‹ Iconogaraphie moliéresqueChapitre 78 sur 159 · M"»'' DE LA Sablière, l'amie de La Fontaine, morte en · texte numérisé non relu

M"»'' DE LA Sablière, l'amie de La Fontaine, morte en

— Portrait dessiné par Colin, 18!23, gravé par Tony Johannot. ln-8. — Lithnj^r. de Dclpcch. In-fol. et in-8.

M™p de la Sablière, l'amie liilèle de La Fontaine, ne i)ouvait être que l'amie de Molière, (pii fréquentait souvent sa maison: <« Il e.st assez bien établi, dit M. Taschereau dans la 5« édit. de l'Histoire de vie (le MoHh-e (p. 225), que le latin niacaronique de la ]>urles(pie cérémonie, par lacpielle Molière eut l'idée de terminer son Malnde iinar/inairc, fut improvisé en commun, à un souper, chez M"^ de la Sablière, où se trouvaient, entre autres convives, avec Ninon de Lenclos, Molière, Boileau, et, on l'en a accusé, le médecin Mauvillain. »

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Les relations polies et sympathiques qui existaient entre Molière et M™e de la Sablière avaient commencé sans doute à l'époque où il faisait, en petit.» e mité, des lectures de son Tartuffe, dont la représentation était mterdite par ordre du Roi. La Fontaine l'avait décidé sans peine à faire une de ces lectures chez M™^ de la Sablière, qu'on appelait, du nom de son mari, M^c de Rambouillet. On trouve cette mention dans le Registre de La Grange, au IG mars 1G64 : « 'UEscolle des maris et V Impromptu , chez M°»e de Rambouillet, 330 livres. »

328. Élisabetu-Sopiiie Guéron, femme de Jacques le Hay, musicienne, peintre et poëte, membre de l'Académie de peinture, né en 16 48, morte en 1711.

— Portrait peint et gravé par elle-même en 1693. In-fol. — Bricard, d'après Santerre.

Mlle Chéron, élève do C. Lebrun, avant son mariage avec Jacques le Hay, prit fait et cause pour son maître, que le poëme de la Gloire du Val-de-Grâce avait vivement ému et affecté, car il se trouvait entièrement sacrifié à Mignard dans ce poëme où il n'était pas même nommé, quoiqu'il fût alors premier peintre du Roi. Mi'« Chéron composa donc une réponse en vers, assez faible, toute en l'honneur de Lebrun, et elle l'envoya manuscrite à Molière, qui devint depuis un de ses amis. Cette réponse n'a paru que longtemps après, en 1700, dans un recueil intitulé VAnonimiana, dont M'ie Chéron pourrait bien être l'auteur. Le brouillon autographe, chargé de ratures, se trouve dans les Mélanges inédits de ïrallage, à la Bibliothèque de l'Arsenal. Le début de ce poëme intitule : la Coupe du Val-de-Grdce à M. de Molière, est un éclatant éloge de l'auteur de la Gloire du Val-de-Grûce ; en voici les premiers vers :

Esprit de nos jours le plus rare,

Toy de qui la plume sépare

Ton nom d'entre tous les Acteurs,

Pour le mettre au rang des Autheurs ;

Toy qui sans effort de ta veine

Corriges la nature humaine,

Et qui par un art merveilleux

Joins au plaisant le sérieux;

Qui critiques sans complaisance

Toutes les sottises de France...

329. Gaston de France, duc d'Orléans, fils de Henri IV, né en 1608, mort en 1660.

— Michel Lasne dei. et se. In-i. — Lasne, d'après

lu ICONOGRAPHIE

Fr. Chauveau. In-fol. Dans une Thèse. — Vaidijch p. Vosterman se. In-fol. — Poilly se. In-fol.

Longtemps avant que M, Eudore Soulié eût découvert les documents qui ont jeté un nouveau jour sur la jeunesse de Molière, nous avions entrevu que Gaston d'Orléans avait été le premier protecteur de Y Illustre Théntre et de Molière, car Madeleine Béjart fut la maîtresse en titre d'Esprit de Raymond, baron, puis comte de Modène, et ce dernier était gentilhomme de la chambre de Gaston d'Orléans. Nous voyons, en effet, dans un acte notarié du 17 septembre 1G44, publié par M. Eud, Soulié, qu'un des associés de Molière, Germain Ciérin, est qualifié « comédien de Y Illustre Tliéntre, entretenu par Son Altesse Royale ». On s'explique ainsi comment les acteurs de l'Illustre Théâtre étaient appelés sans cesse, en visite, au Luxembourg, où ils jouaient non-seulement des tragédies et des comédies, mais encore des ballets et des pièces en musique.

330. François de Beauvillier, duc de S*-Aignan, lieutenant général des armées du roi, premier gentilhomme de la chambre du roi, ami et protecteur des poètes et des littérateurs h la Cour, né en 1610, mort en 1687.

— Ddlthasar Monteurnct excit. In-i. — Larmessin. \n-i, — Miekel Lasne. In-8. — Daret, 1645. In-i.

Le duc de Saint-Aignan, qui composa, pour les Fêtes de Versailles de 1664, la scène des Deux Nymphes avec Alcine (Mii« Molière jouait le rôle de Dircé^, était trop amoureux de la poésie pour ne pas avoir pris Molière en grande amitié : ce qui h' j)rouve, c'est (jue les ennemis de Molière essayèrent de lui faire tort auprès de ce puissant protecteur, en disant que le personnage d'Oronte, dans le Mi.sa?ithrupe, avait été composé d'après le duc de Saint-Aignan. Cependant, dit Grimarcst, « Molière avoit lu son Misanthrope à toute la Cour, avant que de le faire représenter, et le duc de Saint- Aignan ne s'étoit pas reconnu sous les traits d'Oronte ; il sut donc mauvais gré à ceux qui s'obstinoient à le reconnoitre, et il n'en voulut pas à Molière. »

Le duc de Saint-Aignan se mêlait de faire des comédies, et il en fit représenter une, à beaux deniers comptants. On lit dans le Registre de La Grange : « Le jeudy, 10 janvier 16G4, joué dans nostre salle, au Palais-Royal, pour le Roy, la Brndaniantc ridiculr, qui nous avoit esté donnée et commande de la jouer. ])ar M. le duc de Saint-Aignan, premier gentilhomme de la chambre tlu Roy, (jui avoit donne cent louis d'or à la Troupe pour la despence des habits qui esloieut extraordinaires. »

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331. Henri de Lorraine, duc de Guise, célèbre par son aventureuse expédition de Naples, né en 1614, mort en

— L. Cîttermans p. Morin se. In-fol. — Hans p. Rousselet se. 1656. In-fol. — Portrait équestre. Daret. In-fol.

Le duc de Guise, qui comptait parmi ses gentilshommes le baron deModène, amant en titre de Madeleine Béjart, fut certainement un des premiers protecteurs de Molière. A l'époque de V Illustre Théâtre, on publia une pièce de vers [Recueil de diverses poésies. Paris, Toussaint du Bray, 1046, in-8), adressée à monseigneur le duc de Guise « sur les présents qu'il a faits de ses habits aux Comédiens de toutes les Troupes ». C'est dans cette pièce de vers que l'on trouve pour la première fois le nom de Molière, qui avait eu sa part dans cette distribution d'habits de cour :

La Béjart, Beys et Molière, Brillants de pareille lumière, N'en paroissent plus orgueilleux , Et depuis cette gloire extrême, Je n'ose plus m'approeher d'eux, Si ta rare bonté ne me pare de même.

332. Puilippe de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIV, né en 1640, mort en 1701.

— Daret., 1657. In-4. — Fr. Poilly, d'après J. Nocret. In-fol. — Larmessia. In-4. — B. Moitcornel. — \an Seuppen^ 1660, d'après J. Nocret. In-fol. — Nantcidl del. et se. 1671. In-fol. — Mignard p. Scotin se. In-fol. — Le Febvre p. Van Sehuppen se. 1670. In-fol.

Le jeune duc d'Orléans fut le premier protecteur de Molière et de sa Troupe, lorsque les amis de ce dernier lui conseillèrent de se rapprocher de Paris, en 1658, et de se tenir prêt à être mandé par le roi. On peut donc attribuer, presque aver. certitude, à Monsieur, influencé par son ancien précepteur La Mothe le Vayer, la recommandation spéciale qui détermina Louis XIV à faire venir à Paris la nouvelle Troupe, qui devint la Troupe de Monsieur, et qui s'installa sous ce titre à l'Hôtel du Petit-Bourbon. Le frère du roi avait promis à ses comédiens ordinaires une gratification (^u'il ne leur paya jamais, mais il les couvrit de sa protection et les aida ainsi à se mettre dans les bonnes grâces de la Cour et du public. Loret , dans sa Gazette en vers, raconte en ces termes, sans toutefois nommer Molière, la première visite que Monsieur rendit au théâtre qui por-

tait son nom, peu do temps après l'ouverture de ce théâtre, pour y voir représenter Y Etourdi et le Dépit amoureux :

De notre Roi le frère unique Alla voir un sujet comique, En rilùtel du Petit-Bourbon, Mercredi, que l'on trouva bon.

Que ses comédiens jouèrent , Et que les spectateurs louèrent.

Ce prince y fut accompagné De maint courtisan bien peigné, De dames charmantes et sages, Et de plusieurs mignons visages.

Le premier acteur de ce lieu, L'honorant comme un demi-dieu, Lui fit une harangue expresse, Pour lui témoigner l'allégresse Qu'ils rccevoient du rare honneur De jouer devant tel seigneur.

333. Henriette-Anne d'Angleterre, fille du roi Charles I" et (rilenrielte de France, premioro femme de Philippe duc d'Orléans, née en 1644, morte en 1()70.

— Mellan se. In-8. — Lonyiessin se. In--(.

Henriette d'AuL-'lcterre tint sur los fonds, nvec Louis XIV, le premier enfant de Molière, le 28 février lt)G3. Molière était alors valet de chambre tapissier du roi et chef de la Troupe de Monsieur. Mais la protection particulière dont l'honorait la ducliesse d'Orléans s'était déjà traduite jjar des témoignages de bienveillance, cjue Molière ne put mieux reconnaître c^u'en dédiant à Madame l'Ecole des fcm)neSj comme il nvnit dédit» l'Vj'olr des- ;/jr/r/.s- à Monsieur.

331. Jean-François Sarrasin, conseiller du Roi, poëte français, né en lf)03, mort en 1651.

— Nantcuil (li'Un. 1(540, r/ sculp. 1656. In-i. — Jac. Luhin sculp. In-fol.

Sarrasin, qui était secrétaire du prince de Conti, aux Etats du Languedoc, témoigna beaucoup de sympathie à Molière, que le prince de ('(Uiti avait mandé, avec sa Troupe, au château de la Orange. « Pendant que cette Troupe se disposoit à venir sur mes ordres, raconte l'abbe l)ani»d de C'osnac dans ses Mémoires, il en arriva une autre à iVzénas, qui étoit celle de Cormier, w Le prince voulait donnor la préférence à Cormier, mais, ajoute Daniel de Cosnac, « pressé par Sarrasin, que j'avois intéressé à me servir, il

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accorda qu'ils (les Comédiens de Molière) viendroient jouer une fois sur le théâtre de la Grange. » Avec l'aide de Sarrasin et de Cosnac, Molière rentra dans les bonnes grâces de son ancien condisciple. Les biographes de Molière rapportent que Sarrasin étant mort subitement (le prince de Conti fut accusé d'être cause de sa lin tragique), la place de secrétaire des commandements du prince aurait été offerte à Molière, qui la refusa. L'exemple du pauvre Sarrasin n'était pas fait pour décider Molière à lui succéder. Son Eloge en vers a été fait par Fr. de Callières, qui ne le connaissait que par ses œuvres et par le témoignage de Chapelle :

Par des attraits jusqu'alors inconniis, Sarrasin seul, de la belle Venus, Sembloit avoir emprunté la ceinture :

Il fut suivi des Grâces et des Ris, Lorsqu'il chanta l'amour et la souris, Mais quand il fit la Pompe de Voiture, Pur Castillan, Latin, Toscan, François, Nouvel Orphée, à toute la Nature, 11 fit sentir les charmes de sa voix.

Dans un Recueil de mélanges du xviic siècle (Bibl. de l'Arsenal, Mss., B.L.F., 364 ^e;*), il est dit que Sarrasin, « mort en 1657 {sic)^ par la disgrâce de son maistre, qu'il encourut en se meslant d'une affaire qui luy déplut, écrivit en mourant une lettre à Ménage, une à Mlle (le Scudéry, que M. de Conty retint. »

335. Armand de Bourbon, prince de Conti, né en 1629, mort àPézénas en 1666.

— En costume d'abbc. Grêg. Huret. In-fol. — Daret, 1646. In-4. — Daret, 16 47, in-fol. Dans un ovale, porté par des anges. — Dans un ovale, porté par un ange. Fr. Chauveau. In-fol. Dans la Thèse de Louis-Albert de Chaulnes.

Le prince de Conti, qui avait eu Molière pour condisciple quand il suivait le cours de philosophie de Gassendi, rendit certainement quelques services d'argent à Molière, comédien, mais il les lui fit payer par de mauvais procédés, en diverses circonstances, quoiqu'il eût appelé auprès de lui la Troupe des Béjart pendant les Etats de Languedoc. Il se brouilla depuis avec Molière, quand il devint dévot, et l'on s'explique ainsi comment Molière ne lui a pas dédié une seule pièce. L'antipathie du prince et du comédien s'accusa davanta^^e, jusqu'à ce que le prince composa et tit imprimer son Traité de lu Comédie, oii il n'éparirnait pas plus le comédien que l'auteur dramatique. Ce traité ne parut (ju'après la mort de l'auteur, et, si Molière n'y était pas nommé, il se trouvait clairement

désigné dans ce passage : « Si l'on veut regarder la simple Comédie dans son progrès et dans sa perfection, soit pour la matière et les circonstances, soit pour les effets, n'est-il pas vray qu'elle traite presque toujours des sujets peu honnestes ou accompagnés d'intrigues scandaleuses ? Les expressions même n'en sont-elles pas sales ou du moins immodestes ? Peut-on nier ces vérités des plus belles comédies d'Aristophane et de celles de Plante et de Térence? Les Italiens, qui sont les premiers comédiens du monde, n'en remplissent-ils pas leurs pièces? Les tarées françoises sont-elles pleines d'autre chose ? Et, mesme de nos jours, ne voyons-nous pas ces mesmos deffauts dans quelques-unes des comédies les plus nouvelles ? M

Bihliogr. moUér., n» 1519.

336. Louis de Bourbon, prinxk dk Condk, dit le Grand Condé, né en 16:21, mort en 168G.

— J. Boulanger, 1651. In-fol. — Poilly, 1660. In-fol. — Nanteuildel. et se. 166:2. In-fol.

Le grand Condé, qui avait tant d'admiration pour les tragédies du grand Cornoille, fut amené tout naturellement à éprouver de la svmpathie pour Molière (jui les jouait, comme il les comprenait, avec beaucoup de passion et de grandeur. Condé, peu sympathique à la comédie et surtout à la farce . ne dut apj)récier Molière qu'à partir du moment oii celui-ci eut aborde la comeilie sérieuse. C'est alors surtout que la Troupe du Palais-Royal fut appelée, en visite, chez M. le Prince, à Chantilly et au Raincy. Condé se déclara hautement pour Molière, dans les controverses religieuses que le Tartuffe avait fait nnître. et il ne contribua jias peu à cbtenir du roi la permission de représenter cette pièce, malgré la cal)ale des faux dévots et des ennemis de l'auteur. On sait que ce prince pleura la mort de Molière.

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