Collection Maillart-Gosse. (Cat. No
3. Musée de la Réformation, 0,083/0,067. — 6. B, I. au lieu de B-I.
LES WOEIRIOT 69
différente par les inscriptions. Une, à droite, en travers, fait parler Calvin : « Moi et Zwingle, avons bien su faire l’affaire. Du sacrement nous avons fait une collation. » L’autre inscription, en bas, dit : « La doctrine de Calvin en France est semblable à celle de Zwingle. Tous deux ont converti deux pays : c’est pourquoi beaucoup ont perdu leur vie. S'ils avaient donné la Cène comme Christ, ils en auraient joui dans l'éternité. »
Cette gravure fait partie d’une collection (il y a un Bèze analogue), et d’une collection luthérienne, anti-calviniste, anti-sacramentaire.
Balthasar Jennicher était graveur à Nuremberg et travailla de 1560 à 1590. Il a laissé beaucoup de dessins, d’une très inégale valeur: et l’on se demande si, au lieu d’un artiste, il n’y en aurait
pas eu deux !.
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La gravure de Strasbourg.
Une des nombreuses reproductions du Calvin DEF : « au bonnet », une des plus connues, est celle res dite de Strasbourg. Voici l'inscription : « Johannes Calvinus, Strasbure zu finden, bey Johan Tscherning aufs Tomas Plan, 1539. » (Page 70.)
Elle a été publiée par la Revue alsacierne, 1890, p. 486, 487, sous ce titre : « Fac-similé d’une gravure publiée à Strasbourg en 1539 ; collection alsatique de Ch. Mehl. » L'article dit : « Cette même année (1539), Calvin avait été nommé bourgeois de Strasbourg par le Magistrat, et un graveur de la ville publiait, place Saint-Thomas, le portrait du célèbre Réformateur, dont nous donnons ci-contre un fac-similé, d’après la planche originale, de toute rareté, tirée de notre ? collection alsatique. »
Cette gravure a comme dimensions : 0,123/0,98 (0,123, rien que la gravure proprement dite) $. Elle est caractérisée par un mouchetage particulier du revers de la pelisse. Le fond de la gravure montre un livre, portant au dos: Biblia, une tapisserie et des meubles !.
L’analogie avec le Woæeiriot est évidente. — Et la date de 1539 est évidemment fausse de toute
manière. Cette figure de vieillard n’est pas celle d’un homme de trente ans, âge de Calvin en
Erichson pensait à une gravure, peut-être du dix-septième siècle. — Au surplus, nous trouvons dans Seyboth l’indication suivante : « Place Saint- Thomas, N° 4; dans les échoppes de bois, contre l'Eglise, entre deux piliers, la boutique de l’imprimeur Jean Carolus (1609), de limprimeur Jean Tscherny (Tscherning, 1674) °. »
En effet, cet imprimeur s’est borné à reprendre une gravure qui existait déjà, et à mettre son
1. Die Monogrammisten, 1. — 2. C'est nous qui soulignons. — 3. Estampes, à Paris, 0,123/0,98. &. Dans la réédition de cette gravure, que M. F. Puaux a fait faire en 1899, le fond a disparu, il est uni, — à. Seyboth, Das alle Strasburg, p. 105.
La gravure de Strasbourg.
adresse au-dessus du nom de Calvin. On possède des exemplaires de cette gravure antérieure portant comme unique souscription Joannes Caluinus!. Il est vrai que Tscherning fit modifier un peu la plaque primitive : celle-ci offre une pelisse plus simple, moins mouchetée et un fonds uni.
Mais les surcharges sautent aux yeux des connaisseurs :
c’est bien la même gravure et la même plaque du commencement du dix-septième siècle. (Page 71.)
Or on doit, semble-t-il, remonter plus haut. Il existe dans un ouvrage de 1616, dans un pamphlet hollandais à la Bolsec, contre Calvin, une gravure sur bois qui paraît tout à fait être l’original dont dépend, d’une façon plus ou moins directe, le portrait de Strasbourg. Tout le costume
est le même, en particulier la
manche caractéristique. La gravure sur cuivre a vieilli la figure, en particulier a fait avancer la
lèvre inférieure ?. — L'ouvrage donnant la gravure sur bois est de 1616, mais la gravure est
certainement plus ancienne. (Page 72.)