‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 86 sur 110 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA FAMILLE DES GONGYLOSOMES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA FAMILLE DES GONGYLOSOMES

Nous aurions été très-satisfait de trouver dans la forme générale du corps des poissons, et à la première inspection, un moyen facile pour les rapprocher suivant un ordre naturel et indiqué d'avance. C’est ce que nous avons pu faire pour la moitié des genres, dont les nageoires paires inférieures sont situées à peu près au-dessous des pleuropes, ceux qu'on avait désignés sous le nom de Thoraciques, et que nous avons cru devoir appeler Hémisopodes.

Nous avons donc été heureux de pouvoir proposer : 1° pour ceux dont le corps est fort allongé, comprimé, en forme de lame mince, le nom de Pétalosomes ; 2° lorsque, par une conformation bizarre, et dans une exception tout à fait sans autre exemple parmi les animaux vertébrés, nous avons dénoté que certains poissons présentaient dans leur structure apparente, surtout dans celle de leur tête, un défaut évident de symétrie, nous avons saisi cette circonstance pour désigner ces espèces comme des //étérosomes ; 3° quand un certain nombre de ces poissons, dont la structure est régulière, sont surtout remarquables par leur peu d’épaisseur de droite à gauche, avec moins d'étendue de la tète à la queue, nous avons cru, afin de les rapprocher, pouvoir proposer pour eux le nom de Zeptosomes; %° quand ces poissons, ayant le corps arrondi, offrent cependant beaucoup plus de largeur dans sa région moyenne que vers ses extrémités, et qu'il présente ainsi la forme d’un fuseau, nous nous sommes servi de cette particularité, qui nous à fourni le terme par lequel nous désignons cette famille

comme dés Atractosomes. Malheureusement nousnoussommes trouvé obligé de nous arrêter à une dernière conformation générale, qui est celle que nous présentons ici. 5° Cette famille comprend tous les poissons osseux Thoraciques ou Hémisopodes, dont le corps est tout à fait arrondi ou en rouleau régulier, semblable à celui des Anguilles. Nous désignons cette famille comme celle des Gongylosomes, en réunissant les deux termes grecs loyyfos, arrondi comme un bâton, et 3üux, le corps, pour exprimer cette particularité par un seul mot.

Déjà, et depuis longtemps, nous avions rapproché les genres dont nous allons indiquer les noms, lorsque, dans la Zoologie analytique, page 123, nous avions partagé en deux groupes ces poissons à corps cylindrique, qui ne différaient entre eux que parce que les uns, que nous appelions P{écopodes, ont les nageoires paires inférieures réunies entre elles, et comme confondues en une sorte de disque, tandis que chez d’autres, les Éleuthéropodes, ces nageoires sont tout à fait distinctes, et éloignées ou séparées. Mais, comme ces genres sont peu nombreux et réduits aujourd’hui au nombre de dix, nous avons pu les réunir en une même famille, et leur donner un nom caractéristique, tel que celui de Gongylosomes.

Il s'agit maintenant de grouper les espèces , et voici comment, en les étudiant, nous y sommes parvenu, à l’aide de l’observation et de l'analyse, comme le représente le tableau synoptique des genres qui ont été adoptés par les derniers auteurs. Ainsi, ceux dont les nageoires paires inférieures sont réunies et confondues en un seul disque concave, dont le sommet rétréci sert de pédicule à une sorte d’entonnoir, different entre eux, parce que les uns forment un seul genre

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sous le nom de Gobie (1). Ce genre, primitivement institué par les auteurs, porte sur le dos deux nageoires bien distinctes ou séparées l’une de l'autre, tandis qu’on ne trouve qu'une nageoire unique dans les Gobioides (2), chez lesquels cet organe a tous les rayons à peu près égaux , ou s'élevant à une même hauteur, tandis que le bord supérieur de cette épiptère unique présente une légère échancrure dans le genre Æpocrypte (3).

Chez tous les autres, les catopes, ou les nageoires paires inférieures, sont séparées et portées à droite et à gauche du ventre, comme dans la plupart des poissons. Cependant il reste, pour ainsi dire, un indice de la jonction ou une trace de la réunion dont nous trouvons un exemple dans les trois genres précédents; mais tantôt cette sorte de conjonction, de soudure, des rayons des deux nageoires a tout à fait disparu ; tantôt c'est à la base de ces nageoires paires inférieures qu'on peut remarquer cette Jonction, soit sur une sorte de plastron ou de pièce centrale sous-pectorale membraneuse, très-elargie, comme dans les Platyptères (8); soit en un disque plus plat, dont le bord postérieur porte les rayons conjugués, qui restent ainsi indivis, et c’est le cas des Sicydiums (4). Enfin, dans cette même catégorie des catopes presque libres à la base et éloignés l’un de l’autre, on peut encore remarquer une sorte de membrane transversale qui les lie sous la région moyenne du ventre; tels sont les Échénéides (10). Ceux-ci offrent bien d’autres caractères, entre autres la conformation insolite et bizarre de leur crâne aplati, qui est garni d'un appareil destiné à faire adhérer le poisson, suivant sa volonté, aux surfaces sur lesquelles il peut l’appliquer.

Dans la troisième division nous rangeons les genres dont

les nageoires paires inférieures ne sont plus intimement liées entre elles,et paraissent presque complétement indépendantes. Parmi ceux-ci, une disposition particulière et presque anomale s’observe dans la structure des yeux, qui sont trèsgrands, saillants, rapprochés entre eux au sommet de la tête, et bordés d’un repli membraneux simulant des paupières. Les deux genres qui présentent cette particularité sont les Périophthalmes (7), dont la bouche est garnie de dents à peu près de la même longueur entre elles, et les Boléophthalmes (6), chez lesquels ces dents varient pour la forme et l'étendue.

Deux autres genres de cette section ont les catopes tout à fait séparés, et les yeux situés sur les parties latérales de la tête; ils diffèrent également par la manière dont on trouve les dents distribuées; ainsi les Philypnes (4) en portent au palais sur le vomer, tandis qu’on n’en voit pas sur la région supérieure de la bouche dans les Éléotris (5).

On conçoit pourquoi, d’après les numéros qui précèdent, les noms génériques se trouvent ainsi intervertis dans leur série; c’est afin de faire connaître à peu près l’ordre naturel qui doit réellement servir à les distribuer, tandis que l’analyse et le tableau qui en est le résultat ont dû conserver la marche du système artificiel appliqué à la méthode que nous supposons plus naturelle et que nous adoptons.

Nous devons faire remarquer que nous n’avons pas relaté, dans ce groupe, les genres 7rypauchène, Cuv.-Val., t. XII, p. 152, p£. 351, que nous regardons comme une espèce de Gobioïde; ni l’Æmblyope, Cuv.-Val. t. XII, p. 159, p£. 350, qui, d’après les figures, serait aussi un Gobioïde de Pondichéry; Tænioïdes, Lacép. Voir plus haut, page 326, les caractères de ces deux genres.

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FAMILLE DES GONGYLOSOMES.

Caractères essentiels. Poissons osseux Thoraciques ou Hémisopodes, à corps allonge,

cylindrique, sans barbillons.

échancrée au milieu . APOCRYPTE.

unique, , , non échancrée 2. Gopioine.

| réunis en entonnoir; épiptère ÿ. BOLÉOPATHALME.

| rapprochés; dents BAIE bre Sal $ \ double; yeux ['inégales. PÉRIOPHTHALME | séparés entre eux . Gore.

Catopes une membrane transversale . ÉcRéNÉDE.

incomplétement par : n 3 Ù Fi petit, arrondi 4. Sicyniuw.

un plateau | séparés ou éloignés entre eux large, étalé . PLATYPTÈRE, toutes semblables. ... . Pizypxe.

\complétement; bouche à dents différentes au vomer. 5 ÉLéornis.

I. GOBIE (Artédi, Linné\, nom grec très-ancien, Kw610ç, Gobius, Gobio. Cuvier-Valenciennes, t. XIL, p. 9, pl. 344, 345, 346 et 343. Lacépède, t. IT, p. 535, pl. 15.

Bloch, pl. 38.

Bonnaterre, Encyclopédie, 139.

Caractères. Corps cylindrique, allongé ; à deux nageoires du dos ou épiptère double ; les catopes réunis en un disque infundibuliforme ; les dents en velours, distribuées sur une seule rangée; les joues et les opercules sans écailles.

Beaucoup d’espèces inscrites (quatre-vingt-onze), dont dix-neuf d'Europe.

II. GOBIOIÏDE (Lacépède), semblable au Gobie. Cuvier-Valenciennes, t. XII, p. 139, pl. 348. Lacépède, t. IT, p. 280, pl. 17, n°1.

Caractères. Semblables aux Gobies, mais une seule nageoire du dos; épi-

ptère et hypoptère très-longues; la nageoire de la queue ou l’uroptère pointue.

Une seule espèce, d’origine inconnue ; du Pérou?

III. APOCRYPTE (Osbeck) ; du grec àréxpurtos, qui se cache, occultans. Cuvier-Valenciennes, t. XII, p. 142, pl. 349. Bloch, Système Schneider, pl. 15.

Lacépède, t. II, p. 539; Gobie pectinirostre. Hamilt. Buchan, pl. 37, fig. 10.

Caractères. Corps allongé, gluant, à deux épiptères ou une seule échancrée; des dents pointues, séparées sur un seul rang aux mâchoires, dont deux plus longues en bas et en arrière; uroptère prolongée en pointe.

Quatre espèces, des Indes, Bengale.

IV. SICYDIUM (Cuvier); de cxba, ventouse, parva cucurbita. Cuvier-Valenciennes, t. XII, p. 167, pl. 352. Bloch, 178, fig. 3.

Lacépède, t. II, p. 562, pl. xv, n° 2; Gobie de Plumier.

Caractères. Semblables aux Gobies, mais les catopes, au lieu d'être réunis au

fond d’un entonnoir conique, ont pour base un fond plat, frangé sur son bord libre postérieur; dents fines, pointues, en cheveux ; uroptère arrondie,

Quatre espèces inscrites, d'Amérique et des Indes.

V. ÉLÉOTRIS (Gronovius), nom ancien; du grec "Eéorotç, Athénée, de ëàne, chaleur du soleil.

Cuvier-Valenciennes, t. XII, p. 217, pl. 352. Bloch, p£. 299, fig. 2.

Lacépède, t. IT, p. 83.

Broussonnet, Décade I, n° 1.

Caractères. Corps oblong, arrondi en avant, comprimé en arrière; à nageoires paires inférieures (catopes) séparées ; dents en carde, mais non sur le chevron du vomer; six branchistectes ; écailles arrondies.

Ce genre comprend près de vingt espèces, toutes des mers chaudes. VI. BOLÉOPHTHALME (Valenciennes); de Bol}, élancé, juctus, et de 6ÿ02)os, œil, oculus.

Cuvier-Valenciennes, t. XII, p. 198, pl. 354 et 355.

Pallas, Spicil. zool., fasc. var, tab. 1.

Bonnaterre, Encyclopédie, p.64, pl. 36, n° 140; de Boddaert. Caractères. Les mêmes que ceux des Périophthalmes, mais avec les dents de Ja

mâchoire supérieure droites, plus avancées, et deux plus longues à l’inférieure. Quatre espèces, des Indes.

dot achat

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VII. PÉRIOPHTHALME (Bloch, Systema Schneider, pl. 14); de rep, autour,

et de éphakuds, œil.

Cuvier-Valenciennes, t. XII, p. 179, pl. 353.

Bloch, Système, pl. 14.

Lacépède, t. IE, p. 573, p£. 18, n° 1.

Bonnaterre, Encyclopédie, n° 130.

Caractères. Les yeux saillants, rapprochés au-devant du crâne et recouverts ou

bordés d’une sorte de paupière ; dents inégales, les unes en velours, courtes,

et les autres plus longues et coniques.

Sept espèces inscrites, toutes des Indes.

VII. PLATYPTÈRE (Kuhl); de rharbe, large, aplati, et de #tepù, les nageoires. Cuvier-Valenciennes, t. XII, p. 320, p£. 360. Cuvier, Règne animal, t. IL, p. 248.

Caractères. Deux épiptères bien séparées ; tête un peu aplatie, triangulaire ; catopes réunis par un écusson ou plaque pectorale qui les porte latéralement.

Deux espèces ou variétés, des Indes.

IX. PHILYPNE (Valenciennes) ; de gthos, qui aime, et de ürvos, le sommeil, dormuitator.

Cuvier-Valenciennes, t. XII, p. 255, pl. 358. Lacépède, t. IT, p. 599; Gobiomore, Platycephalus. Bloch, Systéme Schneïder, p£. 12.

Caractères. Semblable aux Éléotris, mais des dents sur le vomer; la bouche

très-fendue ; mâchoire inférieure plus longue; écailles rhomboïdales.

Une seule espèce, dela Martinique et de Saint-Domingue.

X. ÉCHÉNÉIDE (Artédi, Linné), nom grec ‘Eyevnis; de ëyew, retenir, et de vads, remora, arrèle-nef.

Cuvier, Règne animal, t. II, p. 347.

Bloch, pl. 192, Systéme Schneider, pl. 53, fig. 1. Lacépède, t. IIF, p.162, pl.ix, n® 1 et 2.

Bonnaterre, Encyclopédie, pl. 33, n°% 123 et 124.

Caractères. Corps anguilliforme, à sommet de la tête plat, garni d’un disque composé de lames osseuses ou de planchettes mobiles, garnies de petits crochets; une seule épiptère située en arrière, au-dessus de l'hypoptère; màchoire inférieure plus longue que la supérieure.

Cinq espèces, des mers du Sud.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA FAMILLE DES ATRACTOSOMES OU FUSIFORMES.

Cette famille des Atractosomes reste à peu près circonserite comme nous l’avions primitivement établie dans la Zoologie analytique; mais nous n'y comprenons plus les Épinoches, petits poissons qui, sous le nom de Gastérostés, ont de l’analogie avec les Saurels par les écailles qui garnissent les flancs dans quelques espèces, et avec les Centronotes par les épines dressées au-devant de la nageoire du dos. Cuvier avait placé ces Épinoches à la suite des espèces qu'il nomme à joues cuirassées. Nous ne voyons pas ces rapports ; mais, d’après le système que nous suivons, nous sommes obligé de les reporter dans l’ordre des Opisthopodes, parce que leurs catopes, ou hémisopes supposés, sont véritablement situés en arrière des pleuropes, comme dans les poissons abdominaux. Nous en éloignons aussi les Céphalacanthes, qui ne sont que de très-jeunes Dactyloptères, ainsi que nous l'avons reconnu et démontré les premiers sur les échantillons mêmes qui avaient servi à la gravure.

Cuvier, en changeant le nom que nous avions employé pour désigner cette famille, lui a donné celui de Scombéroides ; mais il ne lui a pas assigné un caractère précis. Il annonce, à la vérité, que tous ces poissons ont un air de famille, sans caractériser cette physionomie, en avouant qu'ils forment une série continue et naturelle dont les transitions ne tardent pas à être reconnues par l'observation et par l'examen successif de quelques-unes des parties de leur corps. C’est ainsi qu'il constate la présence ou l'absence de

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la carène, ou de la saillie que forme la peau sur les côtés de la queue ; celle des petites nageoires isolées, ou des pinnules, qui se trouvent à la suite des nageoires du dos et du dessous de la queue; puis celle des rayons épineux, ou des aiguillons, qui se voient au-devant de l'épiptère. Il reconnaît cependant qu'aucun de ces caractères n’est général ou commun à tous ces poissons. Malgré cet aveu, il partage cette grande réunion d'espèces en groupes ou tribus. Il commence, ainsi que nous l’avions fait nous-même d'après Lacépède, par la description des genres qui ont de fausses nageoires séparées après celles du dos et du dessous de la queue. Puis, dans une deuxième série, il range ceux dont la nageoire du dos n'offre pas une suite continue de rayons; dans une troisième série sont décrits les genres dont la région postérieure du corps est garnie de fortes écailles entuilées et carénées. Enfin il indique quelques autres particularités qui lui ont fait admettre, dans des divisions successives de ces mêmes Scombéroïdes, plusieurs genres que nous en avions depuis longtemps éloignés, pour les distribuer dans l’une des trois familles de la tribu des Leptosomes, d'après la forme et la distribution de leurs dents, ou dans celle des Lophionotes, et même dans des groupes tout à fait éloignés; tels sont, en particulier, les genres Apolectes, Rhyncobdelles, Mastacemble, etc.

Nous avons quelques remarques importantes à faire pour donner une idée générale de cette famille, qui, telle que nous la présentons ici, nous paraît des plus naturelles. Certainement la forme générale du corps, qui est arrondi et d’une certaine épaisseur transversale relativement à sa hauteur, est une observation des plus faciles; nous ne croyons pas devoir insister sur cette particularité, puisque tous ces pois-

sons ont réellement le tronc plus large dans sa région moyenne qu'il ne l’est à ses deux extrémités; c'est cet état de la corpulence, ou du plus grand volume de cette partie moyenne du tronc, que nous avons cherché à exprimer par ce terme d’Atractosomes, composé du nom d’un fuseau dont la partie moyenne est plus grosse que les pointes; c’est un outil qui est généralement employé comme le plus convenable pour tordre et tirer les fils, en le faisant tourner sur son axe. Cette nouvelle dénomination est même depuis nous souvent employée et introduite dans les dictionnaires et les ouvrages techniques.

Notre classification est donc ancienne, comme on peut le voir dans la Zoologie analytique; elle reste à peu près la même que la première section des Scombéroïdes, que Cuvier a cru devoir proposer dans son grand ouvrage sur l’ichthyologie, d'après la présence des petites nageoires isolées, ou des pinnules, comme il les nomme, qui font suite à l’épiptère et qui se retrouvent également derrière l’hypoptère, ou la nageoire sous-caudale. Les cinq premiers genres, en suivant la série des numéros, sont remarquables par l’analogie de leur forme générale, comparativement à celle des deux qui suivent, et qui sont excessivement allongés. Nous avons même été tenté d’y introduire un petit genre, ou plutôt une espèce de poisson de l’ordre des Opisthopodes, ou à nageoires paires abdominales, très-voisin cependant de la famille des Brochets, avec lesquels il a encore plus de rapports, quoique son épiptère soit suivie de petites pinnules isolées, comme dans les cinq genres placés en tête de cette famille. C’est le genre Scombrésoce (Iconographie, t. I, pl. 50, n° 2).

Quant au genre Chorimène, indiqué sous le n° 8, il res-

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semble tout à fait, pour le port et la conformation, d'une part, aux poissons du genre ZLiche, par sa nageoire du dos, et, d'autre part, aux cinq premiers genres par les pinnules isolées qui suivent les nageoires impaires du dos et du dessous de la queue; mais ces pinnules sont unies entre elles par une petite membrane qui semble les lier à la suite de la grande nageoire et en faire une partie continue.

Quant aux genres inscrits sous les n°9, 1oet 12, les notes indiquées suffisent pour les faire distinguer, puisque les Pilotes ou Vaucrates offrent un repli saillant sur les côtés de la queue, et que les autres ne présentent pas cette carène; en outre, dans l’un d'eux, celui des Zrachynotes, les nageoires impaires sont précédées d’épines qu’on ne retrouve pas chez les Élacates.

Nous reconnaissons que la détermination des espèces rangées dans les deux derniers genres est très-facile, puisque leurs caractères essentiels sont évidents à la seule inspection ; la distinction des espèces laisse cependant beaucoup à désirer, parce que les observations manquent à cet égard. Ainsi les Carangues réunissent, sous un même nom de genre, des poissons très-différents, quoiqu'ils offrent tous le caractère de la présence d’écailles saillantes, le plus souvent rudes et entuilées, tout le long ou sur une partie de la région latérale. En effet, la forme allongée, semblable à celle des Maquereaux, que présentent les Saurels ou Trachures, est fort éloignée de celle des véritables Carangues, dont le corps, très-plat, comparativement beaucoup plus court, se rapproche, pour la forme, de celle qui nous a servi à caractériser les Leptosomes.

Il en est de même du genre que nous avons placé le der-

nier dans cette famille, celui du X'iphias ou Espadon, qui comprend, comme nous avons eu soin de l'indiquer, des poissons qui se ressemblent par leur conformation générale, la même que celle des Thons, dont ils diffèrent par le prolongement osseux de leur museau. Ce dernier caractère ne laisse aucune incertitude; mais les trois ou quatre grandes espèces qu'on peut y introduire n'ont aucun rapport entre elles, si l’on a recours à la présence ou à l'absence et à la position variable des épiptères, des hémisopes et mème des pleuropes. Ce sont des particularités qui ont fait distribuer les espèces, par la plupart des auteurs systématiques, dans des ordres différents et très-éloignés les uns des autres. On verra en effet que l’un des Xiphias se trouve indiqué parmi les Pseudapodes, sous le n° V, page 225; le Voilier, ou Histiophore, avec les Lophionotes, page 380, et enfin le Makaira dans cette famille des Atractosomes, sous le n° XIV.

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