‹ Iconogaraphie moliéresqueChapitre 8 sur 159 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

particulière, nous a permis de ne pas recourir aux éditions mêmes, que nous aurions eu beaucoup de peine à retrouver, et dans les exemplaires desquelles les fi£:ures manquent souvent ou bien ne présentent que des suites incomplètes. M. Barbier nous a rendu un grand service que nous nous plaisons à reconnaître, en lui adressant nos plus vifs remercîments.

Il y a, en outre, un certain nombre d'estampes isolées, exécutées en France et à l'étranger d'après les comédies de Molière, et destinées la plupart à être mises sous verre ou conservées dans les portefeuilles des amateurs. Nous n'osons pas dire que nous les ayons toutes mentionnées, mais néanmoins cette section de notre Iconograp/n'e est encore assez complète. Les dessins et les gravures de costumes qui se rapportent aux comédies de Molière ne pouvaient pas être laissés de côté, comme ils l'avaient été dans la première édition de notre ouvrage. Ces dessins et ces gravures, dispersés et détruits par l'usage, sont de la plus grande rareté, et il n'était pas facile de les retrouver pour les décrire, de manière à former une sorte de galerie des acteurs et actrices célèbres qui ont joué dans les comédies de Molière.

Enfin, nous avons donné, pour la première fois, une liste chronologique des tableaux et des dessins ayant trait îï la vie de Molière ou à ses œuvres, et qui ont été exposés aux Salons depuis 1806, car nous n'en avons pas trouvé, avant cette date, dans les livrets des Salons. La dernière section de notre ouvrage comprend les vues et les plans du Monument de Molière.

En rassemblant les matériaux do Y Iconographie molié- 7'esqne, nous éprouvions une espèce de honte à penser que personne en France n'avait encore songé à élever à notre grand Molière un monument littéraire et artistique, semblable à celui que le fameux acteur américain Burton a eu la patience de consacrer à Shakespeare. « M. Burton, lisons-

PREFA.CE, XI

nous dans le Chasseur bibliographe du libraire François (n° de mars 1863), possède dans sa bibliothèque un Shakspeare in-folio illustré, dont chaque pièce est renfermée dans un portefeuille spécial, oii se trouvent, en gravures ou dessins, de nombreux portraits de personnages historiques, des vues de sites ou de villes, mentionnés dans la pièce, des costumes d'acteurs, etc. Le chiffre de ces gravures ou dessins s'élève souvent à plus de 200 par pièce. Cette collection se compose de 42 portefeuilles, qui renferment 8,000 pièces et, entre autres, 100 portraits au moins de Shakespeare. » Outre cette collection unique, M. Burton avait rassemblé, sur Thistoire du Théâtre de toutes les nations, une bibliothèque considérable, et sur Shakspeare, en particulier, sous le titre de Skasperiana-Burtonensis ^ une autre collection composée de 1,500 volumes, dont le catalogue détaillé a été imprimé en 1860, pour la vente aux enchères qui eut lieu, cette année-là, à New-York.

M. Auguste Fontaine, dont la librairie ancienne est peut-être la plus riche du monde en livres précieux (voy. ses Catalogues bibliographiques, qui ont paru de 1872 à 1875), avait bien compris cependant, il faut le dire à son éloge, ce que les Bibliophiles français devaient et pouvaient faire pour les grands Ecrivains de la France : avant de publier la Bibliographie moliéresque et la Bibliographie cornélienne, il avait lentement et silencieusement recueilli, à grands frais, une quantité d'éditions de Molière et de Corneille, les plus rares, les plus recherchées, les plus précieuses, et déjà, en quelques mois, tous ces beaux livres sont sortis de son magasin, pour aller préparer des collections spéciales qui ne le céderont en rien à celles que l'Angleterre et l'Amérique forment à l'envi en l'honneur de Shakespeare.

"V Iconographie moliéresque aidera donc beaucoup les amateurs qui auraient l'idée d'imiter l'exemple de M. E. Burton, en faisant une collection relative à Molière, ana-

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