‹ Iconographie chrétienneChapitre 114 sur 141 · TÉTRAMORPHE AILE, PORTE PAR DES ROUES AILEES ET ENFLAMMÉES · texte numérisé non relu

TÉTRAMORPHE AILE, PORTE PAR DES ROUES AILEES ET ENFLAMMÉES

Mosaïque byzantine, du xiii" siècle '.

En partant du même principe, mais en lui donnant de fextension , les artistes ont prêté les ailes et les formes de l'oiseau aux figures allégoriques inventées par leur imagination. Pour personnifier le vent, cliez les païens comme chez les chrétiens, on figurait ordinairement une tête soufflant des bouffées d'air

' Cette mosaïque est à Vatopèdi, un des principaux couvents du mont Athos.

et agitant avec force une paire d'ailes soudées au cou. L'air luimême a été représenté sous la forme d'un homme jeune, vigoureux, nu, tenant sous ses pieds et dans ses mains les quatre vents ailés qui se partagent les quatre points cardinaux; TAir porte deux puissantes ailes d'aigle attachées à ses épaules et qui désignent la promptitude avec laquelle il vole et passe du calme à la tempête ^ Chez les anciens comme chez les modernes , on donne des ailes à la Renommée , ce « mal qui n'a « pas son pareil en rapidité , et qui , prompt des pieds et des « ailes , se nourrit de mouvement et gagne des forces à la u course^. » En vertu du même symbolisme, la Victoire, comme Mercure, qui est le messager céleste, porte des ailes aux épaules et quelquefois à la tête et aux pieds; la Victoire sans ailes était une exception que la ville d'Athènes avait consacrée par un temple existant encore sur le sommet de l'Acropole.

Le moyen âge, fidèle à ces idées païennes, qu'il a complétées avec un rare bonheur, a toujours regardé les ailes et les formes ornithologiques comme appartenant à la rapidité. En conséquence l'ange ou I'esprit de la jeunesse, génie que rien ne fatigue, que rien n'arrête, devait avoir des ailes. En effet

' Voyez en tête d'un manuscrit de la bibliothèque communale de Reims [Exceptiones de libro ponti/icali) un superbe dessin sur parchemin qui représente l'Air ailé, tenant sous ses pieds et dans ses mains les quatre têtes également ailées du Zéphyr, de l'Auster, de l'Aquilon et de l'Eurus. Des ailes étendues et puissantes se voient aux vents peints dans le pastoral de saint Grégoire que l'on conservait , en i836 , à l'évêché d'Autun , où j'ai pu l'étudier. Sur la cuve ou lavabo qui provient de l'abbaye de Saint-Denis et qu'on a placée à l'école des Beaux- Arts, Jupiter, Diana, Aer, sont sculptés en haut relief; ils portent chacun deux ailes à la tète, près des oreilles. Ce curieux monument est du xiii' siècle.

* Ce sont les expressions de Virgile [Enéide, IV), lorsqu'il fait la description de la Renommée , à laquelle nous empruntons seulement ces quelques traits :

Fama , malum quo non aliud velocius ullum , Mobilitate viget , viresque acquirit eundo. »

Les anciens représentent également la foudre avec des ailes.

un manuscrit auquel nous avons emprunté plusieurs sujets le

représente ainsi ' .

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