ORIGINAUX
36. Portrait de Molière, en pied. Simonin fecit. La tête de face, inclinée à droite, le corps tourné vers la gauche, il tient son bonnet à la main. On lit au-dessous cette inscription : Le vray portrait de M. de Molière en habit de Sganarelle, In-fol.
Ce portrait, dessiné sans doute d'après nature vers 1666, représente Molière, en sa qualité d'orateur de la Troupe, faisant une harangue ou une annonce au public, suivant l'usage, à la fin de la représentation.
Cette gravure, très-expressive, quoique d'un travail assez grossier, n'existe qu'au Cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale et provient sans doute de la collection de l'abbé de Marolles.
Quoique la figure soit grimaçante dans ce portrait, on y reconnaît pourtant le type du portrait gravé par Nolin, lequel n'a paru qu'en 1685, et par conséquent seize ou dix-sept ans après celui-ci, puisque, suivant Chappuzeau, La Grange avait succédé à Molière, comme orateur de la Troupe, six ans avant la mort de ce dernier.
37. Molière, dans le rôle de Sganarelle, de V École des marisy gravé par un anonyme, en 1661. Au-dessous, sur une draperie : U École des maris. In-12.
Cette gravure, qui accompagne la première édition de Y École des maris (Paris, G. de Luyne, 1661, in-12), représente la scène du second acte, dans laquelle Isabelle, que Sganarelle tient embrassée, donne sa main à baiser à Yalère. Molière est très-reconnaissable dans le personnage de Sganarelle. La décoration, avec les lustres du théâtre, est curieuse.
François Chauveau est le dessinateur et le graveur de cette estampe, qui figure dans son Œuvre gravé, recueilli par sa famille et légué à la Bibliothèque du Ptoi.
Bibliogr. moliér., \\° 5.
38. Molière, dans le rôle d"Arnolphe, de YÈcole des femmes^ gravé par François Chauveau, en 1663. Au bas de la planche, à gauche : F. C. fec, et au-dessous : LEscole des Femmes. In- 1:2.
Cette gravure, qui nous donne un portrait, sans doute très-res-
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semblant, de Molière dans un de ses rôles, où il s"est le mieux dépeint, avait été faite pour accompagner la l'e édition de VEcole des femmes (Paris, Louis Billaine, 16G3, in-12). L'artiste a représenté la scène du deuxième acte, où Arnoli)he, assis, interroge Agnès qui se tient debout devant lui. Nous avons là un bon portrait d'Armande Béjart, plutôt que de M^ic de Brie, qui certainement n'a pas créé le rôle d'Agnès.
39. MoLiÈRt: ET SA FEMME, représentés avec les costumes de leurs principaux rôles et couronnés par Thalie ; ^Tavés par Fr. Chauveau , en 1666. Deux pièces in-lt2.
Ce sont les deux frontispices de la première édition des Œuvres de Molière, publiée en 1666, 2 vol. in-12. Dans le premier frontispice, on reconnaît Arnolphe et Agnès, de Y École des femmes ; dans ie second, Sganarelle, de VEcole des i/inrisy et Mascarille, de V Étourdi. On ne peut douter de la ressemblance de ces portraits, dessinés d'après nature par François Chauveau, un des amis de Molière et de sa femme.
Ces deux frontispices sont composés avec beaucoup de goût et d'élégance; le premier est surmonté du buste de Térence, et l'on voit au bas deux singes dans des guirlandes de feuillages avec une tète de satyre. Dans le second frontispice, Thalie couronne Molière et Armande Béjart; au bas, un troi)liee d'instruments de musique.
Bibliof/r. moliér., n» 267.
40. Molière, dans le rôle de Sganarelle , de V Amour médecin, gravé par un anonyme, en 1666. Au-dessous, sur une draperie : L Amour médecin. In-1:2.
Cette gravure, qui accompagne la première édition de la pièce (Paris, Pierre Trabouillet, 1666, in-12), représente la scène (ii^ du second acte), où Sganarelle se dispose à payer les médecins, avant la consultation. La ressemblance des quatre docteurs doit être assez bien caractérisée ; il faut se rajjpeler (pie cette comédie fut jouée « sous le masque ». Quant au personnage de Sganarelle, c'est évidemment le portrait de Molière, avec le costume qu'il portait t't (jui est décrit dans son Inventaire ai)rès décès.
On attribue à Fr. Chauveau cette estampe, qui se trouve d'ailleurs dans son G'Juvre grave, à la Bibliothèipie Nationale de Paris.
liibliofjv. moliér., u° 11.
il. Molière, dans le rôle de Sganarelle, du Médecin mal-
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gré lui, gravé par un anonyme, en 1667. Au bas, sur une draperie : Le Médecin malgré luy. In-12.
Cette gravure, qui accompagne la première édition du Médecin malgré lui (Paris, Jean Ribou, 1667. in-12}, donne le costume que Molière portait dans la pièce, mais n ofifre pas un portrait exact et ressemblant.
L'artiste, qui ne doit pas être François Chauveau, car le dessin est aussi mauvais que la gravure, a représenté la scène 6 de l'acte III, lorsque Sganarelle passe un bras sur les épaules de Géronte, et l'empêche de regarder ce que sa fille et Léandre font ensemble. Le costume de Sganarelle, en robe de médecin, avec son grand chapeau, n'est pas décrit dans l'Inventaire de Molière, quoique le rôle ait été créé par lui; mais Molière ne le jouait plus, dans les dernières années de sa vie, oii il s'était dessaisi d'une partie de ses anciens rôles.
Bibliogr, moliér., n" 13.
42. Molière, dans le rôle d'Alceste, du Misanthrope, gravé par un anonyme, en 1667. Au bas, sur une draperie : Le Misanthrope. In-12.
Cette gravure, qui accompagne la première édition du Misanthrope (Paris, Jean Ribou, 1667, in-12), représente la première scène du premier acte, dans laquelle Molière est assis, le chapeau sur la tête, écoutant Philinte qui lui parle. C'est un portrait d'après nature, mais assez grossièrement exécuté, quoique le dessin accuse la main habile de Chauveau. La décoration nous donne l'aspect d'une salle dans une maison de la bourgeoisie riche.
Bibliogr. rnoliér., n» 12.
43. Molière, dans le rôle d'Orgon, de la comédie du Tartuffe^ gravé par un anonyme, en 1669. In-12.
Cette gravure, qui accompagne la seconde édition du Tartuffe (Paris. Jean Ribou, 1667, in-l2), représente la scène d'Elmire avec Tartuffe, pendant qu Orgon est caché sous la table. Molière, qui jouait Orgon, montre sa tête, en relevant le tapis, mais sa ressemblance n'est pas bien caractérisée, à cause de la grimace qu'il fait.
Quelques historiens du Théâtre soutiennent que Molière ne jouait pas seulement le rôle d'Orgon, mais aussi celui de Tartuffe. Cependant son Inventaire après décès ne décrit que le costume d'Orgon.
Cette estampe est certainement de François Chauveau. qui ne
l'a pas signée, parce qu'il gravait à cette époque beaucoup d'estampes de sainteté, pour l'exécution desquelles il avait la vogue et qui lui procuraient de gros bénéfices.
Bibliogr. moliér., n» 15.
4(. Scaramouche enseignant, Elomire étudiant. Gravé par L. Weyen, 1670. In-12.
Cette jolie gravure, qui avait été faite à Paris en 1670, pour orner la comédie satirique de Le Boulanger de Chalussay, Elutnire hypocondrc, offre le portrait de Molière dans un costume de théâtre. Elle est fort rare et ne se trouve ({ue dans peu d'exemplaires de la pièce.
Bibliogr, moliér., n» 1159.
111. — Gravures et litiiographiks, d'après différents portraits de molière.
D'après rs original inconnu :
•i5. Portrait, gravé par un anonvme, à Lyon, en 169i\ In-1^2.
Ce portrait, qui ditTère de tous les autres, et qui se trouve en tète de l'édition des Œuvres publiées à Lyon en 1692, représente Molière avec une grande perruque, enveloppé dans un manteau (jui laisse voir sa chemise garnie de dentelles ; il a l'air triste et sévère; il porte de très-petites moustaches.
Dans un ovale, avec cette incription : Jean B'< Poquelin Molière, premier comédien de S. M. très-t/trétienue et le plus fameux poète comique de son sicde, né en 1621, mort en 1673.
Il est probable que ce portrait, le premier qui ait figuré en tête d'une édition des Œuvres de Molière, avait dû être gravé d'après quoique mauvais tableau exécute à Lyon, par un peintre de la ville, a l'epociue où la comédie de VÉtowdi y lut représentée avec un si brillant succès. L'ouvrage de M. Brochoux, les Origines du Théâtre de Lguti, a constaté la situation florissante de la Troupe des Bejart et de Molière, pendant son séjour à Lyon.
D'après dikkkrknts i>oktraits peints par Mh.xard :
iti. — Jean /Japdste Poquelin de Molière. 11 est cii roho
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de chambre, assis de profil, le corps tourné à droite, la tête de trois quarts, du même côte; un livre dans la main gauche, une plume dans l'autre main. Sur la muraille , au fond à droite, un cartel dont les aiguilles marquent deux heures trente-cinq minutes. En bas, au-dessous du trait carré, à gauche : Petrus Mignard Trecensis pinxit. A droite : Jo. Baptis. Nolm sculpsit. 1685. In-fol. (H. !250^^. L. 200.)
Il existe cinq états de cette bonne gravure, qui est très-rare et qui reproduit un tableau de Mignard, qu'on ne possède plus :
— 1er état, avant toute lettre. Le doigt annulaire et le petit doigt de la main droite plies. Le bout du doigt du milieu en dehors du T. C.
— 2c état. Les deux mains refaites, les deux derniers doigts de la main droite allongés et le doigt du milieu en dehors du T. C. Le bec de la plume également en dehors.
— 3e état. Le cartel posé sur un pilastre, au lieu d'être appliqué à la muraille.
— 4e état, avec la lettre. Celui qui est décrit plus haut.
— 5e état. La gravure est rognée du bas et des côtés et entourée d'une bordure ovale qu'encadre un rectangle : les mains, sauf une petite partie de la gauche, et le cartel, se trouvent ainsi supprimés. Dans le bas de la bordure ovale, un écusson avec armoiries allégoriques: un masque de théâtre et trois miroirs. H. 24G™™., L. 13G, y compris l'encadrement; et en dedans de l'ovale, H. 170™™., L. 136.
Ce dernier état est celui publié dans les Hommes illustres qui ont paru en France pendant le siècle, avec leurs portraits au naturel, par Charles Perrault (Paris, 1696-1700, 2 tomes en 1 vol. gr. in-fol.). C'est ce dernier état qu'on assure avoir été retouché et modifié par Edelinck, qui a gravé, avec Lubin, tous les portraits du Recueil de Ch. Perrault, aux frais de Michel Bégon, intendant de la Rochelle.
Bibliogr. moUér., n» 979.
Le cartel , placé derrière le personnage, près de sa tôte, et dont les aiguilles marquent deux heures trente-cinq minutes, a préoccupé les chercheurs, qui ont voulu voir ici une indication précise de l'heure où Molière serait mort dans la nuit du 17 au 18 février 1673.
47. — Autre portrait, d'après Mignard. Dans une bordure rectangulaire. Molière est représenté assis, à mijambes, presque de face, la tête de trois quarts tournée
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à gauche, le bras droit appuyé sur une console; il porte une grande perruque; il regarde de face et indique de la main gauche un objet qu'on ne voit pas. On lit au-dessous : Jean Baptiste Poquelin de Molière poëte comique. A Paris, chez Crépy. In-4.
Il y a des épreuves avec l'adresse de Crépy : rue Si-Jacques, à S t- Pierre.
4^. Habert scalp, à Paris, rue Saint-Jacques. Le corps tourné à droite, la tôte de trois quarts à gauche. Médaillon ovale, dans un parallélograme rectangulaire orné des attributs de la Comédie, avec cette inscription autour du médaillon : Jean Baptiste Poquelin de Molière, décédé à Paris le 17 février 1673. In-fol. (H. î2oO°^"'. L. 17i.) Au-dessous, cette légende :
Pour réformer les mœurs, pour régler noire vie, En vain ont travaillé les plus doctes esprits; De cet auteur fameux la fine raillerie Nous en dit plus que leurs écrits.
Parmi les attributs, une feuiHe de papier à demi roulée, sur laquelle est écrit à rebours 168.. ; premiers chiffres probablement de l'année où la gravure avait été exécutée. Cette gravure est brutale, mais d'un caractère frappant, (jui l'a fait considérer comme un des portraits les plus ressemblants de Molière. Le tableau de Mignard, d'ai)rès lequel elle aurait été faite, n'est pas connu.
11 y a des épreuves avec celte adresse : A Paris, chez Masson , rue ilu Petit- Pont, vis-à-ris la Rose rouge, à lU'fihe (sic) de la rue St-Jacqucs.
Il y en a d'autres, où on lit au-dessous du cadre : Mifjnard
pinxit.
Ce portrait aurait ete publié, dit-on, on 1686. Nous sommes portés à supposer (pi'il a paru plus tôt, peu de temps après la publication de la première édition complète des Œuvres, en 1682, qui n'avait pas de portrait de Molière.
il». — Portrait, d'apri^s Mignard. Do trois quarts, un peu tourné à droite. Dans un ovale d'architecture. Au-des-
SOUS : Jean-Bapthte de Molière. Sans aucun nom d'artisle. Type Audran. In-12.
Ce portrait, un des premiers qui aient paru dans une édition des Œuvres de Molière, se trouve en tête de celle de Toulouse, Cnranove, 1699, avec les fig. de F. Ertinger.
Bihliogr. moliér., n" 299.
50. — P. Mignard pinx. B. Audran seul. Dans un ovale sur un socle d'architecture. Le personnage, tourné vers la droite, regarde vers la gauche. Sur le socle : Jean Baptiste Poquelin de Molière. 1705. In- 12.
Ce beau portrait paraît avoir été fait pour la première édition de la Vie de Molière, par Grimarest.
Bibliogr. moliér., no 983.