous y avions fait entrer principalement les

quatre genres Mulle, Labre, Spare et Scare, avec quelques autres qui avaient été proposés par Lacépède, dont plusieurs ont dû être réformés et quelques-uns transportés dans d’autres groupes.

Telle qu’elle est maintenant constituée, cette tribu, ainsi que nous venons de la caractériser, ne peut comprendre que les poissons osseux Hémisopodes où Thoraciques dont le corps est comprimé, mais épais, et qui, par cela même, ne peuvent être rapprochés que des AGANTHOPOMES.

[ls se trouvent donc éloignés : 1° de ceux dont le corps est excessivement mince, Où peu épais, comme les OmaLoTEs, qui eux-mêmes se partagent en trois familles : les Pétalosomes, les Leptosomes et les Hétérosomes ; 2° des deux familles dont le tronc est long et arrondi, soit régulièrement, comme dans les Gongylosomes, soit en présentant une plus grande largeur vers la partie moyenne du trone, comme dans les Atractosomes ; 3° de ceux qui présentent quelque particularité notable, telle qu’une tête énorme, comme celle des Céphalotes ; /° de ceux dont l’étendue de la nageoiïre du dos, ou l’'épiptère, est excessivement développée, tels que les Zophionotes, qui ont dans la composition des nageoires paires latérales, où des pleuropes, quelques rayons séparés et isolés, nommés les Dactylés ; 5° de ceux enfin dont le développement de l’arrière-crâne est creusé en cellules ou petits réservoirs qui communiquent avec les cavités des branchies, et sont augmentés par le boursouflement ou par la concavité des battants operculaires; circonstance importante que nous avons cherché à exprimer en donnant à cette famille le nom d’Æydrotamiés.

Les genres compris dans cette tribu des Léiopomes cor-

ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES LÉIOPOMES. 299

respondent à ceux que MM. Cuvier et Valenciennes ont éloignés entre eux, en plaçant séparément, dans leur Zchthyologie, d’abord les Mulles, dans leur troisième volume, puis les Spares, dans le sixième, les Labres, dans le treizième, et enfin les Scares, dans le quatorzième.

Les notes très-simples et comparatives que nous avons proposées suffisent pour indiquer cette tribu; elles caracterisent les poissons osseux à nageoires paires inférieures, dites ventrales, situées au-dessous des pectorales, ou des Hémisopodes à corps épais, un peu comprimé, à opercules sans dentelures, crénelures ou épines. Voilà pourquoi nous les désignons sous le nom de LÉIOPOMES, tiré des mots grecs Ace, lisse, égale, sans aspérités, et de Ilüyx, opercule, couverture des branchies.

Ces caractères, comme nous l'avons fait voir par la comparaison synoptique, suffisent pour distinguer les genres de tous ceux qui ont été répartis dans les autres tribus ou familles de l’ordre des Médiopes.

Nous distribuons les genres de cette tribu en trois familles principales. Dans la première sont compris les Mulles et les Labres de Linné et d’Artedi. Ces poissons ont tous une conformation spéciale de la peau des gencives, qui dépassent les dents en dehors et autour des mâchoires, comme une sorte de bourrelet charnu; c'est pour cela que nous les avons rapprochés sous le nom de Sarcodontés où de Sarcostomes, c'est-à-dire à bouche charnue. Les espèces réunies sous ce nom avaient été primitivement indiquées, pour la plupart, sous la désignation de Labres.

Dans une seconde section, sous le nom de Gymnodontés,

nous rangeons ceux de ces Léiopomes dont les dents, géné- 2Q

ralement assez développées et le plus souvent aplaties, à bords tranchants ou pointus, paraissent à nu au-devant du museau, parce que les lèvres ne les recouvrent pas.

Enfin, dans une troisième division, qui comprend moins de genres, nous plaçons les espèces dont les mächoires saillantes et osseuses sont le plus ordinairement revètues de petites lames émaillées, qui proviennent de la connexion des dents, aplaties et rangées les unes auprès des autres, comme les petites plaques d’une mosaïque. Les trois genres qui présentent cette conformation des mâchoires conservent le nom d'Ostéostomés, ou à bouche osseuse, par analogie seulement avec les autres noms des deux autres familles, que nous appellerons les Ostéodontés.

Nous avons présenté l'analyse de cette classification dans les généralités qui précèdent l’ordre des Hémisopodes. Le tableau synoptique inséré ci-dessus à la page 263 nous dispense de la reproduire ici; mais nous suivrons dans l’examen des familles l’ordre dans lequel nous les avons rangées. Nous rappellerons seulement que les genres sont distingués entre eux, parce que tantôt les dents sont en apparence soudées en dehors ou à l'extérieur des os des mächoires, comme une seule pièce osseuse, en haut et en bas, et tantôt ces dents bien distinctes sont, dans l’état de vie, toujours recouvertes par de grosses lèvres, et enfin ces mêmes dents restent apparentes où à nu et parfaitement visibles.

ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES LÉIOPOMES SARCODONTÉS, 3OI

Page 1