Lk Ml-MK
— ./lidrit'f. Dessiné p.ir Ilurel, gravé par Couvay. (11. ^275"™. L. t.MO""\)
On lit au bas de l'estampe :
Dans la F.irce et la Comédie, Jodelot, p.ir S.1 raillori»,
MULIERESQUE. 159
Ses bons mots, sa naïfveté, Nous charme si bien les oreilles, Au récit de tant de merveilles, Que chascun pense estre enchanté !
38H. Le même.
— Jodelet. Ancienne gravure. (II. !293°^°\ L. 217"°^.) On lit au bas de l'estampe :
On peut dire de Jodelet
Qu'il sçait jouer son personnage
Aus.si bien qu'homme de son âge ;
Faisant le maistre ou le valet
Sa harangue est toujours polie,
Et sans avo rien d' ailette, ^
Par sa grande naïfveté,
Il guérit la mélancolie.
387. Charles du Fuesne, comédien, chef de la Troupe de province dans laquelle Molière s'était engagé avec les licjarl, mort vers 1680.
— Du Fresnc. Comédie française. IG io-l()59. Fred. Hillcmacher se, 1861 ; d'après une ancienne aquarelle qui le représente en Bacchus. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
Du Fresne, fils d'un peintre du roi, était chef d'une Troupe de province, avant que la Troupe des Bejart et de Molière \int s'associer avec la sienne. Il jouait certainement les rôles de rois dans la tra<5'édie, mais son principal emploi était sans doute celui de rejrisseur, de peintre-décorateur, de metteur en scène, de costumier et d'administrateur. C'est sous ce titre qu'il se présenta à la municipalité de Nantps en 1648, pour ol)tenir la permission de faire lu comédie dans la ville. Il ne figura (pi'un moment à l'Hôtel du Petit- Bourbon et prit sa retraite pour aller vivre en Normandie, son pays natal.
Bibliogr. moliér., n"« 1102 et 1104.
388. Chaules Vahlet, sieur dk l.v Ghange, orateur de la Troupe de iMolière, et un des meilleurs acteurs de celte Troupe, mort en 16l)-J.
— De la Grange. Comédie francoise. 16ol)-1673. Fred. IJillemac/ter se. aq. forti, 1867; d'après l'estampe de Jean
Sauve, sur le (ies>in de P. Brissart. Gravé à l'eauforte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
La Grange avait parcouru la province pendant plusieurs années, avant détre enj^'agé dans la Troupe de Molière en 1658. C'était un excellent comédien et de plus un parfait honnête homme. Molière devint son ami, et ce ftit à lui que revint de droit l'honneur de publier la première édition des Œuvres complètes de son illustre maître, en lt)82. Dès son entrée dans la Troupe du Petit-Bourbon, il avait commencé à recueillir, pour son propre usage, en forme de mémento, un journal du théâtre auquel il appartenait, et il conduisit ce journal jus(ju'au {"' septembre 1685. C'est le fameux Registre, intitulé : Extrait des receptes et affaires de la Comédie^ depuis Pasfjnes de Fanme 1659, appartenant au sieur La Grange, Cmu des Cométiienx du Boy , Registre que la Comédie-Française a fait imprimer et qui va bientôt paraître avec ime notice par M. Edouard Thierry. « Cyri, dit l'autour de celte excellente notice, ceci est le Livre d'or de la Comédie-Française, tenu par son véritable greffier d'honneur, par un des ancêtres delà Compagnie qui ont le plus fait pour la gloire de son nom et pour sa considération, cette belle moitié de sa gloire, — par l'acteur accompli qui a créé la tradition toujours vivante d'Horace et de Clitandre. — personnellement digne dune telle estime, que, dans le grand débat du xvn' et du xviii** siècle pour et contre les Spectacles, les défenseurs du 'l'héAtre répondaient à ses plus austères censeurs : <« Si vous condamnez la Comédie, condamnerez-vous un homme comme M. <le La Grange? »
Dibliofjr. violicr., n«>» llll et lOGo. 389. Lk Mt^MK.
— Varlet de La Grange, comédien du Roy, Portrait fi nii-cnpps, tourné î\ droite. Dans un encadrement composé d'enroulements dans le style du xvr siècle et surmonté de deux génies ailés, entre lesquels est un cartouche portant : Ihm Junn. Gravé ;\ l'eau-fc^rte. On lit au bas de l'estampe : (fffvrt n Monsieur EdmiarH Thierry ^ Frvdiric Ililkmachcr. In -8.
Ce portrait, encore inédit, a été fait d'après la gravure de Sauvé, dans l'édition de 1682. M. Vro{\. Ilillomachor a remarqué que cette estampe, qui précède la comédie de Don ^ufi;», offrait seule un portrait très-soigneusement grave, et il a pense avec raison que c'était celui de La Grange, qui s'y était fait représenter dans un de les principaux rùles.
390. Marie Ragueneau, dite M"'' de La Gil\nge, fille d'un comédien de la Troupe des Béjart, née en 1639, morte en 1727.
— Mademoiselle de La G range. Cot/iédie française. 1659- 1673. Fred. Ilillemocher se. 1868; d'après un croquis au crayon noir. Gravé à l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
Marie Ragueneau avait été femme de chambre de M"o de Brie, avant de monter sur le théâtre et d'épouser La Grange. Elle était laide et coquette, si l'on peut s'en rapporter au pamphlet de la Fameuse Comédienne, où elle est assez maltraitée dans ce quatrain satirique :
Si n'ayant qu'un amant on peut passer pour sage, Elle est assez femme de bien ; Mais elle en auroit davantag^e, Si l'on vouloit l'aimer pour rien.
391. Philibert Gassot ou Gassaud, sieur du Croisy, un des meilleurs comédiens de la Troupe de Molière, mort en 1695.
— Portrait du temps, peint sur toile.
Ce portrait faisait partie de la Galerie théâtrale de Soleirol. Voy. le Catal. de i86l, n» 188. Il appartient aujourd'hui à M. Hillemacher. On l'a vu exposé au Musée-Molière, en 1873. Voy. le n" 27 du Catal.
C'était un gentilhomme de Beauce, qui se mit à la tête d'une Troupe de province, sans même changer de nom. Molière l'avait vu jouer et il s'empressa de l'engager, dès qu'il eut un théâtre fixe à Paris, On peut imaginer la variété du talent de Du Croisy, en rappelant qu'il a créé un rôle de genre différent dans la plupart des pièces de Molière. Il se surpassa surtout dans le rôle de Tartuffe : «< Doué dune physionomie douce et sympathique, ilit M. Fre<leric Hillemacher, ayant des yeux expressifs et une tournure qu'un certain embonpoint ne déparait pas à la scène, » il put fournir une longue et brillante carrière dramatique. Sa sœur avait épousé le célèbre comédien Bellerose, de IHôtel de Bourgogne.