La mkmi
— Mademoiselle de Beauval. Comidie IrançoUe. ItJTOir)73. Fr. lUllemacher se. aq. f. 1868; d'après un ancien portrait peint à Thuile. Grave à reau-fnrti', pdiii- la Galerie historique de la Troupe de Molii're.
A. Jal a découvert, dans un registre do la Secrétairerie d'Etat. une pièce bien curieuse, laquelle prouve que les Troupes royales avaient le privilège de pouvoir choisir, dans les Troupes nomades
de province, les sujets qui. par leur talent et leur • ^n. pa-
raissaient digrnes d'être mandes à Paris, en vertu d'uu : : in Roi : « De parle Roy, Sa Majesté, voulant tousjours entretenir les Troupes de ses r ' ' ;r cet effet prendr ' - " nrs
des pro. nt, et estant ii. la
nommée de Beauval, l une des actrices de la Troupe des comédiens, qui est présentement à Mascon, a toutes les qualités requises pour mériter une place dans la Troupe de ses Comédiens, qui représentent d.ins la salle de son Palais-Royal, ^ et ordonne a ladicte Beauval et à son mary mment à la suite de- sa Cour, pour y recevoir ses ordres : veut et entend que les comédien.*; de lad. Trou; * • ^f nn, ayent a les laiî^ser scurement < aer aucun trouble ny empeschtment, n- convt-niions et
traictez avec clauses de de.sdit qu'il."» j .... . ..; .:• fait ensemble,
dont, attendu qu'il s'apt de la satisfaction et du service de Sa Majesté, elle 1. ■ ■■ - et sujt'ts qu'il "nt ordre. Fait à iiaint-Germaiu en Laye, le 31 juillet lu70. Louis, et plus bas CoLUKRT. » La Beauval et son mari obéirent. On lit, à ce sujet, dans le Registre de La Grange : « !G70. Quelques jours après qu'on eut recommence (à jouer) après Patjues, M. de Molière manda do la mcsme Troupe de campag^ne M. vi M^'^ Beauval, pour une part et demy, à la charge de payer 500 livres de la pension du s' Bejart et 3 livres chaque jour de représentation à Cli - «uf, gagiste de la Troupe. » Quatre mois après, la Beauval init dune tUle, qui fut baptisée le 15 novembre 1G70, à Saint-Germain l'Auxerrois : le parrain était «< Jean-Baptiste Poquelin Molière, tapissier, valet de chambre ordinaire du Roy s ; la marraine, «« Catherine Leclerc, femme «l'I'^lme Villequin, ofticier du Roy », qui u'etuit autre (jue M"*" île Brie. e.>nie(lieiuu' du Palais-R<>\ .il.
31)S. LoisK PiTEL, (lile M '* Bk.\ibourg, 1111e de Pitel de Beauval et de Jeanne Olivier Bourguignon, niurle en ITiO.
— Mademoiselle D*jnuljourg . (ouu'die fnniçoisc. 1G73. /•'. I/illcmac/ier se. l8o7; d'après un cnxiuis i\ Tencre, rehaussé au bistre. Gravé à l'cau-fortc, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
C'est elle qui, à l'Age de 8 an.«i, avait créé le rôle de la petite Loui-
moins trois maris, dont te dernier fut son camarade de théâtre, Pierre Trochon de Beaubourg.
399. FiL\Nçois Lenoir, sieur de l\ Trorillière, gentilhomme et capitaine de cavalerie, admis en 1662 dans la Troupe de Molière, mort en 1680.
— De la Thorillière, le père. Comédie françoise. 166*2- 1673. Fréd. Hillemacher se. 1868; d'après un portrait à l'aquarelle sur papier. Gravé h Teau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
La Thorillière s'était fait comédien par vocation , et quoique comédien il conservait ses allures et ses prétentions nobiliaires. C'était un bel homme, ayant le visage noble et de beaux yeux, mais il gardait un air calme et riant dans les rôles les plus tragiques. Molière, dans ÏIi/ij)ro))iijfu de Versailles, semble lui reprocher sa fatuité. 11 fut envoyé, par Molière, en députation avec La Grange auprès du Roi. (jui était au camp devant Lille, pour obtenir la permission de jouer le Tnrtufff.Xfnci comment La Grange raconte cette ambassade : « Le 8 août IGG7, le s"" de la Thorillière et moi, de La Grange, sommes partis de Paris, en poste, pour aller trouver le Roi, au sujet de ladite défense (de donner une seconde représentation du Tartuffe). Sa Majesté étoit au siège de Lille, en Flandre, où nous fûmes très-bien reçus. Monsieur nous protégea, à son ordinaire, et S. M. nous fit dire qu'a son retour à Paris, elle feroit examiner la pièce de Tartuffe et que nous la jouerions. Après f|Uoi, nous sommes revenus. Le voyage a coûté mille livres à la Troupe. » La Thorillière était, de lGt»3 à 1666, le secrétaire du théâtre, puisqu'il tenait les registres journaliers où sont consignés les détails de chaque représentation, le produit de la recette, la distribution des rôles, etc. Les deux registres, qu'il a rédigés luimême ou fait rédiger sous ses yeux, seront peut-être publies, après celui de La Grange. Aussitôt après la mort de Molière, La Thorillière abandonna le théâtre du Palais-Royal, pour entrer avec sa femme à l'Hôtel de Bourgogne : « Les sieurs La Thorillière et Baron quittèrent la troupe, pendant les fêtes de Pasqucs, » dit La Grange, dans son Registre, où sept ans plus tard il annonçait en ces termes le décès de son ancien camarade : « Le samedy 27 juillet 1680, M. de La Thorillière est mort à l'Hostel de Bourgogne, ce qui a donné lieu à la jonction des deux Troupes, deux mois après. » La Thorillière, décédé rue du Renard, fut inhume à Saint-Sauveur, la vieille paroisse des comédiens. On a tout lieu de croire que sa femme, Marie Petit-Jean, était morte bien longtemps avant lui.
400. Pierre le Noir, sieur de La Tuurillièue, fils du précédent, né en 1659, mort en 1727.
— fJi' la Thorillière, le fils. Ctunàlie françoise. 1671.
Ir. Ilillemachev se, Qtj. f. IStiS; d'après un porlrait, peint par Gillot. Gravé à roau-forle, pour la (tnlerie historique de la Troupe de Molière.
Le petit La Thorillière fut un des élèves de Molière, qui lui cuutia un rûle d'Amour, dans Psyché, à côte de Baron. Plus tard, ce jeune comédien so distin^nia par de véritables (jualites scéniques : « D'une taille médiocre, mais l^ien prise, dit M. Fred. Hillemacher, il avait le visa^'«^ ouvert et {gracieux, de beaux yeux, \v i-
l)le, vif et expnvssif, la voix pleine et sonore. Son j»-; ,'li
d'action et animé d'un aimable enjouement. » Il avait épousé An- : ' " ' lli, lille de Dominique, le célèbre Arlequin delà
< .»'. rierre de La Thorillière, quoicpie comédien, te-
nait beaucoup a sa noblesse et se souvenait que son père avait été capitaine d'une com|)a^nie de jrens de pied dans le répriment de Lorraine et maréchal «le camp. Il prenait le titre d'écuyer et il fit vérifier > >. à la K ' - armes • nr
aune htu iiirlipr <' ■ ^ :i<»r« de t: le
sinople.
ioi. Li: MKMi:.
— Porlrail en buste, au pastel.
Ce portrait faisait partie do la Galerie théâtrale de Soleirol. Voy. le Catal., 18GI, n« 571.
^•0:2. TiiKiiÈsK Li: Nom di: l\ Tuorillièri::, dite M''*" Dancourt, fille et sœur des précédents, née vers 1660, morte en 17^5.
— Mudeinoiselle Dancourt. Cotnédic françoise, 1()71-1(>73. /'/•. Ilili'mavhvr se. lSo7; d'après un croquis au trayon noir. Gravé i\ l'eau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
Ce fut encore une des élèves de Molière. j>i: " joua, d'origi-
nal, le rôle d'une des (îrâces dans le ballet (!• . en lG7i.
iU3. M"'' IlAisiN (Mar^nierite Sirct), remme d'Hdmc llaisin, organiste de Troyes, directrice de la Tnuipe des Comédiens du Dauphin.
— Portrait peint, en buste.
Ce portrait faisait partie de la Galerie theûtralo de Soleirol. Voy. le Catal. d.« 1801. n° r.O.
Cette comédienne, qui dirigeait la Troupe tle«» IVtits comédiens
MOLIERESQUE. 167
du Dauphin, dans laquelle Baron avait débuté à l'âge de dix ou onze ans, courut la province, avant de venir, à plusieurs reprises, donner des représentations à Paris. On peut voir, dans la Vie de Molière, par Grimarest, les rapports qui existèrent entre la Raisin et Molière, depuis que l'organiste Raisin avait été admis à faire entendre au Roi l'Epinette magique, dans laquelle un de ses enfants était renfermé et jouait des symphonies, sans qu'on soupçonnât la présence de ce musicien invisible. La Troupe enfantine de la Raisin, dans laquelle figurait le petit Baron, donna plusieurs représentations sur le théâtre du Palais-Royal, grâce à l'intérêt particulier que Molière portait à cette troupe et surtout à Baron , qui en était l'étoile naissante. Il nous parait certain que Molière avait présidé à la formation de la Trou})e des Comédiens du Dauphin , et M^o de Morvillo, qui était une des comédiennes de cette Troupe, nous donne à entendre, dans son Bijou du Parnasse (Grenoble, Jean Nicolas, 1670, in-i2), qu'elle avait bien profité des leçons de Molière.
•404. Bedeau, sieur de l'Espy, frère de Jodelet, ancien acteur du Marais, mort vers 1668, à Tàge de 63 ou 6i ans.
— De l'Espy. Comédie françoise. 1659-1663. F. Ilillçmachev se. 1857; d'après un ancien portrait en pied, à l'aquarelle. Grave à Teau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
Lespy (juitta le théâtre du Marais, pour s'engager dans la nouvelle Troupe du Petit-Bourbon, en 1659; il créa des rôles dans lo« premières pièces de Molière, et se distingua surtout dans celui d'Ariste de l'AVo/e des maris. Il se retira du théâtre en 1663. « Le s' de l'Espy, un des acteurs de la Troupe, aagé de plus de soixante ans, s'est retiré auj)rès d'Angers, à une terre, qu'il avoit acheté» du vivant de son frère, qui se nomme Vigray. » {Rcfjistre de Ln Granfjc.)
405. MiCflEL BoYRON, dit Bauon, l'élève, l'ami de Molière, et le plus célèbre comédien de son temps, né en 1653, mort en 1720.
— Baron. Comédie françoise. 166 4-1 673. Fm/. IlUlemacher se. 1868; d'après le portrait gravé par Desrochers. Gravé à Teau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
Baron était fils d'André Boyron et de Jeanne Auaou, comédiens de
168 ICONOGRAPlilK
l'Hôtel de Bourpofrno ; resté orphelin en bas âge, il manifesta, dès sa jeunesse, un talent dramatique extraordinaire. Molière en fut frappé, et fît tout au monde pour -" p df» cet enfant, qui était
enrôle dans la troupe «les ('om< ,ii Dauphin, dirijree par
M"e Raisin. Voy. la Vie de Molière, par Grimarest. <*t surtout la Famcuse Comédienne, au sujet de l'attachement de Molière pour Baron, qui ne fut jamais injrrat, même en devenant l'amant d'Armande lifjarl. On n'a pas encore remarqué (|ue Baron, «pii fit p;i i
théâtre la plupart de ses comédies dans le cours de l'an: pourrait bien les avoir tirées en partie des papiers de Molière, que la veuve «le l'illustre comédien avait alors entre les mains depuis la publication de l'édition complète de 1682.
Voici ce que dit de ces manuscrits Grimarest, qui tenait de Baron lui-même la [iliipart des rens(Mj,'nements qu'il a • " " :-
vrn^'e : « J'avois fort à conir «h» recouvr«'r le.*^ <•
qui n'ont jamais vu le jour. Je savois qu'il avoit laisse (juebiues fragments de pièces qu'il devoit ach^^ver. Je savois aussi qu'il en avoit quelqties-unes entières «jui n'ont jamais paru. Mais sa femme, peu curieuse des ouvrages «le son mari, les donna tous, quelque temps après sa mort, au sieur «le La Grange, comédien, qui, connoissant tout !'• mérite de ce travail , le conserva avec grand soin jusqu'à sa mort. La femme de celui-ci ne fut pas jdii- . ' ~ uvra-
ges, que la Molière : elle vendit toute la i luari,
OÙ apparemment se trouvèrent les manuscrits qui etoient restes après la mort de Molière. >• •
Baron n'a crée que quelques rôles peu importants dans les pièces de Molière et sous les yeux de son maître et bienfaiteur; ce fut le rôle de l'Amour dans Psyché, (\\x\ lui fit faire la conquête d'Armande Bejart. On doit supposer que Molière lui avait appris, de préférence, à jouer dans la tragédie, «pli convenait mieux à - ie dramatique. Molière était sans doute au-<lessous de lui-m- ,is le genre tragique, mais les conseils qu'il «lonnait valaient mieux «pie sou exemple. C'est lui qui a appris à Baron la manière d'être siMjple et naturel dans ses rôles tragiques, en s'elevant au plus haut point du pathétique. C'est ici le cas «le rappeler encore une fois «lue Molière avait invente une espèce de notation vocale pour le «lebit de ses rôles tragiques et comiques. Voy. ci-dessus le n«> 393.
•iOti. Li: M 1^X1 K.
— A> Tnnj piuxit. J. Daullê sculp. 173:2. In-fi»l.
Il est certain «pie la Vie de M. de Mofièir, par Grimarest, a ete inspire*^ et prestjue dictée par Baron. Grimarest a\ait dit, au début de cet ouvrage, le premier qu'on ail publié stir Molière : « Le I\iblic est rempli d'une infinité de fausses histoires à son occasion. Il y a peu do personnes de son temps, qui, pour se faire honneur
d'avoir figuré avec lui. n'invontpnt fies aventures qu'ils prétendent avoir eues ensemble. J'en ai eu plus de peine à développer la vérité, mais je la rends sur des Mémoires très-assurés.» Ces Mémoires sont ceux que Baron avait écrits. Aussi, ce fait est-il établi dans la Lettre critique sur la Vie de Molière : « L'Auteur nous promet la vérité des faits et veut nous faire croire qu'elle lui a coûté cher. Pour moy, je n'en crois rien, et je penserois plustost que, secouru de quelqu'un, contemporain de Molière, il a broché son ouvratre, qui est négligé en quelques endroits, et je jurerois que ce quelqu'un est Baron, car ce livre est autant sa Vie que celle de Molière. »
Bibliorjr. moliér., nos 98.3 et 98G.
Le pamphlet de la Fameuse Comédienne renferme un étrange passage, qui n'en est que plus inexplicable à cause de la naïveté avec laquelle l'auteur semble laisser entendre que Molière, en recueillant dans sa maison le jeune Baron, donnait satisfaction à des goûts honteux et dépravés. Cette calomnie n'était peut-être pas une invention de l'auteur de la Fameuse Comédienne, car l'épigramme suivante, que nous avons cru pouvoir attribuer aussi à La Fontaine [Œuvres inédites de J. de Ln Fontaine, édit. Hachette, 186.3, p. 177), en l'empruntant aux notés inédites de Trallage, prouve que les ennemis de l'honnête grand homme avaient cherché à le déshonorer dans sa vie privée, et La Fontaine s'était fait l'echo inconscient de la calomnie :
Baron est un Alcibiade :
Dès qu'on le voit, il persuade, Des dam3S il gagne le cœur, Kt si ce merveilleux acteur l'ar dessus les autres éclate. C'est que, dès ses plus jeunes ans, # Il eut de bons enseignements,
lOt Molière fut son Socrate.
407. FiiANçoisi: Pitkl, dite Fanxiion Longciiamp, femme (le Jean-Baptiste Raisin, née en ItiOl, morte en 17:21.
— }P^^ Jiaistn, dans un rôle rie fée. Cœurc dcl, Prud'hon sculpK Impr. par Lan rj lois. Iii-i.
Ce portrait colorié fait partie de la Galerie t/irdtraie (Paris, Bance aine, 1812, pi. 60).
Fille ainec du sieur de Longchamp, M"® Fanchon Longcharap, qui épousa Jean-Baptiste Ilaisin, à son retour d'Angleterre, où elle avait passé plusieurs années «lans une Troupe française, entretenue comme Troupe royale aux frais du roi Charles II, reçut des leçons de Molière, et joua, sous ses jeux, de petits rôles dans la Troupe des Comédiens du Dauphin. File devint i)lu.s tard une actrice de pre-
170 icoNocnAPii ii:
mier onlro, mais alors son maître avait cessé de vivre. Il faut remarquer que Molière est le premier qui ait mis des eufanU sur la scène, dans Psyché, dans la Comtesse d'Escarbagiws et dans le Malade imuf/innire.
408. Marm:-A>gi:liouj: Gassut du Cuolsy, dite M"" Poisson, après sou mariage avec Paul Poissuu, uée eu 1658, morte eu IT.M).
— Maflffuioiselle Poissun. Comcdù' franroisc. I(i71-1()73. /V. JIilbj}iiaclti'v se. aq. f. IHOS; d'après uu portrait eu pied, à l'aquarelle, sur véliu. Gravé à l'eau-forte, pour la (ialcri'e historique de la Troupe de Moliire.
Mlle Poisson est ainsi caractérisée, en 1680, dans mi quatrain de la Fameuse Comédienne :
Klic .1 la taillu fort nii^noiino, Doaucoup d'esprit ot bien de l'agrément, La lioucho bollo ot beaucoup d'enjouoment, Mais Sun papa du trop près la taluuue.
Elle avait été élevée sous les yeux de Molière et elle avait reçu ses conseils, dès le j)lu.s l)as ji^'e, car elle était née, pour ainsi dire, sur le théâtre. Elle joua le rôle d'une des Grâces, dans lo ballet de Psyché^ en 1G71. Ce u*est qu'après la réunion des deux Troupes royales, qu'elle épousa Paul Poisson. Klle se rappelait encore, »lans son extrême vieillesse, avoir connu Molière et les principaux comédiens du Palais-Royal; elle c«msijj:na ses souvenirs dans plusieurs Lettres adressées au Mercure de France on 1740.
biblioyr. molii-r.. no 1017.
i09. GuiLL-vuMi: MAïu'.ouutLvu, siKun de Brécourt, aiicieu eomédieu de proviuce cl auli'iu- dramatique, ui"» eu l()iJ7, ui'trl eu lliHo.
— De hrtfourt, Cohicdie française. itioS-li.tji. /'m/. UiUvmnrher sr. aq. /. iHti:]; (raj)rès uu aneieu portrait eu pied, à raciuarelle. Gravé ù l'eau-forlc, pour la (ialerie historique de la Troupe de Molière.
Brécourt était arrivé avec Molière, à Paris, en IG'iS, v{ il fit partie de la Troupe jusqu'en 1GG4. 11 créa le rôle il'Alain dans VÉcote des femmes, avec \u\ si ^rrand succès, que I^niis XIV disait de lui : « Cet homme-là ferait rire des pierres. »» Il était déhanché et hret-
MOLIËRESQUE. 171
teur. Il fut obligé de s'enfuir, après un duel, et l'on peut croire que Molière, qui avait beaucoup d'amitié pour lui, n'eut pas de cesse qu'il n'obtint sa grâce. Brécourt, à son retour, dut s'engager à l'Hôtel de Bourgogne, mais il n'en resta pas moins attaché à son ancien maître et bienfaiteur. Il donna ime marque publique de sa reconnaissance, en composant la i)etite pièce de VOmbre de Molière, qui a figuré, comme un ])anég}rique, dans la plupart des premières éditions des Œuvres de ce grand écrivain. Cet hommage public rendu à la mémoire de Molière ne fut pas oublié, lorsque Brécourt, atteint d'une maladie mortelle en lG8u, fit appelerle curé de Saint- Sulpice, se confessa et voulut recevoir les derniers sacrements. Le curé, Claude Bottu de la Bermondièrc, ne consentit à les lui administrer qu'après lui avoir fait signer, en présence de quatre témoins, la déclaration suivante : « Je promets à Dieu, de tout mon cœur et avec une pleine liberté d'esprit, de ne plus jouer la comédie le reste de ma vie, quand il plairoit à Son Infinie Bonté de me rendre la santé. En foy de quoy j'ai signé ce l^r mars 1683. » Cette déclaration fut transcrite sur le registre mortuaire de Saint-Sulpice, au-dessous de la mention suivante : u Le 29« dudit mois, a esté fait le convoy, service et enterrement de Guillaume Marcoureau, comédien de la Troupe du Roy, qui avoit renoncé à la comédie par acte dont la copio est ci-dessous ; aagé de quarante-huit ans, mort le 28° de'mars, demeurant rue de Seine, aux Trois-Poissons, et ont assisté aud. enterrement, François du Perrier, son nepveu, André Hubert, et autres amis. » Voy. le Did'wnnnive de biographie et d'histoire^ par A. Jal.
•ilO. Li: MKMi:.
— Portrait de Brécourt, dessiné par lui-môme, ^ravé par Le Pautrc; frontispice de sa comédie la Noce de Village. Cum privilégia Re. In -S.
On lit au-dessous de la figure :
Auec grande Aplication Le Potro a grauo cet ouurago.
l'en ay donné linuention, le n'en diray pas dauantage.
Brécourt.
Cette estampe nous montre Brécourt dans le costume du rôle du Marié villageois. Les figures qui ornent l'édition de sa coméilie, rei)résentée en 1GG3 au Palais-Royal, prouvent ({uo le comédien-poëte avait du talent comme dessinateur dans le genre de La Belle. Brécourt était d'une famille de comédiens, et il avait épousé Etiennette Desurlis, sœur de Catherine Desurlis, une des actrices de l'Illustre Théâtre.
1/2 ICONOGUAPHIK
ill. Andrk llriiKiiT, ancien acteur du Marais, rrtir/^ du Ihéilro en IG85 et moii en 1700.
— Hubert. Comédie françoise. lH«)i-l()73. /'/•. Ifi/lemacher se. 1857; d'après un ancien purtrait i\ l'aquarelle. Gravé à l'eau-forle, pour la Galerie historique de h Troupe de Molière.
C'était un ancien acteur du Marais, «jui n'entra au PaU.ia Uu\al qu'eu 10G4. Molière eu til un comédien excelleul, de second ordre; il lui confia des rôles marqués^ dans plusieurs de ses pièces; Hul)ert jouait avec orij.'-inalité les rôles de vieilles femmes ridicules : M»^' IVruelle, dans Tarlu/fc; M'"'' de .SoieuMlle, dans George Douthn\ M«»«' Jourdain, dans le Howyeois gentilhomme; Philamiute, dans les Femmes xncantes.
lluherl succéda, en <|ualitc de secrétaire de la Troupe, à La Thorilliere, a|)rès la nif»rl de Molière; le Re^'istre, pour l'année thed- Irale de 1072 à 1073, est tout entier de sa main. C'est un volume in-folio, couvert en parchemin, sur la couverture duquel est écrit Hr./ishe qui indique In mort de M. de Molière. Il commence le ven- «Iredi 29 avril 1072 par les Fettimes snvantes , recette 405 livres lu s(d.s, part d'acteur 31 livres; il finit le mardi 21 mars 1673 par le Malade imaginaire, recette 033 livres, part d'acteur 23 livres 10 sols. Ce fut la dernière représentation donnée sur le théâtre du Palais-Royal par la Troupe de Molière.
ili\ M'"" Mahottk, ancienne actrice du Marais, retirée du théAlre en 1<)7i\
— Mademoiselle Marotte . Comédie franroise. 1^9-ll)7i. /'. /IUlemarhrr se. aq. f. isr»7; d'après une miniature ancienne, peinte sin* arj^ent. Gravé à l'eau-forle, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
Le frazetier Rolùnet dit qu'elle était fort jolie • " r-
r/r.*.vM,<f; elle jouait les troisièmes rôles dans la tr. ..(»-
die. Sefn*ais rapporte ce «[u'il lui avaitentemlu dire : «< .M. i onieille nous fait un ^rraml tort. Nous avions ci-ilevant des pièces de théâtre, pour trois ecus. (jue l'on nous faisait en une nuit : on y était accoutume, et nous y f::»f:nions beaucoup; pr " es de Corneille nous coûtent bien de l'argent. peu de chose. M
il3. llKNni PiTtL, sitin DL LoNociiAMr, né vers 1639. mort après hilU.
— DeLonrjchamp. Comédie française. 1659-1660. Fr. Hillemachcr se. 1857; d'après un ancien portrait à Taquarelle. Gravé à reau-forte pour la Galerie historique de la Troupe de Molif^re.
Il avait couru la province avec les Troupes de campagne, lorsque Molière, qui l'avait vu jouer, l'engagea pour les rôles de valet dans la Troupe du Palais-Royal, où il ne lit que passer en 16G0, comme gagiste. Il devint ensuite comédien de la Troupe de Mademoiselle, et plus tard comédien de M. le prince de Condé. Mais, dans l'intervalle, il avait monté une Troupe avec laquelle il alla ouvrir un théâtre français à Londres. Il avait avec lui son fils et ses deux tilles qui faisaient partie de la Troupe subventionnée par le roi Charles II. Ce fut sans doute cette Troupe qui fit connaître en Angleterre, jujur la première fois, les comédies de Molière auxquelles le Théâtre anglais tt fait de si nombreux emprunts. M. Henry van Laun s'est attaché à signaler ces emprunts dans la belle traduction anglaise des Œuvres de Molière , qu'il publie maintenant, et dont les deux premiers volumes ont paru {Edmhurgh, William Pntevsoj} , 1875, gr. in-8, avec une suite de figures dessinées et gravées par Adr. Lalauze). Le sieur de Longchamp était frère aîné de Pitel de Beauval, qui faisait partie de la Troupe de Molière. Il quitta le théâtre, vers 1680, pour prendre un emploi dans les fermes, mais ses enfants restèrent comédiens. Sa fille Françoise avait épousé J.-B. Raisin.
^li. M'"^ Rarilloxi-t.
— M^^"" Barillonet. Comédie franco ise. F. Ilillcmacher se. 1857; d'après un ancien portrait à l'aquarelle, sur papier. Gravé i\ l'eau-fortc, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.
Cette actrice, qui ne jouait sans doute que des bouts de rôle, figure dans une ancienne collection de portraits, où elle est mentionnée comme faisant partie de la Troupe de Molière. M. Hillemacher nous rappelle qu'un jeune acteur du môme nom représentait un Amour, dans le ballet de Pst^ché, en 1071. On peut sujtposer que Miio Barillonet était une sœur de M^^'' de Brie, nommée Jeanne- Françoise Brouard, qui épousa, le 25 avril 1072, Jean Baraillon ou Barillon, tailleur ordinaire des ballets du Roi. Voy. le iJict. de biogr. et d'histoire, par A. Jal, p. 282.