‹ Iconographie calvinienne :Chapitre 95 sur 221 · PL. XXII · texte numérisé non relu

PL. XXII

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égende du fer rou

La |

Michel Servet, de Théodore de Bèze. Il y a ensuite des citations d’Erasme, de Smidelin, de z 2 A4 , il = Luther, de Jacques, roi d'Angleterre, etc., le tout signé : «I. S. F. M. c’est-à-dire : Joseph Felman. »

Nous reproduisons la gravure de la collection du D° A. Doumergue, gravure qui est une tra-

duction française (0,225/0,133 ; longueur

totale : 0,503) 1.

3. La troisième représentation de la légende du fer rouge se trouve dans un volume, dont voici le titre en français :

« Flélrissure posthume de Calvin, divisée en trois lys, ou trois livres, par les orateurs de la Société de Jésus de Bruxelles, Bruxelles, 1611. — Que celui qui est curieux nrachète, car voici une œuvre du bourreau de Calvin; Cal-

vin, ses poux, sa marque du fer rouge, à

Bruxelles, chez Rütger Velp et Hubert Antoine,

imprimeurs, jurés, année 1611, avec le consen-

La légende du fer rouge.

tement des supérieurs ?. »

L’exemplaire dont nous nous sommes servi appartient à la Bibliothèque de M. Théophile Dufour.

C’est une collection de plusieurs centaines d’épigrammes, anagrammes, satires, etc., le tout composé par les élèves du Collège des jésuites à Bruxelles. Ces élèves ont rivalisé de calomnies plus ou moins dégoûtantes. Plus de quarantes pages traitent des poux par lesquels Calvin aurait été tourmenté et rongé. Presque deux cents pages plaisantent sur la marque du fer rouge. — Le fait le plus singulier peut-être, et, en tout cas, le plus digne d’être noté, c’est que ces élèves avouent dans leur préface : « Qu'il ne leur a pas plu et qu’il ne leur a pas été permis de consulter les paroles mêmes de Calvin (nec libuit nobis, nec licuit ipsa Calvini verba consulere). En conséquence ils ont eu recours à des auteurs de la bonne foi desquels personne ne doute (iaque eos auctores adiimus de quorum fide nemo dubitat). » Ces auteurs sont au nombre de sept, et le premier est. Jérôme Bolsec, le type du menteur !

On comprend la note suivante, fournie en 1901 par lantiquaire bien connu de Munich,

Ludwig Rosenthal : « Les jésuites en eurent plus tard une telle honte qu’ils achetaient les exem-

plaires pour les supprimer. »

1. Dans la collection Maillart-Gosse même gravure, avec texte flamand : A/beldsel van den ghebrandtmaïkten Sodomiet Jan Calvin, etc. — La gravure a été reproduite dans l'étude intitulée : Die vermeintliche Päderastie des Reformators Jean Calvin, par H. I. Schouten-Utrecht, eh. ref. Pfarrer in den Niederlanden, 1905. — L'auteur met cette note : < Ce pamphlet est très rare et ne se trouve dans aucune collection publique des Pays-Bas. Un exemplaire est cependant dans la possession d'un patricien de Rotterdam, qui

a bien voulu autoriser la reproduction. »

2, Posthumum Calvini stigma in tria lilia, sive tres libros, dispertitum a Rhetoribus Collegii Societatis

Jesu, Bruxelhs, anno 1611. Nieusgierige coopt myn, want hier is een werck Calvini Beul, Calvyn, Zyn Luysen, Zyn Brantmerk. Bruxellæ. Ex officina Rutgeri Velpii, et Huberti Antonii, Typog. Jur. Anno 1611. Cum consensu superiorum. (Exemplaire de M. Théophile Dufour.)

La gravure présente de nouveau une place, avec la foule. Sur le devant, une première scène : une charrette que l’on fait circuler : attaché derrière la charrette, un homme, le haut du corps nu, est fouetté. Cet homme, c’est Calvin : le nom est écrit au-dessus de la tête. — Un peu plus haut, une seconde scène : il y a un tréteau, un poteau. Calvin attaché est fleurdelysé. — Enfin sur un côté, troisième scène : une boutique de forgeron. L’ouvrier tend un fer, qui ressemble à un marteau ou une pioche, à une femme, laquelle a auprès d’elle un petit enfant ailé, et on

lit: « Arma rogo genitrix nato : Mère, je demande des armes pour mon fils. »

A l’enclume.

uatre hommes, deux à deux, tirent et traînent Calvin, ou un calviniste, à l’enclume, sans ») 22 2 2 D:

doute pour lui river les fers qui feront de lui un forçat.

—= AD INCVDEM. =

Ad incudem, à Venclume, c’est le titre qui se lit en haut.

Et, au-dessous, on lit, en latin, le verset Luc XIV, 23: Compelle intrare, force-les d’entrer pour que ma maison se remplisse. Ce qui peut être ainsi compris : force-les d'entrer pour que ma maison, — le bagne, la galère, — soit pleine.

Cette petite gravure, de la fin du seizième siècle,

a été conservée par M. A. L. Herminjard, qui l’avait

Cornive FE Aer ut impleatur domus m1 me 14 LT: rPMC : © " : pi p FRE OT collée à la fin d’un volume de Viret !: De l’institution des

heures canoniques, 1564. — I] n’avait ajouté aucun renseignement, aucune note.

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Calvin, le Père.

1. Mettre en chaire un ennemi, et cela sous la forme d’un animal, était un procédé assez en usage parmi les sculpteurs du moyen âge. Thomas Wright cite un exemple du treizième siècle, qui nous montrerait les «maçons» des cathédrales gothiques s’exerçant déjà à protester de cette facon contre les abus de l'Eglise romaine.

« Une curieuse sculpture du treizième siècle, dans la cathédrale de Strasbourg, représente un cerf disant la messe, et, derrière, il y a un âne lisant l'Evangile dans un livre qu’un chat soutient avec sa tête. Cette sculpture attira, au seizième siècle, attention des Réformateurs, qui la regardèrent comme une ancienne protestation contre le cérémonial de la messe. L’un des plus distingués d’entre eux, Jean Fischart, la fit copier et graver sur bois, et il la publia vers l’an 1580 avec quelques vers de sa façon, dans lesquels la sculpture était interprétée comme étant une satire contre la papauté ?. »

Une autre sculpture, citée par le même auteur, se rapproche encore davantage de celle de Toulouse : on voit un porc en chaire.

1. Ce volume appartient actuellement à la Bibliothèque de la Faculté de théologie de l'Eglise libre à

Lausanne. , 2. Thomas Wright, Histoire de la caricature et du grotesque, 2° édit., trad. O. Sachot, 1875, p. 76.

C’est ici le lieu de dire quelques mots d’une caricature très connue des amateurs !, et qui nous amène à l’époque de la Réformation, caricature qui met en chaire une femme : C’est le vitrail de Limoges. — On raconte l’histoire suivante : « Jeanne d’Albret, — qui encourageait publiquement les prédicants, — aurait fait (en 1564) transporter la chaire des moines de Saint-Martial au palais du Breuil, pour y installer un ministre de la Réforme... Les chanoines se vengèrent par

une caricature retrouvée à la fin du dix-huitième siècle. Ils

représentèrent sur un vitrail Jeanne d’Albret, prêchant ellemême dans cette chaire, devant un groupe d’hommes attentifs, et, au-dessous, écrivirent cette

légende :

Mal sont les gens endoctrinés Quand par femmes sont sermonnés ?.

Le même auteur, que nous venons de citer, a soumis, en 1903, le dit vitrail à une nouvelle étude, fort précise ?: « C’est maintenant une œuvre décolorée, où dominent encore les tons bruns, violets et jaunes. Elle représente un groupe de huit hommes, paisiblement assis sur deux bancs semi-circulaires, au pied d’une tribune très simple (une sorte de chaire portative), du haut de laquelle pérore une femme. La scène se passe en plein air, comme le prouvent et les touffes d'herbes qui parsèment le sol, et l'arbre qui surmonte le tertre auquel s’adossent les auditeurs. » — Cette femme est-elle vraiment Jeanne d’Albret ?

Nous ne sommes évidemment pas en face d’un portrait. Mais serions-nous en face d’une allusion, d’un symbole ?

M. Leroux ne conteste pas le fait suivant: « Jeanne d’Albret envoya prendre à la collégiale de Saint-Martial une chaire portative, qu’elle fit installer dans le château du Breuil, et où elle fit monter l’un des ministres qui l’accompagnaient. » — Et dès lors, il serait bien étonnant que, d’un côté, un pareil fait se fût passé à Limoges, à propos d’une chaire, et que, de l’autre côté, on eût un vitrail symbolisant l’intervention d’une femme dans la prédication de l'Evangile en chaire, sans que le fait et le symbole eussent aucun rapport.

Toutefois, M. Leroux fait valoir trois arguments fort sérieux :

1° L'inscription, citée plus haut, est en français. Or l’idiome français

apparait à Limoges en 1470. — De plus, l’inscription est en lettres gothiques. Or, « après 1540, on n’use plus de caractères gothiques pour les inscriptions gravées

dans notre ville 4, »

1. « Elle a été, depuis 1837, reproduite une douzaine de fois, et décrite ou signalée, depuis 1811, dans tous les ouvrages qui ont eu à s'occuper de l'histoire du Limousin, au seizième siècle. » Annales du Midi, 1903, p. 331.

2. Alfred Leroux, Æistoire de la Réforme dans la Marche et le Limousin, 1888, p. 43.

3. « Le prétendu vitrail de Jeanne d'Albret à Limoges, » article de M. Alfred Leroux dans les Annales du Midi, 1903, p. 329-339.

4. M. Alfred Leroux cite Texier, Manuel d'épigraphie, suivi du Recueil des inscriptions du Limousin, 1851, p. 22 : « Le gothique carré es/ près de disparaître vers 1540. » Mais M. Alfred Leroux dit: « Ce qui

2° Le costume des personnages est incontestablement du règne de Charles VIIL, ou même du règne de Louis XIL.

3° Enfin la prédicante n’a pas le livre, caractéristique de toute prédication réformée, protes-

PR Ar tante, la Bible

Ces arguments très sérieux sont-ils, par leur nature, absolument contraignants? — Nous nous abstenons de toute affirmation.

M. Leroux place le vitrail entre 1490 et 1513, et se demande si on ne devrait pas y voir que!-

que allusion à « un épisode des temps d’anarchie

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ecclésiastique que traversa Limoges vers ja fin du

quinzième siècle et le commencement du sei-

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