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QUELQUES FAUSSES ATTRIBUTIONS 8s
cents coquins tués à propos (p. 10) ». Voilà pour la Saint-Barthélemy. Et quant à la révocation de l’édit de Nantes, « elle ne fut une mesure malheureuse qu’à cause de l'irritation de l’Europe contre Louis XIV (p. 9) ».
Maintenant voici le portrait que Honoré de Balzac trace de Calvin.
« À cinquante ans, Calvin paraissait en avoir soixante et dix. Gros et gras, il semblait d’autant plus petit que d’horribles douleurs de gravelle l’obligeaient à marcher courbé. Ces douleurs se compliquaient avec les atteintes d’une goutte du plus mauvais caractère. Tout le monde eût tremblé devant cette figure presque aussi large que longue et sur laquelle, malgré sa rondeur, il n'y avait pas plus de bonhomie que dans celle du terrible Henri VIII, à qui Calvin ressemblait beaucoup; les souffrances, qui ne lui donnèrent jamais de relâche, se trahissaient dans deux rides profondes qui partaient de chaque côté du nez en suivant le mouvement des moustaches et se confondant comme elles avec une ample barbe grise. Cette figure, quoique rouge et enflammée comme celle d’un buveur, offrait par places des marques où le teint était jaune ; mais, malgré le bonnet de velours noir qui couvrait cette énorme tête carrée, on pouvait admirer un front vaste et de la plus belle forme, sous lequel brillaient deux yeux bruns, qui, dans les accès de colère, devaient lancer des flammes. Soit par leffet de son obésité, soit à cause de son gros col court, soit à cause de ses veilles et de ses travaux continuels, la tète de Calvin rentrait dans ses épaules, ce qui l’obligeait à ne porter qu’une petite fraise courte à tuyaux, sur laquelle sa figure semblait être comme celle de saint Jean-Baptiste sur un plat. Entre ses moustaches et sa barbe, on voyait, comme une rose, sa jolie bouche éloquente, petite et fraiche, dessinée avec une admirable perfection: Ce visage était partagé par un nez carré, remarquable par une flexuosité qui régnait dans toute la longueur, et qui produisait, sur le bout, des méplats significatifs, en harmonie avec la force prodigieuse exprimée dans cette tête impériale. Quoiqu'il fût difficile de reconnaitre dans ces traits les traces des migraines hebdomadaires, qui saisissaient Calvin pendant les intervalles d’une fièvre lente par laquelle il fut dévoré, la souffrance, incessamment combattue par l'étude et par le vouloir, donnait à ce masque en apparence fleuri quelque chose de terrible, assez explicable par la couleur de la couche de graisse due aux habitudes sédentaires du travailleur et qui portait les traces du combat perpétuel de ce tempérament valétudinaire avec l’une des plus fortes volontés connues dans l’histoire de lesprit humain. Quoique charmante, la bouche avait une expression de cruauté. La chasteté commandée par de vastes desseins, exigée par tant de maladives dispositions, était écrite sur ce visage. Il y avait des regrets dans la sérénité de ce front puissant et de la douleur dans le regard de ces yeux dont le calme efrayait.
» Le costume de Calvin faisait bien ressortir sa tête, car il portait la fameuse soutane en drap noir, serrée par une ceinture de drap noir à boucle en cuivre, qui devint le costume des ministres
calvinistes, et qui, désintéressant le regard, obligeait l’attention à ne s’occuper que du visage. »
On pourrait allonger la liste des portraits de Calvin faussement considérés ou désignés comme portraits de plus en plus invraisemblables ou mème grotesques : mais ces quelques exem-
ples suffisent à notre but.
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