‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 76 sur 110 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOUS-FAMILLE DES CHÉTODONTÉS · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA SOUS-FAMILLE DES CHÉTODONTÉS

Nous avons emprunté lenom de Chétodontés à celui donné d’abord au genre qui a servi au rapprochement des poissons offrant le mème caractère dans la forme, la longueur et la distribution des dents qui bordent leurs mâächoires, et qui, par leur ténuité ou leur finesse, sont semblables à des crins courts, à des cheveux, et réunies sur plusieurs rangs, serrées et rapprochées comme le seraient les poils d’une brosse; car c'est cette analogie avec des soies ou des poils que tend à exprimer la dénomination sous laquelle on désigne cette famille.

Cette réunion de genres est, en effet, très-naturelle quant à la forme totale du corps de ces poissons, et autorise la distinction qui peut se faire dans la grande tribu à laquelle ils appartiennent par leur tronc comprimé, court et éleve verticalement, en même temps que leur tête est symétrique. {ls offrent, outre la particu'arité de la structure des parties de la bouche, celle que la base de leurs nageoires impaires du dos et du ventre est recouverte de petites écailles, au moins dans la portion qui n'est pas armée de rayons épineux, particularité qui les à fait désigner sous le nom de Squamipennes.

L'existence de ces poissons semble bornée ou reléguée dans les mers des régions les plus chaudes de notre globe, où ils paraissent rechercher de préférence les rivages des rochers où des bancs rocailleux. La plupart sont ornés des couleurs les plus vives, et souvent distribuées en bandes régulières plus ou moins larges, qui traversent obliquement, se partagent et s'étendent de l'un et de l'autre côté du corps, comme une écharpe ou un baudrier, ce qui les a fait désigner sous le nom qui est traduit en français par celui de bandoulière, C’est par cela même qu'ils ont de tout temps excité la curiosité des voyageurs, qui les ont recueillis afin d’en enrichir les collections qu’ils ornent aujourd'hui par leurs belles couleurs, que l'alcool et la dessiceation ne paraissent pas complétement altérer. Comme on estime aussi la chair de ces poissons, dont quelques-uns acquièrent d'assez fortes dimensions, on à mis quelque importance à les obtenir par la pêche.

Les observations anatomiques auxquelles ces poissons ont donné lieu ont fait reconnaître quelques espèces fossiles dans les empreintes ou les restes de leurs squelettes, dont la forme est d’ailleurs si remarquable au premier aperçu, et ensuite par quelques particularités qui tiennent à la forme de la tête, et surtout de leurs nageoires impaires, soutenues par des prolongements singuliers, des vertèbres et des articulations toutes spéciales. On sait que leur estomac est ample, garni d'appendices pyloriques longs et nombreux, que leur vessie hydrostatique est fort développée, et que la membrane qui la constitue est assez résistante.

Nous avons dit déjà que Lacépède avait l’un des premiers reconnu qu'il serait utile de distinguer, parmi les Chétodons,

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plusieurs espèces dont les battants, ou pièces osseuses des opercules branchiaux, sont garnis de dentelures et même de fortes épines, et, depuis, les progrès de nos connaissances s'étant considérablement étendus, il était devenu nécessaire de partager, comme étant de la même famille, un assez grand nombre de genres; c’est ce qu'a fait Cuvier dans le tome VIT de son Æistoire des Poissons. On en trouve le très-utile résumé à la seconde page du texte de ce même volume, ce qui nous engage à exprimer le regret qu'une semblable analyse ne soit pas reproduite dans les autres parties de cet ouvrage.

Nous n'avons pas cru devoir suivre un meilleur guide, dans la distribution synoptique adoptée dans nos lecons publiques, que l’ordre indiqué déjà dans le Règne animal. Cependant, dans la diagnose des genres, nous n’indiquons que leur caractère absolu et essentiel, en citant une ou deux figures qui y sont relatives. Tout en numérotant l’ordre dans lequel ces genres doivent se suivre, nous n'assurons pas qu'il soit d'accord avec leur véritable série naturelle ; en cela nous nous sommes conformé à la manière dont Cuvier a cru devoir procéder dans l’exposé de leur histoire.

Nous séparons d’abord, comme l'avait fait Lacépede, les genres dont le préopercule est muni d’une pointe osseuse, et dont la nageoiïire impaire supérieure présente tantôt une série de rayons épineux dont la longueur est à peu près la même, comme dans les Holacanthes; tantôt, au contraire, quand ces aiguillons vont en augmentant successivement d'étendue de devant en arrière, et c'est le cas des Pomacanthes.

Chez tous les autres Chétodontés qui n'ont ni dentelures, ni épines aux opercules, on peut observer, tantôt que la nageoire du dos est unique, ou tantôt qu'elle est double. Quatre

genres sont dans le premier cas, et parmi eux les uns, comme les Hénioches, ont les rayons de cette épiptère tout à fait libres à leur extrémité, qui se prolonge en filaments, soit que leur corps présente de grandes écailles, ou de petites qui sont tout à fait rugueuses : tels sont les Zancles.

Les deux autres genres, chez lesquels la nageoire du dos n’a pas de rayons isolés, diffèrent en ce que dans l’un, celui des Chelmons, la bouche est prolongée en une sorte de tuyau, et que dans l’autre, les Chétodons, le museau est court, quoiqu'il puisse s’allonger à la volonté de l'animal.

Reste donc à étudier les quatre genres dont la nageoire du dos n’est pas continue. Il en est un, les Taurichthes, dans lequel la portion antérieure n'offre qu'un intervalle qui simule une échancrure, tandis que dans les trois autres les deux épiptères sont tout à fait séparées; mais la nageoire impaire inférieure diffère par le nombre des aiguillons qui la précèdent; il est de quatre dans l’un, les Scatophages, qui sont en outre fort remarquables par la petitesse de leurs écailles; chez les deux autres on compte quatre épines en avant de l’hypoptère; mais les nageoires paires latérales sont excessivement longues chez les uns, les Drépanes, tandis qu'elles sont courtes ou médiocres chez les autres, qui sont les Ephippes.

Suit le tableau synoptique.

ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES LEPTOSOMES CHÉTODONTÉS. 331 FAMILLE DES LEPTOSOMES.

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