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Portrait de Molière, peint par Sébastien Bourdon

Molière, coiffé d'une perruque longue, vêtu d'une robe de chambre brun-rouge, rabat de dentelle, avec un nœud noir en forme de cravate, la main droite posée sur la gauche, est assis, tourné à gauche, sur un fauteuil rouge à crépines d'or, devant une table couverte d'un drap rouge, oii se trouve un encrier de plomb dans lequel est plantée droit une plume à longues barbes.

Ce portrait passe pour être l'original de la célèbre gravure de Beauvarlet d'après Sébastien Bourdon, faite, en 1773, pour le premier centenaire de la mort de Molière.

Le type du portrait de Sébastien Bourdon diffère notablement du type généralement accepté, tel que l'ont i>opularisé Audran, ('oypel et Houdon. Cependant Soleirol le regardait comme authentique, et la gravure de Beauvarlet ayant été dédiée aux premiers gentilshommes de la chambre du roi, «jui avaient la haute direction de la Comedie-Francaise, on peut supposer (^ue le choix de loriginal avait été fait par eux-mêmes.

Ce tableau a été acheté, en 1865. à l'hôtel des Ventes, par M. Aug. Vitu. Il arrivait de Bruxelles, où il avait été retrouve en assez mauvais état par un brocanteur. Il avait antérieurement appartenu au roi Charles X, qui en avait fait présent à une personne attachée à la Comedie-Francaise, laquelle personne eniigra, après la Révolution de 1830, et alla mourir a Bruxelles, oii son mobilier fut mis à l'encan et disperse. C'est M. Aug. Vitu qui nous a communiqué ces renseignements.

Ce tableau a été exposé, en 1873, au Musée-Molière. Voy. n» H du Catalogue. Il est absolument différent de celui (jui fait partie du Musée de Montauban et que nous citons, sous le numéro suivant, en regrettant de ne pouvoir le décrire.

IVinturo à l'huile, sur toib». II. I^io. T.. 0'"84.

!20. Portrait de Molière, tableau peint par Sébastien Bourdon, appartenant au Musée de Montauban.

Ce tableau, qui fait partie de la collection Ingres, léguée au Musée de Montauban, a été longtemps conservé dans l'atelier du donateur. Il était exposé au Musée-Molière, lors du Jubilé de 1873. Voy. le no 10 du Catal. Ce précieux tableau est tellement encrassé et enfumé, qu'on a peine à en distinguer les beautés. Ingres me disait, en parlant de cette belle peinture : « Je n'ai pas eu le courage de faire nettoyer mon tableau, dans la crainte de le livrer à un barbare ; mais je le vois tel qu'il est, parce que je le comprends. C'est bien là Molière. »

C'est, en effet, d'après ce portrait, mais en l'animant de sa propre inspiration, qu'Ingres a composé la figure de Molière, qui se trouve placé, au premier plan, à droite, dans V Apothéose d'Homère, ce chef-d'œuvre du maître, peint pour servir de plafond à une des salles de l'ancien Hôtel-de-Yille de Paris et qu'on en avait retiré, par bonheur, pour le remplacer par une copie, quelques années avant l'incendie de mai 1871.

Depuis, dans la dernière année de sa vie, Ingres avait fait une grande aquarelle de son Apothéose (THomèi^e, pour compléter et corriger la composition primitive de ce tableau; dans cette aquarelle, il a donné plus d'importance encore à la figure de Molière, en l'idéalisant encore davantage et en la mettant encore plus en évidence; il voulait, disait-il, que Molière s'élevât au-dessus de la foule des génies modernes. Cette belle aquarelle n'a pas été gravée, mais il en existe une admirable photographie, au tiers de grandeur de l'original, exécutée en 1865 par M. Ch. Marville, photographe du Musée du Louvre. Ingres avait l'intention défaire graver son aquarelle, qu'il a intitulée : Homère déifié.

21. Portrait de Molière, peint pour sa famille (par Mignard ou Sébastien Bourdon?).

Ce portrait appartenait à la fille unique de Molière, qui épousa en 1705 le sieur de Montalant; il n'est pas indiqué spécialement dans l'inventaire de ses meubles, où Ton mentionne en bloc les portraits de famille. Le sieur de Montalant, qui survécut à sa femme et mourut en 1738, dans sa maison d'Argenteuil, avait donné et légué, par son premier testament (voy. les Recherches sur Molière et sur sa famille, publ. par M. Eud. Soulié, pag. 342), « le portrait de feu M. Molière » à son ami, Du Bois de Saint-Gelais, connaisseur distingué en matière d'art, et secrétaire de l'Académie royale de peinture et de sculpture. On ignore la destinée de -ce portrait, qui était déjà délivré au légataire, lors de la rédaction du premier testament de Claude Rachel, sieur Montalant, en date du 11 janvier 1734.

2t>. La Comkdik dk Molière, tableau peint vers 1GG7 et attribué à Pierre Lebrun.

Molière, étendu sur un lit de repos à draperies pendantes, s'appuie sur les volumes de ses œuvres ; il est représenté jeune, sans perruque, petites moustaches, la tète presque de lace; il est vêtu à l'antique avec une chlamyde bleue. Au pied du lit, à droite, le Génie de la Comédie, sous les traits d'un Amour, armé d'un arc, repousse deux ligures alléf^'oriques, le Vice et Ylhjpocrisir. Dans le fond, motif d'architecture, colonnade avec un rideau vert ; au-delà, un jardin dans le style de Lenôtre.

Ce précieux tableau, qui n'a pas été gravé, faisait partie de la collection municipale de la ville de Paris. Il fut acquis de M. Maurice du Seigneur, architecte, à la demande de MM. Ingres et Baltard, qui le regardaient comme une œuvre excellente. Il a été brûlé dans les incendies du mois de mai 1871. On en a conservé une bonne photographie, demi-grandeur de l'original.

Peinture à l'huile, sur toile.

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